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Ciel miné

C’est aujourd’hui, après des mois de tergiversations, qu’Air France doit dévoiler ses conditions pour mettre la main sur Alitalia. Avec l’intention de reproduire le schéma mis en place lors du rachat de KLM. Pas sûr pourtant que, cette fois-ci, la compagnie française fasse une bonne affaire, tant elle avance en ciel miné.

Car Alitalia n’est pas KLM. Le transporteur italien perd chaque jour 2 millions d’euros, quand la batave a toujours fait preuve d’une rigueur exemplaire. Surtout, les politiciens se sont emparés du dossier, qui sent du coup de plus en plus mauvais. Difficile de blâmer les Italiens car, dans la situation inverse, il ne fait aucun doute que toutes les personnalités françaises influentes auraient fait pression, pour éviter de brader un joyau national à un groupe étranger.

Le sujet est bien plus sensible dans le transport aérien que dans n’importe quelle autre industrie, car une compagnie est aussi le porteétendard d’un pays, le signe de sa vitalité économique. Les Anglo-Saxons sont manifestement moins attachés que les latins à ces symboles. Et quand bien même Air France mettrait la main sur Alitalia, il lui faudra encore affronter les syndicats et investir plusieurs milliards pour remettre à flot ce qui n’est plus qu’un transporteur de seconde catégorie.

Pas sûr que les créneaux horaires italiens, et le fort trafic de la péninsule, justifient de mettre en péril ce que Jean-Cyril Spinetta a mis dix ans à construire. Les investisseurs sont d’ailleurs dubitatifs et le cours de Bourse d’Air France affiche une vertigineuse chute de plus de 40%en six mois! Le projet est d’autant plus risqué que la croissance du trafic aérien mondial ralentit, et que dans l’Hexagone même, Air France commence à vaciller, sous les coups de boutoirs de la SNCF et des low cost.

Depuis longtemps, nombreux sont ceux qui dénoncent la suprématie de la compagnie française dans notre ciel. Ce sont les mêmes qui, aujourd’hui, critiquent les conséquences de la concurrence, à savoir une salve de lignes qui fermeront dans les prochains mois. Voilà au moins qui réjouira les écologistes. A défaut de voir la vie en vert, Air France pourrait bien avoir mangé son pain blanc…

Thierry Beaurepère, rédacteur en chef

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