Bucarest
Ville en mouvement
La messe touche à sa fin ce samedi soir dans la petite église orthodoxe Stavropoleos, égarée au coeur de Bucarest, dans le quartier historique de Lipscani. Un dernier rayon de soleil traverse la colonnade extérieure de son portique. Les fidèles s’y attardent après avoir embrassé ostensiblement une icône du Christ. A l’intérieur, un parfum entêtant s’échappe des encensoirs en argent suspendus dans deux minuscules salles aux dômes très hauts et arrondis. Autour de l’église, les rues sont singulièrement vides. Des travaux ont transformé les chaussées en tranchées. Les piétons empruntent des échafaudages en bois pour accéder aux bars et restaurants branchés, seuls témoins de vitalité et de modernité dans la capitale à l’architecture dévastée. Bucarest est avant tout une ville blessée par le dictateur Ceaucescu, qui a fait raser des quartiers entiers pour construire son triste Palais, deuxième plus gros bâtiment du monde, devenu aujourd’hui le Palais du Parlement. Les rares immeubles historiques qui ont survécu au communisme sont en ruines. Et près de 70 % des Bucarestois vivent toujours dans des HLM de béton. Toutefois, certains monuments, comme le Cercle militaire ou l’Université, témoignent de la splendeur passée de la ville, qui revendiquait l’appellation de Petit Paris de l’Orient. Un surnom qu’elle doit à son arc de triomphe ou à son agréable passage couvert, aux terrasses de restaurants bondées. Mais aujourd’hui, Bucarest vise bien plus qu’à redevenir un pâle reflet de la capitale française. Créées par des Roumains qui ont étudié ou travaillé à l’étranger, de nombreuses associations politiques ou culturelles s’efforcent de conduire le pays vers une meilleure démocratie.
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