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À qui profite LE BREXIT ?

France ou Royaume-Uni ? Quand il s'agit du tourisme, lequel de ces deux pays peut tirer avantage du divorce des sujets de Sa Majesté avec l'Union européenne ? Pour l'heure, chacun marque des points, mais la balle reste au centre.

Si les visiteurs britanniques venaient à déserter la France, les professionnels du tourisme auraient bien du mal à s'en remettre. En 2015, ils ont été 12,2 millions à visiter le pays, selon Atout France, devenant ainsi le premier marché source en termes d'arrivées internationales, devant l'Allemagne. Avec la victoire du Leave lors du référendum sur le Brexit le 23 juin dernier, les Britanniques ont choisi de quitter le giron de l'Union européenne, entraînant dans la foulée une baisse de 10 % de la livre sterling par rapport à l'euro. De quoi grever sérieusement leur pouvoir d'achat dans l'Hexagone.

Les conséquences d'une livre faible

« Si la baisse importante du cours de la livre se poursuit, la fréquentation des Britanniques sera en recul. Ceux qui opteront malgré tout pour un séjour chez nous auront des dépenses plus contraintes », prédit Jessica Viscart, responsable du Pôle Observatoire et Prospective au CRT Bretagne, sans pour autant céder au catastrophisme. « La Bretagne reste une destination de proximité pour les Britanniques, traditionnelle et souvent de repli en cas de crise. Les coûts de transport peuvent être moindres par rapport à certaines destinations plus lointaines. Par ailleurs, ils sont nombreux à disposer d'un pied-à-terre ici, allégeant ainsi les coûts d'hébergement. Dans ces conditions, il peut s'agir d'une opportunité », poursuit-elle. Même son de cloche du côté des Pays de la Loire, qui travaillent à la diversification de leurs clientèles étrangères. En attendant, la région a voulu réagir au plus vite avec le lancement, juste après le Brexit, d'une campagne de promotion en ligne sur le thème « Welcome. Soyez les bienvenus en Pays de la Loire ».

Une aubaine pour les TO et les agences ?

Les agences et les TO pourraient, eux, bénéficier du divorce en cours. « La demande en agence est stable pour l'instant, mais mécaniquement, avec la chute de la livre, il y a une baisse sensible des prix. Et dans le contexte actuel de basculement vers des destinations "sûres", nous pensons que la demande sur le Royaume-Uni a de bonnes chances de progresser », explique-t-on chez Verdié Voyages, leader sur la destination. D'ailleurs, les réservations aériennes vers le Royaume-Uni décollent, le cabinet d'études ForwardKeys relevant par exemple une hausse de 4,3 % sur les 28 jours ayant suivi le Brexit. VisitBritain, l'organisme chargé de la promotion du pays à l'étranger, cite une étude de Hotels.com faisant état d'une hausse de 50 % des recherches effectuées par les Américains depuis le référendum.

Malgré ces signes encourageants, certains acteurs sont inquiets par rapport à leur activité, notamment les compagnies aériennes low cost. Afin de conserver son accès au marché unique du transport aérien européen, Easyjet a annoncé avoir demandé un certificat de transporteur aérien (CTA) dans un pays non spécifié de l'UE. L'irlandaise Ryanair a quant à elle revu ses prévisions de croissance à la baisse au Royaume-Uni, tablant sur une croissance de 6 % pour l'exercice financier qui débutera en avril 2017, contre 15 % lors de l'année en cours. « L'impact du Brexit a été masqué par le fait que les compagnies aériennes ont baissé leurs tarifs significativement », estime le patron de la compagnie au trèfle Michael O'Leary, qui fut jusqu'au bout un fervent défenseur du maintien dans l'UE.

Qu'il s'agisse du trafic aérien, des formalités d'entrée et de sortie du territoire ou encore de l'attractivité des régions, de lourdes incertitudes planent encore. Mais les parties disposent de temps pour les dissiper, la signature d'un accord entre le pays sortant et l'Union pouvant prendre deux ans, voire plus. C'est assez pour permettre à la France comme au Royaume-Uni d'adapter leurs industries afin qu'aucune ne perde les touristes dont elle a grand besoin, Brexit ou pas.

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