Zanzibar : NG Travel lance Anaya, une nouvelle marque de club haut de gamme
En marge de l’ouverture de son deuxième hôtel Kappa Senses à Zanzibar, NG Travel lance une nouvelle marque de club sur l’île. Tous les détails avec Olivier Kervella, le président du groupe.
L’Écho touristique : Dans quelques mois, un deuxième hôtel Kappa Senses ouvrira ses portes à Zanzibar. Vous êtes donc satisfaits du premier établissement installé à Ubud (Indonésie) ?
Olivier Kervella : Objectivement, tout s’est passé comme nous le voulions à Bali. Nous avons réussi à construire un hôtel qui a su rapidement s’installer parmi les meilleurs de la destination. Nous sommes très fiers de nos résultats et de nos notes sur les différentes plateformes. Mais nous sommes encore plus fiers de l’impact qu’a eu l’ouverture de l’hôtel sur les habitants qui en sont les voisins. C’est ce qui nous donne envie de continuer avec, pour le moment, Zanzibar.
Vous faites référence à l’ambition environnementale du projet ?
Olivier Kervella : La RSE, comme on l’appelle, est au cœur de Kappa Senses. Nous avons par exemple rénové l’école du village voisin, et les enfants ont organisé une grande fête pour la réouverture. C’est l’un des moments les plus émouvants que j’ai vécus dans ma carrière, entouré de proches, des équipes de NG Travel. Évidemment, je suis très fier d’être à la tête d’un groupe qui réussit économiquement. Mais voir la concrétisation de nos initiatives en la matière ajoute énormément de sens à ce que nous faisons.
Le Kappa Senses de Zanzibar cultivera aussi cet ADN ?
Olivier Kervella : Nous voulons même aller plus loin. Nous allons par exemple salarier deux pêcheurs du village d’à côté. Ils iront pêcher pour fournir l’un des trois restaurants de l’hôtel, et ils organiseront aussi des sorties en mer pour les clients. Nous pourrons héberger un tiers des 500 membres du personnel dont nous avons besoin directement sur site. Ce ne sont que quelques exemples des initiatives qu’on met en place pour bien s’intégrer dans le tissu local. On débarque avec des camions et des grues pour construire un hôtel sur la plage, les gens nous regardent parfois de travers… Notre activité doit bénéficier aux voisins de l’hôtel.
Justement, parlez-nous de l’hôtel. Est-ce que vous dupliquez le même concept qu’à Ubud ?
Olivier Kervella : C’est le même concept, mais sur un terrain beaucoup plus grand (12 hectares contre 3 à Bali, NDLR). Il abritera donc 85 villas individuelles, dont les deux tiers possèderont leur propre piscine. L’hôtel, vendu en formule tout inclus, compte trois restaurants et un spa encore plus grand, car c’est l’un des plus gros succès de Kappa Senses à Ubud. Il est installé sur une plage privée de 250 mètres, au cœur d’une végétation luxuriante : nous avons même installé une serre pour qu’elle pousse plus vite et soit prête pour l’inauguration !

Le 16 juin, nous lançons Anaya Club & Resort, une nouvelle marque de club
Vous aviez évoqué l’ouverture de deux nouveaux hôtels à Zanzibar, et le terrain est grand. Ce projet est toujours d’actualité ?
Olivier Kervella : Kappa Senses Zanzibar ouvrira ses portes le 16 juin prochain. Le même jour, et sur la même plage, nous ouvrirons aussi notre premier Anaya Club & Resort, une nouvelle marque de club que nous lançons d’abord à Zanzibar.
Comment est née cette marque et quel est son concept ?
Olivier Kervella : Nous cherchions à utiliser ce qu’il nous restait du terrain. Et nous avons constaté qu’à Zanzibar, où nous programmons déjà plusieurs clubs, il n’existait pas de structure haut de gamme, capable de répondre, par exemple, au cahier des charges très exigeant d’une marque comme Jet tours. Avec la même logique que pour Kappa Senses, nous avons donc décidé de construire notre propre hôtel club, dont nous sommes le propriétaire et le gestionnaire.
Pourquoi ne pas l’avoir mis sous la marque Jet tours ?
Olivier Kervella : Tout simplement parce que, comme Kappa Senses, le club sera commercialisé sur de nombreux marchés internationaux. Jet tours est une marque propre à la France et à la Belgique. Anaya, c’est donc un hôtel club haut de gamme, avec sa propre équipe d’animation, renforcée par une équipe envoyée par Jet tours pour la clientèle française, qui devrait peser pour 30 à 35% de la fréquentation, comme à Bali. Il comptera 132 bungalows, trois restaurants, deux terrains de padels, une base nautique… C’est un magnifique produit, qui sera meilleur et pas forcément plus cher que ce qui se pratique déjà sur le marché à Zanzibar.

Anaya, c’est une nouvelle marque amenée à s’étendre ?
Olivier Kervella : Dans notre stratégie, nous voulons faire avec Anaya et Kappa Senses ce que nous faisons avec Coralia et Kappa, à savoir coupler l’ouverture de deux hôtels quand cela est possible. Donc, idéalement, si un Kappa Senses ouvre ses portes, un Anaya est inauguré sur le même terrain. Nous y allons étape par étape, et nous ne voulons rien précipiter. Mais, si notre concept plaît, nous pourrions rapidement agrandir l’Anaya, et nous serions ravis d’avoir 3 ou 4 Kappa Senses et 2 ou 3 Anaya d’ici cinq ans.
Les TO ont de plus en plus de concurrence. Avoir des actifs permet de garder une valeur ajoutée
Vous avez fait un pas vers l’hôtellerie de luxe avec Kappa Senses, mais vous revenez aux clubs avec Anaya…
Olivier Kervella : C’est ce qu’on sait faire de mieux, donc ça n’est pas étonnant. Cette expertise nous permet d’identifier rapidement ce qui doit être amélioré pour obtenir les résultats que nous espérons. Avoir un club Anaya nous permettra d’avoir de meilleurs clubs Jet tours, et vice-versa.
Ce modèle, où vous achetez le terrain, construisez l’hôtel et l’exploitez, semble à rebours des stratégies adoptées par les grands groupes du tourisme, toutes orientées autour de l’asset-light. Quelle force vous apporte-t-il ?
Olivier Kervella : Se lancer dans ce genre de projets est plus risqué, c’est sûr, d’autant plus qu’on porte tout en fonds propres. D’ailleurs, à part la fameuse marque au trident (dans son modèle historique), nous sommes le seul tour-opérateur français qui possède ses propres hôtels. Cela donne un avantage qui, selon moi, fait la différence : la maîtrise du produit de A à Z. A Bali, il a été très facile d’apporter les quelques retouches nécessaires pour assurer la promesse qu’on imaginait. Avoir des actifs permet aussi de garder une valeur ajoutée. Les TO, d’autant plus sur le marché des clubs, ont de plus en plus de concurrence, entre les OTA, les compagnies aériennes… Je m’attends aussi à l’émergence de nouveaux acteurs hybrides, spécialistes de l’intelligence artificielle (IA). Les chaînes hôtelières internationales, qui sont nos partenaires dans le tour-operating, pourraient aussi devenir des concurrents directs si elles lançaient des solutions de package dynamique. Face à ce marché qui va se recomposer, pouvoir apporter la qualité de services que l’on souhaite est un facteur différenciant. Mais tout ceci coûte cher et nous ne nous interdisons pas non plus de reprendre, à terme, la gestion d’hôtels déjà construits.
Vous aviez aussi pour projet d’ouvrir un Kappa Senses au Maroc. C’est toujours dans les cartons ?
Olivier Kervella : C’est toujours dans les cartons, nous allons d’ailleurs visiter des terrains dans les jours qui viennent. Mais nous nous concentrons d’abord sur les ouvertures des deux hôtels à Zanzibar, qui créent beaucoup d’effervescence, chez nous, en interne, et mobilisent beaucoup d’énergie.
Quel est votre cahier des charges pour choisir une nouvelle destination pour ces deux marques ?
Olivier Kervella : C’est quelque chose que je n’ai pas forcément envie de révéler (rires). Mais il y a plusieurs critères qui sont impératifs. D’abord, la destination doit être opérable toute l’année. C’est ce qui permet de maintenir un staff formé pour apporter le niveau de services attendu. Ensuite, il faut que les terrains ne soient pas hors de prix. Par exemple, nous ne construirons pas à l’Île Maurice, à Khao Lak (Thaïlande) ou à Punta Cana (République dominicaine), qui sont pourtant de magnifiques destinations. Ensuite, il faut que le terrain soit situé à 1h30 d’un aéroport international. Et, bien sûr, il faut un coup de cœur. Ça a été le cas à Zanzibar. Pour moi, c’est la Bretagne sous les tropiques.
Vous apprenez finalement un nouveau métier, celui d’hôtelier ?
Olivier Kervella : J’ai vraiment pris goût à l’hôtellerie. D’ailleurs, je ne pensais pas que nous développerions nos hôtels si rapidement. Que ce soit sur le produit, l’exploitation, l’opérationnel ou la RSE, le métier d’hôtelier permet d’aller beaucoup plus loin que celui de tour-opérateur. Et ce qu’on a fait à Bali nous conforte dans cette certitude. Alors, ça n’est pas la course effrénée, mais Kappa Senses et Anaya sont amenées à prendre plus de place dans l’avenir.
Anaya Zanzibar en détails
Installé face à un lagon turquoise, Anaya Zanzibar abritera 132 chambres de 41 m² (dont 15 chambres supérieures Vue Mer). Classé 5*, il vise une clientèle exigeante. 4 restaurants et snacks et trois bars sont compris dans la formule tout compris. Un restaurant à la carte, le Raha, propose poissons et fruits de mer (en supplément). Côté activités, les sports sont à l’honneur avec terrains de padel, de beach-volley, de pétanque, une base nautique… Les enfants pourront retrouver les mini-clubs, mais aussi découvrir la ferme pédagogique et la ferme solaire de l’Anaya Zanzibar. Les adultes, eux, se détendront dans le spa de 1 800m². Enfin, et c’est peut-être le plus important : l’hôtel dispose d’une piscine à débordements de 635m² face à l’océan.
