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Tunisie : état de catastrophe touristique

Les arrivées sont en baisse de 50% par rapport à l’an dernier et plusieurs dizaines d’hôtels sont fermés. Au-delà des mesures d’urgence, le modèle balnéaire tunisien doit aussi faire sa révolution.

Les professionnels du tourisme tunisien ont lancé un cri d’alerte : la situation est « catastrophique ». Les arrivées sont en baisse de 50 % par rapport à l’an dernier et plusieurs dizaines d’hôtels restent fermés. La chute du tourisme, qui contribue directement à 7 % du PIB du pays, touche toute la population. « Pour l’instant, il faut concentrer ses efforts pour sauver la saison. Mais il y a encore une révolution à accomplir dans notre secteur », explique Amel Hachani, directrice de l’Office du Tourisme de Tunisie pour la France.

Le constat dressé par la Fédération nationale tunisienne de l’hôtellerie est alarmant. À Sousse et Kantaoui, 30 établissements sur 104 sont fermés, 5 000 emplois sont menacés et 5 000 personnes qui devaient reprendre le travail ne l’ont pas fait. Dans la région de Djerba-Zarzis, un tiers des 76 hôtels ont dû fermer leurs portes. Quant aux réservations, elles sont en retard de 50 %. « Nous sommes au bord de la faillite et nos salariés risquent de devenir chômeurs », a alerté Tahar Saihi, président de la Fédération tunisienne des agences de voyages (Ftav). Les campagnes de communication, la baisse des prix et le rééchelonnement des factures et des dettes des professionnels parent l’urgence. Mais à moyen terme, la question d’un autre modèle touristique refait surface.

La presse locale se fait déjà l’écho des revendications des travailleurs du secteur et de la nécessité de modifier en profondeur le produit touristique tunisien. L’étude présentée début juin par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) pointe les faiblesses structurelles du modèle balnéaire qui « s’appuie sur une forte saisonnalité », et reste dominé par « les grands tour-opérateurs disposant d’un pouvoir de marché et de négociation puissant ». Une pression tarifaire qui n’a pas permis aux hôteliers d’adapter leur produit, avec pour conséquence la chute de la croissance des arrivées depuis les années 90 et la stagnation des recettes par nuitée à un niveau trois fois plus faible qu’au Maroc, indique le rapport.

L’étude analyse également la « sensibilité de ce produit à la conjoncture extérieure », prenant exemple sur l’Égypte, où les touristes étaient revenus rapidement après les attentats de Charm el-Cheikh de 2005. Autant de raisons qui poussent les acteurs tunisiens à réfléchir à un nouveau modèle, plus orienté vers la culture et le haut de gamme. Une révolution qui devra aussi passer par une modification des relations entre TO et hôteliers ou des pratiques salariales. « Nous avons plusieurs années de travail devant nous », conclut Amel Hachani.

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