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TGV Est : l’accident mortel devrait retarder la mise en service

Le déraillement d'une rame d'essais sur le nouveau tronçon de la ligne à grande vitesse Paris-Strasbourg entraîne l'ouverture de deux enquêtes. Et pourrait inciter Hop! à retarder la fin programmée de sa ligne entre Orly et l'Alsace.

L'accident de la rame 774 du TGV Est, samedi 14 novembre à Eckwersheim (Bas-Rhin), a entraîné la mort de onze personnes et fait 42 blessés parmi les techniciens de la SNCF ou accompagnants, qui participaient à cette "marche d'essais".

Le déraillement, dont les causes techniques ne sont pas encore déterminées, a précipité l'une des deux motrices dans le canal de la Marne au Rhin, en contrebas de la voie. Sous la violence du choc, survenu contre un pont à 176km/h, la motrice avant et les voitures disloquées ont été projetées en contrebas, dans un champ, et éparpillées sur 200 mètres. Une partie de la rame a pris feu après l'impact. Le parapet de l'ouvrage d'art métallique qui franchit le canal a été détruit.

Deux enquêtes en parallèle

Les activités d'essais ont été complètement interrompues après l'accident. "Il est raisonnable de penser" que la date de mise en service de la seconde phase du TGV Paris-Strasbourg, prévue le 3 avril 2016, sera du coup reportée, a indiqué Jacques Rapoport, président de SNCF Réseau (ex-RFF). Dès samedi soir, à Eckwersheim, le président de la SNCF Guillaume Pépy a annoncé l'ouverture de deux enquêtes diligentées par les équipes d'audit de la SNCF et par les autorités judiciaires, sous la responsabilité du procureur de la République.

Alain Vidalies, secrétaire d'Etat chargé des Transports, aura la possibilité de saisir le BEA-TT (Bureau d'enquête sur les Accidents de transport terrestre), si nécessaire. Au lendemain des attentats perpétrés à Paris, les autorités n'ont pas exclu la piste d'un nouvel attentat ou acte de sabotage, "sans toutefois les privilégier".

34 minutes à gagner

Depuis la première phase du TGV Est, inaugurée en juin 2007, la capitale alsacienne se situe à 2h20 de Paris. Avec la ligne intégrale, les meilleurs temps de parcours descendront à 1h46. Alain Fontanel, vice-président de l'Eurométropole de Strasbourg, a rappelé que "ce TGV était attendu depuis longtemps" dans la capitale alsacienne, qui entend en faire un élément d'attractivité économique et touristique.

Chahutée par ses concurrents dans le routier et l'aérien, la SNCF mise sur son infrastructure modernisée pour conforter ses parts de marché. "Avec 11 millions de voyageurs annuels, le train résiste bien dans un contexte concurrentiel devenu difficile, depuis le lancement en septembre 2015 des autocars longue distance et face à l'agressivité des compagnies aériennes low cost", résumait Eric Vande Gehuchte, directeur de l'axe TGV Est à la SNCF, lors d'un débat public à Strasbourg début novembre.

Quid d'Air France ?

En avril 2015, Lionel Guérin, président de Hop!, a évoqué l'arrêt de la desserte Strasbourg-Orly (quatre A/R quotidiens) après la mise en service de la ligne intégrale du TGV : "Face à une desserte ferroviaire en moins de deux heures, l'avion n'est plus compétitif". Information confirmée le 15 octobre avec l'annonce faite aux personnels d'escale d'Air France, suivie par une bronca des élus locaux fustigeant le retrait de la compagnie nationale. Le retard de la mise en service du TGV Est pourrait inciter Hop! à revoir ses projets et surseoir à la fermeture annoncée de la liaison vers Orly. Interrogée à ce sujet, la compagnie aérienne a indiqué qu'il était trop tôt, deux jours après l'accident du TGV, pour apporter une réponse définitive.

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