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Suivez l’audioguide

Internet ne se contente plus de fournir billets d’avion et chambres d’hôtels. Désormais, on y trouve aussi des commentaires touristiques à télécharger. Ces visites audioguidées concurrencent les guides traditionnels, au moment où ceux-ci revoient leur convention collective.

Les nouvelles technologies ne chamboulent pas seulement la distribution de voyages (voir notre enquête p. 20). Elles modifient aussi les modes de guidage touristique. Les sociétés proposant des visites audioguidées de villes européennes fleurissent sur la Toile depuis un an. Loin de concurrencer les opérateurs touristiques, certaines se développent en partenariat avec eux. Pour rester dans la course, les guides professionnels mettent en avant leur valeur ajoutée .

Le tout jeune secteur des visites audioguidées regroupe des modèles économiques variés. Pocketvox, société soeur du tour-opérateur Intermèdes, propose de télécharger des visites de capitales mondiales en format MP3. Les supports permettant de lire ce type de fichiers sont désormais très répandus : lecteurs de musique MP3 (type Ipod), agendas électroniques ou Personal digital assistant (PDA), nouvelle génération de téléphones portables, ordinateurs de poche… Pocketvox facture les téléchargements 5 E pour 1 h 30 de visite. Notre contenu est élaboré par les 150 guides conférenciers français qui travaillent régulièrement pour Intermèdes. Nous savons donc ce qui plaît aux touristes. Notre guidage audio accompagne une promenade culturelle. Nous orientons le regard et les déplacements du visiteur de façon très détaillée, explique François Labbé, directeur de Pocketvox et cofondateur d’Intermèdes. Pocketvox commercialise ces contenus en direct sur son site Internet, mais il commissionne aussi des partenaires : le réseau Selectour, le site de cartographie Maporama, Air France Allemagne, la low cost Skyeurope, le loueur Hertz, les agences en ligne Expedia et Ebookers ont déjà signé. La clientèle individuelle voyageant en court séjour est la première visée, mais ces produits s’adapteront rapidement aussi aux circuits en autotour.

Avec photos, cartes, vidéos…

Si Pocketvox proposera bientôt de télécharger également des photos, cette fonction est déjà offerte par Cityzeum. Cette société applique au contenu touristique toutes les nouvelles technologies à la mode. Elle permet ainsi de télécharger du contenu écrit (textes et cartes au format PDF), audio, vidéo… Les commentaires écrits et audio sont réalisés par une trentaine d’intervenants externes (journalistes, historiens de l’art, grands voyageurs…). Le site propose également un espace wiki. Fonctionnant sur le modèle participatif de l’encyclopédie Wikipédia, il permet aux internautes d’améliorer le contenu touristique proposé par le site, à leur retour de voyage. Les clients gardent cependant le choix entre un contenu validé par l’entreprise ou ce contenu wiki, laissé au libre contrôle des internautes. Nous avons aussi beaucoup de succès avec nos podcasts sur Paris. Il s’agit d’informations touristiques sur la capitale téléchargées automatiquement sur le lecteur du visiteur à chacune de ses connexions, à la manière des podcasts d’émissions de radio, explique Julien Laz, directeur de Cityzeum. Tous ces produits sont gratuits pour l’utilisateur final et non sponsorisés par des opérateurs touristiques. L’entreprise se rémunère en vendant de la publicité sur son site.

Vers des infos géolocalisées

Mais c’est à Taocity que revient la palme de l’innovation technologique. Cet opérateur propose à la location dans les grands hôtels parisiens des ordinateurs de poche (PDA) équipés d’un GPS contenant des informations touristiques (texte, audio et photo) sur 780 points d’intérêt dans la capitale. Avec cet outil, le visiteur n’est jamais perdu. A terme, ce type de contenu associant des informations touristiques à la géolocalisation par GPS pourra être téléchargé sur Internet sur un PDA ou un téléphone portable GPS. Taocity travaille sur ce développement. Pour l’instant, Cityzeum propose seulement de télécharger les coordonnées GPS d’un ensemble de lieux touristiques (hôtels, restaurants, musées…) dans une ville donnée. Mais l’opérateur sortira un produit similaire à celui de Taocity dans trois mois.

Ces nouvelles technologies ont de quoi inquiéter les guides professionnels. Pour moi, ces visites audio sur MP3 sont au guidage ce que le fast-food est au restaurant. De plus, ces outils sont complexes à utiliser. Je ne suis pas sûr qu’il y ait un marché pour eux, analyse Michel Barraud, DG du réceptif Paris Vision. Il ne rejette pas pour autant les évolutions technologiques. Nous n’excluons pas d’utiliser des fichiers MP3 en complément d’un guidage physique. Aude Deboaisne, guide française travaillant en chinois et en anglais est confiante : Les visites en MP3 ciblent plutôt des individuels et non pas les groupes, notre principale clientèle. De plus, nous adaptons notre discours à nos clients, ce que ne font pas ces guides.

Une menace pour les guides ?

En revanche, les audioguides proposés par les musées sont plus menaçants. Versailles fournit par exemple un audioguide systématiquement avec le billet d’entrée. Cela peut nous faire de l’ombre, mais, souvent, les versions étrangères ne sont qu’une traduction de la version française et ne prennent pas en compte les différences culturelles. Les Chinois, par exemple, ont besoin d’informations très spécifiques dans nos musées. Si les audioguides adaptent leur contenu à chaque marché, alors ce sera un vrai problème pour nous, poursuit Aude Deboaisne.

D’autant que la situation des guides est déjà très difficile. Ceux-ci travaillent dans des conditions souvent précaires et leurs salaires sont de plus en plus bas. Nos besoins en guides sont très aléatoires, ils dépendent de notre volume de clientèle et de la langue pratiquée. C’est pourquoi nous les embauchons peu en CDI, mais surtout en CDD, à la mission. Or, on ne peut pas renouveler plus de trois fois un CDD. Leur statut est donc souvent illégal, explique Michel Barraud. Ce vide juridique devrait bientôt être comblé. La Fédération nationale des guides interprètes (FNGI) et le Syndicat national des agences de voyages négocient une refonte de la convention collective des guides. L’objectif est de régulariser le CDD d’usage (renouvellement illimité de CDD) dans la profession, pour garantir une souplesse de l’emploi aux patrons et une meilleure protection sociale aux guides. Ces derniers espèrent que cette régularisation du statut incitera les agences de voyages à recourir plus souvent à leurs services.

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