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Pourquoi la baisse du prix du pétrole n’entraîne-t-elle pas celle des billets

Les compagnies aériennes, qui ont déjà acheté du pétrole au prix fort pour 2015, pourraient ne baisser leurs tarifs que sous la pression de la concurrence.

Le cours du pétrole est en chute libre depuis le mois de juin 2014. Mais celui des billets d'avion ne suit pas mécaniquement. Si, selon IATA, les tarifs ont baissé d'environ 5 % en 2014 dans le monde, l'indice des prix du transport aérien de passagers de la DGAC ne montre pas de baisse pour la France. Un paradoxe ? Pas nécessairement. L'impact du prix du pétrole sur celui des billets d'avion dépend des stratégies des compagnies aériennes, elles-mêmes soumises à de nombreux facteurs. « Le coût du carburant que nous répercutons n'est pas uniquement lié au prix du brut mais également aux taux de change, à la marge de raffinage, et aux performances des couvertures carburant », explique ainsi Air France.

L'impact des couvertures carburant

Si le prix du baril de brut est tombé sous les 50 dollars le 7 janvier, soit plus de 50 % de baisse en un an, le prix du Jet Fuel en Europe, lui, n'a baissé que de 40 %. Pour une compagnie comme Air France, la baisse de l'euro face au dollar, de 16 % sur un an, réduit également les avantages d'une chute des cours du carburant, qui est payé en billets verts. Mais le facteur le plus déterminant est celui des couvertures carburant. La grande majorité des compagnies aériennes achètent leur kérosène à l'avance grâce à divers instruments financiers (options d'achat, swap (échange), contrats à terme…) et payent donc plus cher que le prix du marché si le pétrole baisse rapidement. En moyenne, près de 70 % de la consommation de carburant des compagnies aériennes européennes est déjà couverte pour 2015 et environ 25 % sur 2016, selon les analystes. Air France-KLM, couverte à près de 60 % sur 2015, devrait tout de même voir sa facture carburant baisser de près de 10 % cette année, passant d'environ 8 à 7 milliards de dollars, soit une diminution de ses coûts opérationnels d'environ 3 %. Lufthansa, elle, a déjà annoncé que ce poste de dépense devrait baisser de 7,9 à 6,8 Mds $ entre 2014 et 2015.

Une guerre des prix ?

Savoir si cette marge supplémentaire sera répercutée sur les billets est un autre sujet. Pour l'instant, les taux d'occupation sont au plus haut sur de nombreuses liaisons et les compagnies aériennes n'ont aucun intérêt à baisser leurs prix. La chute du baril pourrait cependant pousser certains transporteurs à lancer des liaisons auparavant peu rentables. Une concurrence qui entraînerait une guerre des prix. Pour l'instant, IATA estime que la baisse des tarifs sera limitée et ne devrait pas entamer la marge du secteur aérien (+26 % à 46,8 Mds $). Compte tenu des prévisions des analystes pour 2015, avec un baril entre 50 et 70 $ et des stratégies de couverture, c'est donc en 2016 que la baisse des prix devrait être plus visible.

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