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Patrick Labrune (SNRT): « La clientèle étrangère va manquer cet été »

Tout juste élu président du Syndicat national des résidences de tourisme et des apparthotels (SNRT), Patrick Labrune fait un point sur l’été 2020, alors que les réservations repartent à la hausse.

L’Echo touristique : Vous prenez vos fonctions dans un contexte inédit et particulier…

Patrick Labrune : Comme tous les acteurs du tourisme, nous avons subi cette pandémie de plein fouet. Même si, depuis les annonces du 27 mai, les réservations sont très encourageantes, puisqu’elles sont 3 à 4 fois plus nombreuses qu’à la même date l’année dernière. Mais il ne faut pas se leurrer : nous partons de très bas, et nous ne rattraperons pas les trois mois perdus. La fin prématurée de la saison en montagne nous a coûté entre 20 et 25% de notre chiffre d’affaires, tandis que les résidences installées à la mer ou à la campagne n’ont pas reçu de clients pendant les vacances de printemps ou les week-ends prolongés du mois de mai. Mais la reprise des réservations nous offre un peu d’air, il y a un côté très positif, très optimiste. Nous avons dû renforcer nos call-center pour gérer cet afflux massif de réservations, y compris le dimanche. C’est rafraîchissant.

Quelles sont les régions plus demandées ?

Patrick Labrune : Je ne sais pas si c’est encore significatif, car la reprise des réservations est récente. Les Français semblent attirés par les destinations de proximité, avec de l’espace. Ainsi, la Normandie, la Bretagne, la Vendée, la Charente-Maritime semblent sortir du lot. La reprise est concrète également en Occitanie, sur la Côte d’Azur ou en Nouvelle-Aquitaine, et dans les régions montagneuses. Elle est beaucoup plus difficile dans les DOM-TOM, qui pâtissent de l’accessibilité aérienne. Le lent redémarrage des transports en Corse et la situation sanitaire du Grand Est, désormais totalement maîtrisée, semble avoir impacté l’image de ces deux destinations. Enfin, pour nos adhérents qui exploitent des résidences à l’étranger, c’est beaucoup plus difficile.

La clientèle étrangère sera au rendez-vous cet été ?

Patrick Labrune : Les discours du 17 et du 27 mai ont vraiment changé la donne, en tout cas sur le volet « vacances ». Les résidences urbaines, elles, sont totalement à l’arrêt, ou presque. L’été est, traditionnellement, une très bonne saison pour ces résidences. Mais avec l’annulation des grands événements type festivals, et les restrictions de voyage, la clientèle étrangère, qui préfère fréquenter des établissements plus haut de gamme, va manquer cet été. Nous espérons que la situation s’inversera, car elle représente 25% du total de la clientèle de nos adhérents pour l’été. Pour l’instant, elle est inexistante. Y compris sur les sites Internet, fréquentés seulement par les internautes français et par quelques touristes belges. A Bordeaux, par exemple, les taux d’occupation se situent entre 15 et 20%. C’est peut-être le moment, pour les Français, de (re)découvrir les villes de l’Hexagone, dans des conditions de visite optimales et avec une qualité d’accueil d’autant plus grande. Car nous sommes persuadés que le concept de la résidence de tourisme correspond parfaitement aux nouvelles attentes de la clientèle.

Un concept qui combine service hôteliers et autonomie ?

Exactement. Nous sommes des hébergeurs professionnels, avec du personnel à la réception, aux services techniques et commerciaux. C’est ce qui nous a permis d’établir une charte sanitaire très exigeante (distanciation, désinfection des logements, des parties communes, …), qui assure une sécurité totale pour nos clients, qui ont besoin d’être rassurés sur ce point, et nos salariés. Nous avons aussi fait en sorte de ne pas dégrader le produit, ou presque (infrastructures ouvertes, mini-clubs pour les résidences concernés, …). Parallèlement, la formule « résidence de tourisme » permet une plus grande autonomie pour les clients. Nous faisons de la location de vacances professionnelle, organisée et sécurisée. Désormais, c’est à nous de promouvoir ce concept et de communiquer sur ces grands thèmes que sont la sécurité et la redécouverte de la France.


Seul syndicat représentatif de la profession en France, le SNRT fédère 80 adhérents, des plus grands noms (Pierre & Vacances/Center Parcs, Lagrange, Appart’City, Goélia, …) aux exploitants particuliers de résidences de tourisme. Le SNRT pèse pour 26% du parc locatif en dur en France. Ses adhérents font partir 19 millions de clients par an, dans 2 200 résidences (représentées par SNRT), sur le littoral, à la campagne, en montagne ou en ville, pour plus de 360 000 lits.

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