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On a visité l’hôtel Maison Mère à Paris

Pour créer Maison Mère, ils sont partis d’une page blanche et n’ont rien laissé au hasard. Et pour cause : cette adresse parisienne, qui a ouvert ses portes en septembre dernier, pourrait bien être la première pierre d’un concept appelé à se développer.

On vous aura prévenus : à peine la porte franchie, vous aurez envie de dégainer votre smartphone pour photographier les lieux. Il faut dire que cette nouvelle adresse parisienne est instagrammable à souhait. Situé dans le 9e arrondissement de la capitale, à deux pas du square Montholon, le quatre étoiles a ouvert ses portes en septembre dernier, après de lourds travaux. Bien plus qu’un lifting : une vraie réhabilitation. Tout a été repensé, rénové, redessiné. Au rez-de-chaussée, la réception jouxte un espace de coworking – privatisable – où il est possible de venir se poser pour travailler… gratuitement. « Ce que l’on veut, c’est ouvrir nos portes aux habitants, que l’hôtel soit connecté au quartier, pour réunir voyageurs et locaux sous le même toit », explique Aziz Temimi, le fondateur de Maison Mère. Dans le restaurant, une alcôve permet également d’organiser des réunions ou des repas d’affaires. Dans le salon, où trône une immense et sinueuse banquette rose bonbon, les objets et les œuvres qui habillent les murs sont à vendre. Pas le temps de prendre la poussière : la déco change tous les six mois.

Le souci du détail

Ici, l’art est partout. Sur les murs, dans les couloirs qui mènent aux chambres… Tout est fait pour susciter des réactions. Quitte à s’amuser à distiller ici et là des fautes de goût totalement assumées…. que le voyageur pourra s’amuser à débusquer.

Dans les 51 chambres de Maison Mère, l’ambiance est cosy et chaleureuse, toutes sont parfaitement équipées. Dans les chambres “Alcôves” (12m2), les adeptes du rétro gaming pourront s’offrir une séquence nostalgie avec la console Nintendo mise à leur disposition. Quatre des “Douillettes” (15m2) peuvent être communicantes, pratique pour les familles, tout comme les « Parisiennes » (18m2), qui pour certaines disposent également d’un petit balcon.

Un coup d’œil par la fenêtre : d’immenses fresques colorent les murs, elles aussi évolueront régulièrement. Chez Maison Mère, on n’aime décidément pas la monotonie. En revanche, on apprécie son petit confort. La suite la « Reine Mère » s’offre même le luxe d’un hammam privatif et possède son propre dressing. Quant à la « Crème de la Crème », elle a été imaginée pour accueillir les familles ou groupes d’amis jusqu’à 6 personnes, avec ses quelque 47 mètres carrés. Elle est composée de deux chambres deluxe « Toits de Paris » communicantes, reliées par un palier commun.

Sous la houlette du chef Santiago Guerrero, Hey Honey, le restaurant de l’hôtel, joue lui aussi la carte de l’inventivité en mêlant les inspirations du monde entier. L’endroit est conçu comme un lieu de vie et de partage, des brunchs, des goûters et bien sûr des soirées y sont organisées. Hey Honey revendique aussi une carte de cocktails signature qui l’on choisira en tirant dans un jeu de tarots. Le souci du détail, toujours.

C’est peu dire, donc, que le concept de Maison Mère a été mûrement réfléchi. Issu d’une famille d’hôteliers sur trois générations, Aziz Temimi, baigne dans l’hôtellerie depuis qu’il est tout petit. Pour offrir une nouvelle vie à l’ex-hôtel de l’Océan, il aura fallu « beaucoup de millions », des nuits au sommeil agité – demandez à un entrepreneur ce que c’est que de se lancer en pleine crise du Covid – et une idée assez précise de ce que l’on aime, ou pas, dans les hôtels.

« Le projet se clipse de tout en haut jusqu’à tout en bas, explique Aziz Temimi. Avant même de penser à un plan d’aménagement ou à une carte de restauration, on s’est demandé à qui on voulait s’adresser, ce qui manquait chez la concurrence… On a utilisé nos tripes, on a brainstormé… En même temps que cette approche créative, on a voulu avoir une approche business. On a étudié le projet comme on lancerait une start-up, avec un projet orienté « UX design », on est parti de la demande. »

Les fondamentaux d’une marque

On le devine : avant de reprendre le flambeau familial, Aziz Temimi a eu d’autres vies professionnelles, dans le conseil, la finance, et le web. L’idée d’appliquer les codes du digital et du e-commerce à ce nouveau bébé s’est donc imposée naturellement. « Je ne comprends pas comment on peut être encore une des rares industries qui dépend d’une tierce partie pour être distribuée sur Internet », s’étonne Aziz Temimi. « Nous arrivons à vendre 35% de nos chambres en direct », assure-t-il. Une performance, effectivement, pour un tout jeune hôtel, a fortiori dans le contexte actuel.

Pour soutenir la vente en direct l’équipe de Maison Mère propose également des packages expérientiels pour les amoureux, les familles, les adeptes du shopping ou les noctambules, qui se verront remettre un kit « gueule de bois ». Des prestations exclusives que les voyageurs ne trouveront pas auprès des OTA.

Pour faire la différence, l’hôtel mise aussi sur un accueil ultra-personnalisé. Avant l’arrivée des voyageurs, l’hôtel fait quelques recherches sur le web pour tenter de mieux les connaître. Un questionnaire leur est adressé pour cerner leurs goûts, leurs préférences, et prévoir quelques petites attentions pour mieux les accueillir… et alimenter, au passage, le CRM en vue de prochaines visites.

Une mécanique déjà bien huilée, donc, prête à s’incarner dans de nouvelles adresses. Aziz Temimi ne s’en cache pas : l’objectif de faire essaimer le concept. Il s’est pour cela d’ores et déjà entouré d’une directrice du marketing et d’un chargé de développement. D’ici quelques années, de nouvelles adresses pourraient donc ouvrir en France mais aussi à l’étranger sous la marque « Maison Mère ». Entouré de son équipe, Aziz Temimi phosphore aussi sur d’autres concepts d’hébergement. Maison Mère pourrait bien faire des petits…

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