Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Barbara Dalibard (Sita) : « L’intelligence artificielle et la blockchain s’imposent dans le transport aérien »

60% des informations qui circulent dans les aéroports sont gérées par la Société internationale de télécommunication aéronautique (Sita). Cette coopérative fondée il y a 69 ans par les acteurs du transport aérien a tenu sa conférence annuelle les 27 et 28 septembre à Budapest. Barbara Dalibard, sa directrice générale, fait le point sur les enjeux de cette industrie en pleine croissance.

L’Echo touristique : Quels sont les principaux défis du transport aérien ?

Barbara Dalibard : Notre industrie devra faire face à une forte croissance du trafic ces prochaines années. Il y aura plus de passagers, plus d’avions, mais aussi davantage de règlements à respecter et des fortes menaces sur la sécurité dans un contexte géopolitique incertain. Nous craignons un encombrement généralisé des aéroports. Il faut améliorer leur efficacité, à infrastructures constantes.

Quel est le rôle de Sita dans cette industrie ?

Notre coopérative est établie à Genève. Elle compte 5000 salariés spécialisés dans les systèmes d’échanges de données. Nos clients, les compagnies aériennes, les aéroports et les sociétés d’assistance aéroportuaire, sont aussi nos actionnaires. Les équipes de Sita élaborent de nouveaux outils de collaboration qui améliorent l’efficacité des opérations. Les processus autour du passager sont de plus en plus automatisés.

Quelles sont les innovations à venir ?

L’intelligence artificielle et la blockchain s’imposent dans le transport aérien. Une compagnie aérienne peut desservir jusqu’à 700 aéroports différents, et on compte jusqu’à 20 prestataires sur un vol moyen-courrier comme Paris-Budapest ! Iata a élaboré le projet One ID, un identifiant unique numérique qui apportera une fluidité des échanges dans le parcours du passager. Il est extrêmement important de travailler sur ces standards communs. Nous avons procédé à des essais et apportons la preuve que la biométrie est au point. A Orlando en Floride, British Airways est capable d’embarquer 240 passagers dans un avion en moins de dix minutes. Il suffit de passer devant une caméra.

Les passagers ne sont-ils pas réticents à la collecte de ces données numériques et à l’échange de leurs informations privées ?

Je suis sensible à cette question d’éthique. Le Parlement européen a statué sur la protection des données des citoyens. Il n’appartient pas à Sita de déterminer quelles seront les bonnes règles dans le transport aérien. Tout le monde est éligible mais il faut d’abord trouver des accords entre les gouvernements, qui peuvent déterminer par exemple si ils acceptent des passeports de l’Union européenne, de la Suisse, des Emirats ou de l’Iran… Nous avons mené des études : plus le processus dans un aéroport est automatisé, plus le client est content. 77% des passagers estiment que l’automatisation des process réduit leur stress. L’automatisation permettra aux compagnies d’allouer leur personnel à l’escale à des passagers qui en auront besoin.

Les compagnies sont-elles prêtes à investir dans ces nouveaux équipements ?

Elles prévoient d’augmenter leurs investissements informatiques de 3,8% en 2018. Il est facile d’implémenter la reconnaissance faciale dans les aéroports. Nos équipements sont prêts.