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Les TO étrangers apprécient la France

« Longtemps décrié pour son éclatement et son manque de lisibilité, le secteur réceptif français s’organise et redresse son image, notamment grâce aux  » Rendez-vous France « . Les TO étrangers sont conquis. »

Le réceptif français sort (enfin !) de l’ombre. La troisième édition du salon Rendez-vous France, qui s’est déroulée à Lyon les 1er et 2 avril, a réuni 650 exposants hexagonaux et plus de 850 tour-opérateurs étrangers venus faire leurs achats.

Ce salon, très apprécié des visiteurs, a démontré la capacité des professionnels du tourisme d’accueil (institutionnels comme privés) à se structurer pour capter de nouveaux marchés. Mieux, alors qu’on lui reproche régulièrement son éclatement, son éparpillement et son manque de lisibilité, le secteur réceptif français jouit d’une bonne image, si l’on en croit les professionnels étrangers qui ont fait le déplacement à Lyon. Ils voient désormais dans son modèle artisanal, jadis décrié, un véritable atout.

Loin de chercher dans l’Hexagone un tourisme industriel et automatisé, les tour-opérateurs apprécient notamment chez les agences françaises leur sens de la haute couture. Même les plus grosses agences réceptives de l’Hexagone, telles que le Groupe Cityrama (qui a racheté Parisvision l’année dernière) ou KTS, sont en effet loin d’atteindre la taille des géants européens du réceptif que sont Kuoni, Gulliver Associates Travel (GTA) ou Travco, et qui fournissent aux tour-opérateurs du monde entier chambres d’hôtels, excursions et transferts. Ce n’est pas un problème pour les voyagistes, qui travaillent à la fois avec un grossiste (européen ou français) et avec de petits spécialistes régionaux. Il est facile de travailler avec les professionnels français. Ils sont très attentifs, et plus souples que les Italiens. Nous collaborons avec plusieurs agences réceptives, une grosse et quelques petites, témoigne Aline Godoi, représentante du TO brésilien MMT Gapnet.

Des Parisiens pas si terribles…

Souples, attentifs, les professionnels du tourisme d’accueil français (y compris ceux travaillant dans les hôtels et les restaurants) se seraient améliorés sur la pratique des langues étrangères. J’adore travailler avec les Français. Leur niveau d’anglais est satisfaisant, ils sont très professionnels et connaissent bien le marché international. Je négocie directement avec les hôteliers et les sites de loisir, déclare Paul Holinaty, directeur de production de Holiday House à Toronto, filiale de Thomas Cook Amérique du Nord.

Les prix ne font pas plus l’objet de récriminations et sont conformes à la moyenne européenne, assure le responsable du TO canadien, même si l’euro fort reste un obstacle pour les clientèles d’Amérique du Nord. Les prix sont corrects. Le vin, les vêtements, les montres et les bijoux sont moins chers en France qu’en Chine, confirme Hu Xing Yuan, de Wuxi China Travel Service, spécialiste de la billetterie et des groupes, basé à Wuxi.

Côté accueil, peu de remarques négatives, et les Parisiens ne sont pas jugés plus terribles que les habitants des autres capitales européennes. Enfin, la promotion de l’Hexagone est très appréciée, tous les TO étrangers reconnaissant l’efficacité de la Maison de la France, tout en exprimant un fort besoin d’informations sur les régions et les offres thématiques.

La technologie, un enjeu majeur

Si tout va si bien, que peut-on alors améliorer pour accroître les recettes touristiques ? Hervé Novelli, nouveau secrétaire d’Etat au tourisme, compte sur ce secteur pour ajouter un point de croissance à la France d’ici 2020 !

On sait que la technologie sera un enjeu majeur du réceptif de demain. Il est très important pour nous d’avoir accès aux stocks informatiquement, explique Jude Alphonso de l’agence GMP, à Abu Dhabi. Notre jour chômé est le vendredi, et notre semaine débute le samedi. Nous ne pouvons pas attendre trois jours la réponse à une demande de disponibilité. Aujourd’hui, nous travaillons avec KTS car ils ont un bon système de distribution en ligne. Et si les agences françaises ont rattrapé en partie leur retard sur la Toile, elles ne doivent pas relâcher leurs efforts. Il existe de plus en plus de sites Internet français offrant des disponibilités pour des itinéraires entiers. C’est très pratique fait en ce sens observer Jasbir Singh, directeur des opérations du TO indien Paradiso.

Les expériences de mise en réseau de l’offre, comme le site institutionnel Franceguide.com (ouvert également aux agences privées) ont montré la voie. Dans la lignée, les initiatives d’opérateurs privés commencent à faire leurs preuves, comme Parfums de France (le club des agences réceptives d’Afat Voyages), ou Alpes-Provence Méditerranée (APM), un réseau de 14 agences réceptives créé par Dominique Ferrero, directrice d’ATR 05 (Briançon).

Prévoyant chez les réceptifs un fort potentiel de développement technologique, Amadeus réfléchit d’ailleurs à développer une offre de service dédiée à ce marché. La plupart des agences réceptives travaillent encore de site web à site web, explique Jean-Louis Richard, DG d’Amadeus France. Peut-être auraient-elles besoin de solutions technologiques plus élaborées. Nous envisageons de fournir une prestation informatique permettant aux agences de mieux distribuer leurs offres. Par définition, ce type de prestations peut difficilement être automatisé. Mais nous en sommes au stade de la réflexion Le GDS s’est toutefois déjà positionné en partie sur le marché réceptif en créant l’offre Activities & Entertainment, disponible avant la fin de l’année. Elle permettra à certaines agences de commercialiser sur Amadeus des excursions, des visites en bateau-mouche ou des tours de Paris en vélo par exemple.

D’autres failles persistantes de l’offre réceptive française méritent d’être comblées. Le principal problème que j’ai avec Paris est son manque d’hôtels de grandes capacités pour recevoir les groupes témoigne Paul Holinaty. L’absence de panneaux d’informations en anglais, dans les transports et sur les sites touristiques en particulier est également décriée par les professionnels asiatiques.

A chaque clientèle sa spécificité

Autre faiblesse : le manque de prise en compte des attentes spécifiques de certaines clientèles, comme les Chinois. La France manque notamment de guides parlant le mandarin, et les agences n’ont pas toujours su s’adapter à la mentalité chinoise. La France a toutefois beaucoup progressé en trois ans, dans sa réponse aux attentes des Chinois, notamment au niveau des produits, pour les facilités de paiement et la façon de travailler assure Kang Nong, responsable de promotion de la Maison de la France en Chine. Tant mieux, car l’Hexagone était jusqu’à ces derniers jours la destination favorite de la clientèle chinoise en Europe. Qu’en sera-t-il après le passage de la flamme olympique à Paris

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