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Les cinq travaux de Léon Bertrand

Reconduit dans ses fonctions de ministre délégué au Tourisme, Léon Bertrand défendra désormais les intérêts de la profession avec Dominique Perben, nouveau ministre des Transports et du Tourisme. Etat des lieux des principaux dossiers qui les attendent dans les 22 mois.

Surprise, alors que beaucoup le donnait partant, Léon Bertrand a été confirmé au poste de ministre délégué au Tourisme dans le nouveau gouvernement de Dominique de Villepin. Pour de nombreux professionnels, c’est plutôt une bonne nouvelle, car il a l’avantage de déjà connaître les dossiers. Revue de détails des prochains chantiers…

1. Relancer l’attractivité de la France à l’étranger

Renforcer l’attractivité touristique de la France constitue sans nul doute l’un des principaux défis à relever pour Léon Bertrand et Dominique Perben, nouveau ministre de l’Equipement, des Transports, de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de la Mer, en remplacement de Gilles de Robien. Première destination touristique dans le monde, la France a en effet grand besoin de redorer son image. L’an dernier, l’Hexagone a accueilli 75 millions de visiteurs, un chiffre officiellement en hausse, mais de seulement 0,1 % par rapport à 2003, année au cours de laquelle le nombre d’arrivées avait accusé une baisse de 2,6 % par rapport à 2002. Cette stagnation est d’autant plus alarmante que dans le même temps, le nombre de touristes internationaux a progressé de 2 % dans les pays d’Europe occidentale et de 10 points au niveau mondial, selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Pour corriger le tir et ne pas perdre à l’avenir des parts de marché, Léon Bertrand a mis en place un Plan Qualité France, afin d’inciter les touristes à séjourner plus longtemps dans notre pays, en leur proposant des produits nouveaux et plus qualitatifs. Il a aussi initié une nouvelle campagne de communication Bienvenue en France.

D’autres chantiers restent à engager, comme la stimulation du marché des courts séjours, en incitant en particulier les professionnels du tourisme en région à se doter d’outils Internet performants. Il faut aussi améliorer la qualité médiocre de l’accueil, soulignée par le rapport Plasait remis au Premier ministre en juillet dernier. Aéroports de Paris entend montrer l’exemple et vient de se doter d’un nouveau slogan Le monde entier est notre invité.

Enfin, à l’heure des restrictions budgétaires, le ministre aura fort à faire pour obtenir une augmentation du budget alloué aux différents bureaux de représentation de Maison de la France à l’étranger (4 ME en 2005). Une nécessité alors que des pays comme l’Espagne disposent de sommes colossales pour assurer leur promotion.

2. Finaliser le projet de liste bleue pour les compagnies aériennes

Le 24 mai dernier, le Comité national pour la sécurité, la qualité et la transparence dans les transports touristiques (CNTT) désignait la société d’audit Afaq-Afnor pour mettre au point le référentiel (le cahier des charges) qui permettra de certifier les compagnies aériennes et de les faire entrer dans la fameuse liste bleue, décidée après le crash de Sharm el-Sheik. Pour autant, si la publication du référentiel est fixée pour la fin de l’année et la délivrance des premières certifications attendue début 2006, la réalisation de ce projet s’annonce d’ores et déjà périlleuse. Dominique Perben sera-t-il aussi volontaire sur ce point que Gilles de Robien ? Nombreux sont les professionnels qui dénoncent les points faibles de ce futur label, attribué uniquement sur démarche volontaire des compagnies, et qui devront prendre à leur charge le financement des contrôles. Surtout, ce projet n’empêchera pas les tour-opérateurs qui le souhaitent d’affréter des transporteurs hors liste, autorisés à voler en France. Ce caractère non contraignant pose des problèmes importants de responsabilité auxquels devra répondre le nouveau cabinet ministériel.

Aussi, le projet de liste bleue pourrait nécessiter des réaménagements si les autorités européennes décidaient de mettre en place une liste noire, regroupant à l’inverse toutes les compagnies aériennes ne se conformant pas aux impératifs de sécurité.

3. Réformer l’article 23 de la loi de 1992

Attendue par la profession depuis plus de douze ans, la réforme de l’article 23 de la loi de 1992 instaurant la responsabilité illimitée et de plein droit des agences est une question à laquelle ne pourra échapper Dominique Perben. Oubliée lors de la réforme de la loi de 1992 initiée par Léon Bertrand en 2004, la question de la responsabilité des agences est ressurgie au lendemain du tsunami en Asie en décembre dernier. Gilles de Robien avait alors admis que cette tragédie posait des problèmes d’assurance et que la législation était dépassée en la circonstance. Léon Bertrand avait alors renchéri : La loi française va au-delà de la directive européenne (…) Nous envisageons de revenir aux conventions internationales car les agences auront demain de plus en plus de mal à trouver un assureur. Depuis, rien n’a bougé. La raison ? La décision de réformer l’article 23 appartiendrait en partie au ministère de la Justice. Cela tombe bien, c’est l’ancien garde des Sceaux, Dominique Perben, qui a aujourd’hui les rênes du ministère du Tourisme… Peut-on pour autant espérer un assouplissement de sa position ? C’est le voeu formulé par Georges Colson, président du Snav, qui devrait être reçu par ce dernier avant la fin du mois de juin.

4. Harmoniser les taux de TVA

Autre pierre d’achoppement entre le ministère du Tourisme et le Snav, la question des taux de TVA différenciés entre Air France et les agences. Si le ministère des Finances a précisé récemment que la TVA à 19,6 % sur l’ensemble des frais de services facturés par les agences était récupérable par les sociétés, le Syndicat entend relancer le débat, afin d’obtenir un alignement de la TVA sur les frais de services, qui dans l’état actuel, reste fixée à 5,5 % chez Air France et à 19,6 % dans les agences. Ce qui demeure un handicap pour les distributeurs, en particulier vis-à-vis de la clientèle loisirs. Georges Colson entend parallèlement obtenir la diminution de la TVA à 19,6 % pour les agences réceptives. Pour demeurer rentables, avec des frais généraux plus importants et des salaires plus élevés, elles sont du coup contraintes de pratiquer des tarifs supérieurs d’environ 20 % à d’autres pays européens. Ce qui pénalise la France.

5. Soutenir les destinations d’Outre-mer

Maire de Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, depuis 1983, Léon Bertrand n’a eu de cesse de défendre les intérêts de l’Outre-mer au sein du gouvernement. Interpellé par le groupe Accor qui menaçait de se retirer des Antilles, 6 mois seulement après son arrivée place de Fontenoy, il a fait de la relance de la Martinique et de la Guadeloupe une de ses priorités. Avec le ministère de l’Outre-mer, il a contribué au lancement de vols transatlantiques par Air Caraïbes, pour suppléer la disparition d’Air Lib, à l’amélioration de la qualité de l’accueil des croisiéristes en Martinique, à la distribution d’aides aux collectivités locales, à des mesures de défiscalisation pour favoriser la rénovation des hôtels, à la création du club Outre-mer au sein de Maison de la France afin de promouvoir les Antilles… Il faut du temps pour mesurer les résultats de ces initiatives, qui demandent à être amplifiées. En 2004, les TO membres de l’Association des tour-opérateurs (Ceto) ont encore enregistré une baisse d’activité de 13,7 % vers les deux îles. Un inversement de tendance semble toutefois se dessiner depuis quelques mois.

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