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Les agences continuent de faire face à la crise

Selon un premier bilan publié par l’Association professionnelle de solidarité, le nombre de défaillances d’agences de voyages devrait augmenter de 5 à 10 % cette année. Le montant des coûts unitaires des sinistres enregistre en revanche une importante envolée.

Après les attentats du 11 septembre 2001, les agents de voyages pensaient avoir connu le pire. Or, de mémoire de professionnel, jamais année ne fut plus troublée que 2003 : un conflit militaire en Irak sur fond d’attentats à répétition, doublé d’une épidémie sur-médiatisée et de conflits sociaux bien franco-français… La pollution du Prestige et la canicule de l’été ont fini de noircir le tableau. Dans les annales touristiques, 2003 restera, à n’en pas douter, l’Annus horribilis, après un cru 2002 au cours duquel l’activité avait basculé pour la première fois dans le rouge.

Sonnette d’alarme

Pourtant, en dépit de ce contexte difficile, le nombre de redressements ou de liquidations ne devrait guère être plus important que celui enregistré en 2002 (103, dont 23 adhérents APS). Ainsi, du 1er janvier au 30 septembre dernier, l’APS, qui fédère 2 600 adhérents (environ 85 % de la profession) n’a enregistré que 16 défaillances.

Si Olivier Delaire, président de l’APS, rend hommage aux agents de voyages pour avoir su continuer à préserver la pérennité de leur entreprise, il tire cependant la sonnette d’alarme. Le nombre de défaillances reste contenu, mais le montant du coût unitaire des sinistres est en forte progression. Nous enregistrons cette année notre plus gros sinistre depuis 1997 avec une prise en charge de l’Association pour un montant brut de 4,4 millions d’euros dont 1,6 million d’euros pour le seul mois de novembre. Résultat : 2003 devrait se solder pour l’APS par un coût net de 2,5 millions d’euros. Cette augmentation des coûts unitaires (presque trois fois supérieurs à ceux enregistrés en 2002) est inquiétante. C’est le signe que les défaillances ne sont plus uniquement l’apanage de petites agences mal gérées mais aussi celui d’entreprises plus anciennes et plus importantes.

Pessimisme tempéré

Si ce phénomène est nouveau par rapport aux situations enregistrées après le 11 septembre 2001, il reste toutefois, pour le moment, dans des proportions mesurées. Sur les 16 défaillances que l’APS a dû prendre en charge cette année, trois seulement relevaient d’un gros sinistre : Nuance du Monde, Mond Event et HB Voyages. Directeur du département tourisme à la banque de Baecque Beau (400 clients dans le secteur du tourisme), Patrick Sauzier se montre d’ailleurs moins pessimiste qu’Olivier Delaire et ne fait état que de deux ou trois gros dossiers : des réceptifs et des groupistes qui, à la différence des agences de voyages traditionnelles, ont été frappés de plein fouet par la baisse de fréquentation des touristes étrangers, en particulier en provenance des Etats-Unis et du Japon. Mais à l’exception de ces cas, nous ne relevons pas de défaillances notoires, souligne Patrick Sauzier, qui reconnaît cependant avoir été amené à accompagner davantage d’entreprises en reportant des échéances de crédit, en accordant des réductions sur des taux de découvert ou en ouvrant de nouvelles lignes de découvert.

Même constat chez les patrons de réseaux. Philippe Demonchy, président de Selectour, reconnaissait à l’automne que le nombre de prêts à court terme accordés par son réseau était en nette augmentation, passant de deux dossiers en 2002 à dix depuis janvier 2003. Même son de cloche chez Afat Voyages qui, comme l’année dernière, a relancé ses prêts sans intérêts, de 20 000 à 30 000 euros, remboursables entre janvier et juin 2004. Richard Vainopoulos, président de Tourcom, constate également que beaucoup d’agences membres de son réseau tirent la langue : Quatre ou cinq agences sont actuellement dans une situation difficile mais dans l’ensemble, nos adhérents sont encore parvenus à préserver l’équilibre cette année. La baisse du nombre de dossiers est compensée par une hausse du panier moyen qui se situe autour de 1 400 euros.

Baisse de moral

Pour Richard Vainopulos, il faut rester vigilant et continuer à serrer les boulons, mais il estime la situation actuelle beaucoup moins alarmiste qu’il y a un an : pas de discours bellicistes, pas de nouvelle crise de Sras avérée et des freins à la consommation moins forts que fin 2002. En revanche, Richard Vainopoulos dénonce une baisse importante du moral de ses troupes. Un point partagé par Olivier Delaire qui témoigne, et c’est un fait véritablement nouveau, d’une montée de l’inquiétude des étudiants en tourisme et des jeunes arrivant sur le marché du travail. Si les agences parviennent à maintenir le cap, c’est souvent au prix d’une baisse de la masse salariale. Elle représente 53 % du total des charges d’une agence, poursuit Olivier Delaire. Il n’est donc pas étonnant que les agences, pour faire face au ralentissement des ventes ou aux annulations, en soient réduites à sacrifier des emplois pour sauver leur outil de travail. Ainsi, pendant les neuf premiers mois de l’année, le nombre d’offres concernant des techniciens de vente et de production du tourisme déposé à l’ANPE s’est contracté de plus de 15 % par rapport à la même période 2002.

La côte d’alerte serait-elle donc atteinte ? Si beaucoup s’accordent à penser qu’un grand nombre d’entreprises, faute de trésorerie, auront certainement de grandes difficultés à faire face à une nouvelle crise, certains voyants sont encourageants. Ainsi, nombreuses sont les agences à enregistrer des hausses de réservation pour le début de l’année 2004.

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