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Le Maroc sauve l’été

Les premiers résultats de la saison d’été laissent augurer d’un exercice 2006 difficile pour les TO qui devrait s’achever, pour la première fois depuis 2003, en recul. A moins que septembre et octobre ne sauvent la mise, avec quelques destinations locomotives, comme le Maroc.

Après un hiver quasi à l’étale (-0,3 % en ventes de forfaits), les membres de l’Association de tour-opérateurs (Ceto) avaient reporté leurs espoirs sur l’été, et en particulier sur juillet et août. La déception n’en est que plus grande à la lecture des résultats partiels.

Car l’été 2006 ne sera pas un bon cru. Entre le 1er mai et le 31 août, les voyagistes du Ceto (une cinquantaine d’entreprises qui représentent 80 % du marché) ont fait voyager 3 073 494 clients, ce qui correspond à une légère progression (1,3 %) par rapport à l’année précédente. La recette unitaire moyenne a progressé de 2,1 % pour s’établir à 667 E, générant un chiffre d’affaires global de 2 048 ME (+3,5 %). Mais le trafic des seuls voyages à forfait (avec 2 261 879 clients) enregistre une baisse de 2,5 % (partiellement compensé par les vols secs).

A quelques exceptions près, tous les voyagistes ont souffert du beau parcours de l’équipe de France de football en Coupe du monde, qui a retardé les réservations et départs après le 10 juillet. Notre activité a repris après cette date, confirme Olivier Kervella, DG de Look Voyages, qui a néanmoins des raisons d’être satisfait. Le TO affiche des réservations d’été à +30 % au lieu des + 27 % prévus. A la mi-juillet, il y a eu un effet de rattrapage avec des commandes atteignant même +40 à 45 %. Et le mois d’août s’est rempli dans 98 % des cas avec des prix brochure.

La France, une vraie championne

Tous ses confrères généralistes ne sont pas logés à la même enseigne ! Du Club Méditerranée à Nouvelles Frontières, de Fram à Jet tours, la plupart des opérateurs reconnaissent avoir vécu un été difficile. Les Français sont restés en France constate amèrement Jean-Marc Siano, président du directoire de NF. Et ils ont préféré dans nombre de cas des hébergements non marchands, chez des amis, en résidence secondaire… Dorénavant, c’est avec l’hiver, au cours duquel les clients sont plus captifs, que nous réalisons notre année. Et non plus avec l’été, ajoute Laurence Berman Clément, DG de Jet tours.

Certes, au cours de la saison, la recette unitaire des voyages à forfait s’est établie à 772 E(+5,1 %), générant ainsi un chiffre d’affaires pour les membres du Ceto de 1 747 ME. Mais le renchérissement des taxes et surcharges carburant explique pour partie cette augmentation que les TO, simples collecteurs, ne retrouveront pas dans leurs bilans annuels.

Cocorico ! la France est donc la destination qui a le mieux tiré son épingle du jeu. Avec 637 875 clients en voyages à forfaits (+2,7 %) de mai à août, et un chiffre d’affaires de 241 ME (+8,9 %), notre pays occupe encore une fois la première marche du podium, faisant les beaux jours de quelques spécialistes comme Lagrange ou Disneyland Paris. Le moyen-courrier (1 369 886 clients) s’affiche en revanche en baisse de 4,3 % (quand il avait progressé de 10,8 % à l’été 2005). Tout comme le long-courrier (254 118 clients) en recul de 5,6 % (contre +0,6 % l’an dernier).

Du côté des tops en moyen-courrier, le Ceto note les bonnes performances de la Sicile (+17,7 %), quand l’Italie continentale progresse de 1,5 %, mais aussi des Baléares (+8,6 %) qui semblent sortir de leur purgatoire. A noter aussi les performances de l’Irlande (+6,3 %), de la Bulgarie (+5,6 %), challenger de la Croatie, moins en vogue cet été, de la Tunisie (+4,5 %) et de la Crête (+3,6 %), mieux lotie que la Grèce continentale en baisse de 4,4 % (mais après un été 2005 exceptionnel).

Le Maroc rattrappe la Tunisie

Le phénomène est toutefois le Maroc qui, été comme hiver, caracole dorénavant en tête des ventes. Le royaume chérifien progresse encore, entre mai et août, de 7,3%, talonnant ainsi la Tunisie pourtant davantage estampillée destination estivale. Marmara, mais aussi des spécialistes comme Royal Tours, sont les premiers à bénéficier de cet engouement.

Toutefois, ces bons résultats ne permettent pas de combler les retards enregistrés pour cause de flops retentissants. L’Egypte (-37,9 %) et la Turquie (-22,7 %) sont plus que jamais en panne. Cette crise de confiance est d’autant plus inquiétante qu’elle est durable. Si la Turquie ne devrait pas beaucoup progresser cet hiver, les TO sont néanmoins nombreux à parier sur une reprise, indispensable pour leur santé financière, de l’Egypte. Fram est le plus audacieux avec une brochure dédiée.

Le long-courrier a amené également son lot de bonnes surprises et de déconvenues. Ainsi l’Asie, et en particulier les destinations post tsunami ont marqué des points. La zone (15 % du trafic long-courrier) progresse de 10,7 %, tirée par la reprise spectaculaire des Maldives (+97,2 %) et de la Thaïlande (+73,8 %). Le Sri Lanka, pénalisé par ses troubles politiques, reste à l’écart de ce rétablissement. Au chapitre des bien-portants, la zone Antilles/Caraïbes (35 % du trafic long-courrier) regagne du terrain (+2,9 %) et les résultats de l’Amérique du Sud (+3,9 %) sont encourageants.

Les ravages du chik

Les flops sont eux aussi très nombreux. L’Afrique et l’océan Indien (16 % du trafic), pour cause de chikungunya, s’effondrent de 22,8 %. La Réunion est ainsi au plus bas (-76,6 %) et l’île Maurice à peine mieux lotie (-40,1 %). Côté Amérique du Nord, même amertume pour les Etats-Unis (-39,1 %) qui ne se sont pas remis de l’affaire des passeports biométriques. Le Canada s’en tire bien mieux, en progression de 14,5 %.

Après cette année difficile, les TO abordent l’hiver avec quelques appréhensions et beaucoup de questions. L’Egypte sera-t-elle au rendez-vous ? Le Maroc, concurrence exacerbée aidant, continuera-t-il à progresser ? Et si oui, les voyagistes pourront-ils éviter la guerre des prix ? Et que penser de cette année 2007, déjà placée sous le signe d’un pouvoir d’achat dégradé (n’en déplaise au ministre de l’Economie Thierry Breton !) et d’une campagne électorale en vue d’élections présidentielle et législatives, forcément perturbantes ? Bien plus qu’une Coupe du monde. Bref, la partie n’est pas gagnée !

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