La seconde vie des résidences de tourisme
Les difficultés traversées par le secteur il y a deux ans ont fait des dégâts. Certains gestionnaires ont néanmoins réussi à relancer leur activité en regagnant la confiance des propriétaires et des clients.
Deux ans après avoir essuyé une tempête de défaillances, le secteur des résidences de tourisme a retrouvé une certaine sérénité. Si de nombreux gestionnaires sont restés sur le bord de la route comme Transmontagne ou Quiétude, d’autres ont réussi à relancer leur activité, non sans mal. C’est le cas de Mona Lisa, repris en mai 2010 par Dofre Estate. Le Tribunal de Commerce lui avait accordé la reprise de l’ensemble de l’activité d’exploitation (30 sites) mais sur un millier de propriétaires, il n’a, à l’époque, pu traiter qu’avec seulement 200. Les autres avaient, entre temps, signé avec un autre exploitant comme Odalys et Sofisol. La situation s’est progressivement débloquée depuis le rachat en juin dernier des treize résidences de montagne exploitées par Sofisol. « Nous avons mis plus d’un an pour être de nouveau crédible auprès des propriétaires », confie Philippe Angel, directeur marketing, communication et développement chez Mona Lisa. Spoliés par les anciens gestionnaires qui leur avaient promis loyers et taux d’occupation mirobolants, ils ont préféré faire appel à des entreprises solides. Mais le choc était tellement grand que même les leaders du secteur ont connu des difficultés pour regagner la confiance des particuliers. Lagrange, qui a repris six sites de Maisons de Biarritz, a dû renégocier les loyers avec eux pendant trois mois. « Les propriétaires s’étaient constitués en association et il était difficile de leur faire comprendre que les montants des loyers n’étaient pas viables », explique Line Baudu, DG de Lagrange.
CIBLE ET MODE DE DISTRIBUTION ÉLARGIS
Pour redonner vie à son activité, ResidHotel, dont la mise en sauvegarde a pris fin le 21 septembre 2010, a, de son côté, dû se séparer de 17 de ses résidences principalement localisées dans des ZRR (zones de revitalisation rurale). « Suite à cette cession et afin de limiter son impact sur notre activité, nous avons travaillé essentiellement autour de deux axes : la fidélisation des clients de nos anciennes résidences et la conquête de nouveaux clients individuels loisirs mais aussi groupes et affaires », explique Alexandra Deygas, directrice marketing de ResidHotel. Les gestionnaires ont élargi leur cible de clientèle mais également leur mode de distribution. Ainsi, ResidHotel vient de mettre en ligne un site BtoB et Mona Lisa est commercialisé par 70 TO tous marchés confondus. Gage de sérieux, ces entreprises se sont aussi engagées dans la refonte du classement de leurs résidences afin d’assurer la meilleure prestation possible. « Nous sommes entrés dans une période de consolidation. On va passer de 4 000 lits nouveaux il y a deux ans à 20 000 cette année », observe Pascale Jallet, déléguée générale du SNRT (Syndicat national des résidences de tourisme). D’autant que la suppression à la fin 2012 du dispositif « Scellier » pourrait mettre un coup de frein aux investissements et par conséquent au développement.
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