La montagne a sauvé son hiver grâce au early booking
Le manque de neige a pesé sur les ventes de deuxième partie de saison. Mais les très bonnes réservations de l’automne 2010 ont permis aux hébergeurs de terminer l’hiver à l’équilibre.
Tout était pourtant réuni pour que la saison 2010-2011 dans les stations de sports d’hiver françaises tourne à la catastrophe : un calendrier scolaire défavorable (avec Noël et le 1er janvier tombant un samedi et des vacances de Pâques tardives) et surtout un manque criant de neige dès le mois de janvier. Pourtant, la montagne a globalement limité la casse, n’enregistrant qu’une légère baisse de fréquentation moyenne.
Même si, dans l’ensemble, janvier n’a pas été bon et la fin de saison s’est avérée épouvantable, les excellents remplissages durant les fêtes de fin d’année, encouragés par des chutes de neige précoces, ainsi que les bons résultats des vacances scolaires d’hiver, en février et mars, ont permis de rattraper le coup. Des tendances que confirment les hébergeurs. « En termes de ventes, la saison s’est vraiment déroulée en deux phases, constate Germain Lelarge, le PDG de la France du Nord au Sud. De septembre à fin janvier, nous étions en progression de 15 % par rapport à l’année précédente, avec des paniers moyens élevés grâce à beaucoup de ventes de première minute qui ont permis d’éviter la multiplication des promotions. Nous nous attendions à terminer l’hiver entre + 15 et + 20 % si la neige avait été au rendez-vous. Mais les réservations se sont écroulées à partir de février, de 25 % en moyenne et jusqu’à 50 % en avril. Au global, nous avons donc fini l’hiver à l’étale en chiffre d’affaires, avec une baisse de 10 % du nombre de dossiers mais une hausse des paniers moyens. »
Sans surprise, ce sont les stations de moyenne et basse altitude, pas toujours bien équipées en neige artificielle, qui ont le plus accusé le coup. Mais la relation entre enneigement et fréquentation n’est pas toujours mécanique. Ainsi les Alpes du Sud, qui ont pourtant bénéficié des meilleures conditions d’enneigement, n’ont pas fait le plein. Autre paradoxe : le manque de neige, s’il a pénalisé les ventes de packages incluant la location de matériel, les forfaits de remontées mécaniques ou les cours de ski, semble, en revanche, avoir bénéficié aux hébergements haut de gamme. « Le fait que nos résidences prestige disposent toutes d’une piscine couverte et chauffée, de sauna et de hammam, et la plupart du temps d’un espace Spa et Bien-être by Lagrange, assure les non-skieurs de passer un excellent séjour », explique Line Baudu, la directrice générale de Lagrange Vacances.
Et même la fermeture anticipée d’un grand nombre de stations en avril ne semble pas avoir pénalisé outre mesure les hébergeurs. Tous ont constaté un bond spectaculaire des ventes sur les destinations mer et campagne.