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La Grèce ne tient pas une forme olympique

Le pays, qui accueille les jeux Olympiques cet été, ne décolle pas. Tous les TO s’attendent à une contre-performance que même une bonne arrière-saison ne permettra pas de compenser.

Les dieux auraient-ils déserté l’Olympe et privé de leur bénéfique protection la Grèce et ses îles ? Alors que les jeux Olympiques reviennent cet été, du 13 au 29 août, sur leur terre natale, la destination est en panne dans les agences. Bien sûr, elle n’est pas la seule et le marché dans son ensemble fait preuve d’une inquiétante morosité ce printemps. Mais les JO avaient suscité une espérance formidable, convient Xavier de Neuville, PDG de Héliades. La désillusion est d’autant plus grande. Même si l’expérience a montré que la tenue de Jeux se traduit rarement, pour le pays organisateur, par des retombées positives immédiates.

Nous n’avions pas anticipé l’impact négatif des JO

Il n’empêche. Aucun voyagiste n’aurait imaginé que le recul puisse être aussi important, entre 20 et 30 % par rapport à l’an dernier. Nous n’avions pas anticipé l’impact négatif des JO, admet Florian Vighier, directeur d’exploitation de Marmara-Etapes Nouvelles, qui accuse une baisse de 18 % de ses ventes en Grèce continentale entre le 1er avril et le 31 mai. Le ralentissement se poursuit jusqu’à fin août, avant une reprise des inscriptions en septembre-octobre. C’est donc bien la variante JO qui plombe la saison, constate-t-il.

En vrac, l’affluence redoutée, la pagaille aérienne, le risque terroriste et la hausse des tarifs hôteliers dans la région d’Athènes ont créé un amalgame dont pâtit la destination dans son ensemble, même si la Crète et les Cyclades tirent mieux leur épingle du jeu. Les hôteliers grecs, et athéniens en particulier, ont pris la grosse tête, explique Xavier de Neuville avec des augmentations qui frisent les 1 000 %. Ce n’est pas sérieux !

Les agences elles-mêmes ne jouent pas le jeu et déconseillent carrément la Grèce, regrettent même en choeur plusieurs TO. Nous avons aussi assisté à un déferlement de dénigrement médiatique autour de la mauvaise préparation des Jeux qui est profondément injuste, déplore Xavier de Neuville. Athènes a vraiment changé de visage. Les palissades sont en train d’être retirées partout. Un travail considérable a été accompli, il faut le faire savoir, ajoute-t-il, pointant du doigt le manque de réaction et de promotion des autorités touristiques. Lesquelles assurent avoir pris la mesure.

Des efforts renouvelés sur les campagnes de publicité

Nous avons réinvesti dans une campagne de publicité, explique Anna Iliokratidou, directrice de l’office de tourisme à Paris. Depuis le 3 juin, RTL a pris le relais de France Inter pour une quinzaine de jours. Cela vient en soutien de l’affichage et des campagnes télévisées organisées dès avril. C’est un effort financier supplémentaire considérable, qui se double d’invitations en grand nombre pour la presse. Une cinquantaine de médias ont ainsi visité le pays des Dieux ces derniers mois, deux fois plus qu’en temps normal.

Pas sûr que cela suffise. D’autant que les JO ne sont sans doute pas les seuls responsables de la contre-performance hellénique actuelle. Malgré la hausse des tarifs hôteliers, les TO assurent avoir fait de gros efforts pour maintenir leurs prix, équivalents en général à ceux de l’année dernière. Mais la Grèce n’est pas la Tunisie et souffre aussi cette année, comme l’Espagne ou l’Italie, de son appartenance à la zone euro. Les coûts d’exploitation s’en ressentent forcément, note Xavier de Neuville. Le différentiel de prix entre la Tunisie, qui repart bien cet été, et la Grèce est d’environ 25 %, estime de son côté Florian Vighier, avec un prix moyen supérieur d’environ 111 E pour une semaine.

La qualité de l’hôtellerie pointée du doigt

Pire, cette cherté ne se traduit pas toujours par une très bonne qualité d’hôtellerie. Surtout en Grèce continentale. L’offre clubs y est vieillissante, témoigne Gérard Cattew, directeur de la production du groupe Thomas Cook. Nous n’avons pas trouvé d’établissement répondant à nos normes pour ouvrir cet été un Thomas Cook Village en Grèce continentale, déplore-t-il. Le retard de la destination pour les formules tout inclus est aussi un handicap, juge Eric Debry, président du directoire du groupe Nouvelles Frontières. Et comme d’autres destinations sont bien plus en vogue cet été, la Croatie notamment, la Grèce perd logiquement des parts de marché. Après avoir bénéficié des malheurs de nombre de pays depuis deux ans, elle retrouverait en somme une situation plus normale.

Certains TO ont déjà jeté l’éponge. Ainsi Maxi, qui se lançait sur la destination cet été, a renoncé au vol spécial Star Airlines entre Paris et Kalamata qu’il avait programmé d’avril à octobre, pour ne garder que sa programmation vers Rhodes. De son côté, Héliades a réaménagé son plan de vol avec des doubles touchers et l’annulation d’un vol pour Athènes le jeudi. Au final, nous serons plus proches de 125 000 sièges charter que des 140 000 prévus, regrette Xavier de Neuville, qui se satisfait néanmoins de la bonne tenue des îles. Nous doublons les rotations vers Santorin à partir de juillet. Au global, la baisse des ventes devrait être contenue à 18 % sur l’année.

Un yield management offensif

Une contre-performance qui guette aussi STI Voyages. Pour sa deuxième saison grecque, le TO avait énormément investi (bro- chures, soirées, challenges de ventes, éductours). C’est une très grande déception, confirme Tania Turini, directrice du développement, qui sera satisfaite si la moitié de l’objectif initial (3 500 passagers) est atteint. Heureusement, nous volons surtout en régulier et avons peu d’engagements aériens.

Seul Etapes Nouvelles s’en tient à son objectif initial de 92 000 clients dans l’année, comptant sur la Crète pour compenser. L’île affiche une progression de 16,5 % et représente 65 % de l’activité du TO en Grèce. Un 15e vol hebdomadaire pour Héraklion vient d’ailleurs d’être ajouté depuis Paris. Ce qui n’empêche pas le recours à de nombreuses promotions. Nous avons un yield management offensif. Nous proposons actuellement des circuits en Grèce continentale pour 390 E en pension complète, contre 625 E en brochure, remarque Florian Vighier. De quoi attendre le rebond espéré dès cet automne, et plus sûrement l’année prochaine.

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