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La croissance du tourisme français a-t-elle cessé

Évolution asthénique, courbe plate, dans un climat certes défavorable mais qui appelle à une réaction, le «premier pays touristique du monde» semble avoir perdu tout ressort.

L'Alliance 46.2 n'y va pas par quatre chemins : si l'on en croit les chiffres réunis par le groupe de réflexion, la France touristique a perdu de sa compétitivité. Le révélateur ? Une étude de l'OMT, centrée sur le « Top 10 » des pays touristiques (Thaïlande, Turquie, Allemagne, États-Unis, Russie, Italie, Chine, Royaume-Uni, Espagne et France), et analysant sur dix ans l'évolution de leurs arrivées internationales. En tête, on trouve la Thaïlande, avec 109 % d'accroissement de 2005 à 2014, pour atteindre 24,2 millions de visiteurs. On est encore loin de nos 84,7 millions : la France reste numéro un des pays touristiques, mais… avec le plus bas taux de croissance des dix pays concernés : 13 %. En dix ans, la France n'a su gagner que 9,7 millions de touristes.

Le décrochage de 2009

La faute à la crise ? Rien est moins sûr, comme on le vérifie en replaçant les chiffres dans un contexte plus global, alors qu'en 2012-2013 par exemple, la France atteignait péniblement 1,9 %, le monde, lui, connaissait une croissance de 4,9 %, et l'Europe, de 4,8 %. Inquiétant, par ailleurs, de voir un pays comme la Russie – traversé par des problèmes autrement plus graves que nos menaces de grève – afficher des performances de 49 % ; même chose pour la très remuante Turquie, qui se place juste derrière la Thaïlande avec une hausse de 67 %. On notera encore les 53 % d'une Allemagne au potentiel touristique pas toujours immédiat. Bien sûr, il ne s'agit pas de pertes de touristes proprement dites, mais quand on apprend que notre croissance pour 2013-2014 voisine les 0 %, il y a tout lieu de craindre que ce ne soit que partie remise. Car la courbe suivie par la France est terriblement asthénique, et sa régularité n'est pas pour rassurer : elle pourrait bien traduire l'absence de tout ressort depuis le décrochage général de 2009. Ce n'est pas le cas de l'Espagne qui, à défaut de pavoiser avec 17 % de croissance, a repris du poil de la bête en 2012, pour adopter une hausse de fréquentation encourageante ; ni celui du Royaume-Uni qui, après avoir vécu le même marasme que ses deux concurrentes, a su égaler la France dès 2012, pour la dépasser l'année suivante. Pour celle qui se rassure un peu trop d'être « premier pays touristique du monde », l'avertissement est sans frais.

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