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L’APS au chevet de l’emploi

Alors que l’association espérait 700 visiteurs, elle a accueilli lundi à la Mutualité, à Paris, plus du double de personnes à la recherche d’un emploi, d’un contrat de professionnalisation ou d’un stage. Réussite ou témoignage des difficultés du marché de l’emploi dans le tourisme ?

En cette fin d’année, l’emploi est un sujet douloureux pour le tourisme. Après Thomas Cook France qui pourrait se voir imposer un plan social par sa maison mère allemande (voir page 20), c’est au tour du groupe TUI/Nouvelles Frontières de bruisser de rumeurs.

La situation est-elle pour autant désespérée ? Avec 1 450 visiteurs, le premier Rendez-vous de l’emploi organisé le 13 novembre à Paris a été un franc succès, selon l’Association de professionnelle de solidarité du tourisme (APS). Environ 500 offres y étaient proposées, émanant de Manor, Carlson Wagonlit Travel, Selectour, Lastminute, Afat Voyages, Havas Voyages, Wasteels, Voyages Carrefour… Avec à la clé des CDD, CDI mais aussi des CNE, pour des postes d’agents de comptoir, billettistes, chefs d’agence, télévendeurs… Les TO n’étaient pas en reste. Le stand de l’association de tour-opérateurs/Ceto affichait des offres d’emploi déposées par Jet tours, Hurtigruten, Donatello, Costa, Amplitudes…

La même… mais en province

Certains disent qu’il n’y a pas d’offres, c’est faux, précise Michel Messager, secrétaire général de l’APS, qui a reçu 180 annonces de ses adhérents, en préparation de cette journée. 1 300 demandeurs d’emploi avaient par ailleurs été contactés avant la manifestation à partir du fichier de l’ANPE Tourisme. Il faudrait renouveler cette opération en province. Les entreprises rencontrent des difficultés pour recruter, estime Jean-Marc Guneau, directeur des ressources humaines (DRH) chez Selectour. Un avis que partage Nicole Breurec, directrice de l’institut de formation Cap Vers. Il existe beaucoup d’offres d’emploi dans certains domaines, mais les jeunes diplômés rechignent parfois à travailler dans un centre d’appels ou sur un plateau d’affaires.

L’occasion de se faire connaître

Plusieurs exposants ont profité de cette journée pour faire la promotion de leur activité, tel Catherine Ducruix, chargée du recrutement chez American Express Voyages d’Affaires, qui a tenté de donner de la visibilité à la billetterie d’affaires, moins recherchée que le secteur du tourisme. L’opération lui a permis de se constituer un fichier, pour les recrutements futurs. Guy Ducotey, chargé de mission chez Nouvelles Evasions, a pour sa part mené des entretiens pour six postes à pourvoir dans son agence, spécialiste des voyages pour handicapés. Ce salon est utile pour les entreprises qui n’ont pas pignon sur rue et ne reçoivent pas spontanément de candidatures, insiste-t-il.

L’Anaé a présenté quant à elle le secteur des agences événementielles, car un tiers seulement des personnes qui ont déposé un CV nous connaissaient, constate Sandrine Christon, coordinatrice de l’association. Ces agences sont pourtant sur un marché porteur, les membres de l’Anaé ayant vu leurs effectifs globaux passer de 990 en 2004 à 1 070 en 2005. D’autres sont venus préparer la saison d’été 2007. Nous cherchons des candidats pour des postes d’opération en CDD, à partir de février, confie Caroline Teixeira, DRH de Lastminute, qui voit ses effectifs passer de 270 à 350 personnes l’été.

Des entretiens passés pendant ce salon, il ressort que les demandeurs d’emploi sont devenus plus mobiles. C’est une surprise, un quart des personnes rencontrées se disent prêtes à bouger, constate Véronique Dewancker, DRH chez Voyages Carrefour, qui recrute 120 personnes par an. Certains jeunes sont même très prévoyants et prospectent déjà en vue de leur sortie d’école, en 2007. Beaucoup d’exposants sont toutefois inquiets face au nombre d’étudiants en formation qui ont des difficultés à trouver un contrat de professionnalisation. Ils sont paniqués car ils doivent signer avec une entreprise avant fin novembre. A défaut, ils devront soit quitter leur école en décembre, soit payer les frais de leur scolarité, s’indigne Antonia Hodeau, adhérente Manor. Afat Voyages a pu en rassurer quelques-uns grâce à ses deux cessions de formation (avec un contrat de professionnalisation à la clé), proposées en partenariat avec les agences du réseau. Les professionnels ont également été submergés de demandes de stages.

Du rêve à la réalité

Mais le principal souci lors de ces rencontres émane des postes visés par les demandeurs d’emploi, peu enclins à passer derrière le comptoir. Les étudiants se font une fausse idée de ce que vont être leurs premières années dans le métier. Ils imaginent qu’ils vont rapidement occuper des postes à responsabilité, alors que la réservation constitue la première étape. On leur apprend à construire des forfaits à l’école, et ils veulent tous travailler dans la production, déplore Christelle Lehiress, responsable des opérations chez Lastminute. Des formations trop théoriques sont également pointées du doigt. Les étudiants rêvent, complète Béatrice Velez et Lynda Bouda, chefs d’agence chez Wasteels. Il faut commencer par le comptoir pour devenir un bon producteur.

Elles n’ont d’ailleurs pas hésité à rappeler aux candidats quelques vérités : le salaire qui ne dépasse pas le Smic pour un débutant, les voyages moins nombreux qu’auparavant, la patience qui doit être à toute épreuve, la connaissance des produits et des destinations qui doit être excellente… On trouve peu de jeunes passionnés, qui aiment voyager et le contact avec le client. Ceux qui ont ce profil viennent souvent d’autres secteurs d’activité.

Lydie Sorel, chef du bureau des politiques de l’emploi et de la formation au ministère du Tourisme, a constaté d’un côté une spécialisation des compétences en fonction de niches et, de l’autre, un appauvrissement des diplômes requis pour exercer certains métiers. Ainsi, pour travailler dans un centre d’appels, le niveau Bac est désormais suffisant.

Et maintenant, au travail !

Après les montagnes de CV déposées lundi dernier, les entreprises vont maintenant éplucher les profils pour dénicher la perle rare. Entièrement supporté par l’APS, ce rendez-vous devrait être reconduit l’an prochain et pourrait bénéficier de crédits du ministère du Tourisme, surpris par son succès. En attendant, l’APS souhaite aller plus loin et créer un observatoire de l’emploi (avec l’ANPE Tourisme, les écoles et les DRH de grandes entreprises), pour analyser les problèmes d’adéquation entre l’offre et la demande.

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