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Hôtellerie française : Paris a porté la croissance en 2012

L'activité hôtelière en France a résisté l’an dernier, avec un RevPAR en progression de 1,8% au global, selon le bilan annuel du cabinet MKG publié hier. Mais cette croissance a été soutenue par la hausse des prix et surtout les performances de la capitale, qui manque plus que jamais de capacités.

Difficile d’être pleinement satisfait des résultats de l’hôtellerie française en 2012. Certes, d’après le bilan présenté mercredi 30 janvier par le cabinet MKG et portant sur les établissements de chaînes intégrées, le RevPAR (revenu par chambre disponible) des établissements métropolitains a globalement progressé de 1,8% par rapport à 2011, "soit un chiffre conforme à nos prévisions de début d’année", estime Vanguelis Panayotis, directeur du développement du groupe.

Mais plusieurs éléments tempèrent clairement l’enthousiasme. D’abord, cette progression a exclusivement été tirée par l’augmentation des prix moyens (+3,8%), alors que le taux d'occupation a au contraire reculé de 1,3 point, à 65,4%. "On reste encore loin des niveaux de demande des années fastes", estime Vanguelis Panayotis, citant en référence le pic de 2007, à 69,5% de taux d’occupation.

Ensuite, la surperformance de Paris tire artificiellement les résultats vers le haut : les prix moyens et le RevPAR y ont augmenté de 6,6%, tandis que le taux d’occupation est resté stable, à 82%. Une performance "à la fois belle et inquiétante car Paris est en sous-capacité et perd des clients et des congrès", prévient Georges Panayotis, le PDG de MKG. D’après lui, ces scores parisiens indiquent en effet que les établissements de la capitale sont pleins en semaine, soit environ 250 jours par an.

L'hôtellerie de province en souffrance

"Compte tenu des prix de l'immobilier, les seuls hôtels que l'on peut ouvrir à Paris sont des palaces, à 2 millions d’euros la chambre, poursuit-il. Et ces nouveaux palaces, avec leurs 80 chambres en moyenne, ne suffisent pas à combler les destructions d’hôtels, dont certains de grande taille. Pendant que Londres construit, Paris détruit des capacités".

A l’inverse, l’hôtellerie de province a souffert l’an dernier : la hausse des prix moyens (+1,9%) n’a pas suffi à compenser la baisse du taux d’occupation (-1,7%), conduisant à un recul du RevPAR de 0,9%. Ces établissements sont "plus dépendants de la clientèle nationale, qui subit l'érosion de son pouvoir d'achat", explique Georges Panayotis. Conséquence : les fermetures d’hôtels, principalement des indépendants, sont restées plus nombreuses que les ouvertures l’an dernier, conduisant à une réduction globale de l’offre de chambres sur le territoire métropolitain, ce qui était déjà le cas l'an dernier. Mais "je prévois une reprise des constructions à partir de l’an prochain", veut croire le PDG de MKG.

Le cabinet note par ailleurs une "surperformance" des grandes agglomérations (Lyon, Marseille, Nice, Toulouse, Lille), où se développe notamment l’offre des résidences hôtelières. Sur l’ensemble du territoire national, ces dernières ont vu leur RevPAR progresser de 6,5%.

11 400 hôtels ont adopté le nouveau classement

Par gamme, ce sont les établissements les plus étoilés, privilégiés par la clientèle internationale, qui s’en sortent le mieux, avec des hausses de RevPAR de 2% pour le moyen de gamme (3*) et de 2,7% sur le haut de gamme (4* et 5*). Les prix moyens sont en revanche en hausse à tous les étages (entre 2,6% et 3,8% selon les gammes), "ce qui est reste sage compte tenu des investissements engagés par les hôteliers ces dernières années, notamment pour adopter le nouveau classement", note Georges Panayotis.

A ce sujet, MKG recense, au 1er janvier 2013, 11 400 hôtels ayant adopté le nouveau classement (sur les 17 500 concernés par la réforme), contre seulement 2 500 l'an dernier à la même date. La moitié de ces nouveaux classés ont opéré le basculement au cours du deuxième semestre 2012.

Pour 2013, le cabinet spécialisé prévoit une légère croissance, avec un RevPAR en France en hausse de 0,9% (prévision médiane) à 2,4% (prévision hate), soit mieux que le marché européen où l’évolution prévue est de -1% en version médiane et de +0,5% en version haute. La reprise sera "plus significative en Europe à partir de septembre 2013", prédit Georges Panayotis.

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