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Guillaume Linton (Asia) a testé la bulle de voyage de Phuket

Comment se déroule un voyage en Thaïlande ? Nous avons interrogé Guillaume Linton, qui revient d’une semaine de repérage à Phuket. L’occasion de décrypter le programme « sandbox » et son extension à trois autres sites balnéaires du sud de la Thaïlande.

L’Echo touristique : Dans quel cadre s’est déroulé votre voyage à Phuket ?

Guillaume Linton (PDG d’Asia) : J’ai participé au premier fam trip européen organisé en Thaïlande, un mois après la mise en place du projet « Phuket Sandbox » le 1er juillet. Nous étions un petit groupe de professionnels, journalistes et influenceurs emmenés par Prakit (Saiporn, directeur marketing de l’Office national du tourisme de la Thaïlande).

Le programme Sandbox, qui incarne la réouverture progressive du pays au tourisme international, est d’ailleurs étendu, alors que l’épidémie fait face à une nouvelle vague épidémique. Comment expliquer ce paradoxe ?

Guillaume Linton : Effectivement, vu la reprise épidémique notamment à Bangkok, les autorités auraient pu se dire « on stoppe le programme sandbox ». Mais sur place, il y a une nette dissociation entre ce qui se passe sur le continent – où la vaccination n’est pas suffisante – et dans les zones insulaires. Les îles du sud sont caractérisées par un très fort taux de vaccination de la population locale – entre 70% et 80% selon les sources officielles. En prévision de la réouverture de la destination, l’Office national du tourisme, TAT, a développé la certification Amazing Thailand Safety and Health Administration (SHA+). Tous les hôtels 4*, 5* et luxe de Phuket accueillant les voyageurs étrangers sont certifiés SHA+, ce qui signifie notamment que leurs salariés sont vaccinés. S’agissant de l’élargissement du programme sandbox, c’est un très bon signal envoyé aux opérateurs locaux et étrangers du tourisme, qui ont désormais intérêt à préparer la saison hiver.

Sandbox est avant tout un programme sanitaire. Phuket et Samui sont des bulles sanitaires, accessibles quand on montre patte blanche.

Concrètement, comment se traduit cette distinction entre Bangkok et les îles du sud ? Et comment évolue le tourisme sur place ?

Guillaume Linton : Jusqu’à la fin du mois de juin, les Thaïlandais constituaient l’unique clientèle touristique de la Thaïlande. La recrudescence des cas de Covid sur le continent, due au variant Delta, a incité les autorités thaïlandaises à stopper les vols domestiques. Les locaux ne peuvent donc plus voyager vers les îles par cette décision plutôt radicale – qu’il aurait sans doute été difficile de mettre en place en France. Les voyageurs européens, eux, doivent désormais passer par un aéroport autre que Bangkok, en prenant un vol international avec une compagnie européenne ou du Golfe. Les autorités contrôlent ainsi le trafic vers les îles, en mettant en place des bulles sanitaires permettant le retour des voyageurs internationaux, avec un processus médical très contrôlé dans les îles. Pour ma part, j’ai passé trois tests PCR : un avant le départ, puis deux sur place au prix unitaire de 75 euros – à l’arrivée et le sixième jour -. C’est donc le tout premier exemple de bulle sanitaire en Asie, que des pays voisins regardent avec intérêt.

En Thaïlande, les aides au secteur sont nettement moins importantes qu’en France. Les prestataires touristiques à Phuket ont-ils réussi à survivre et maintenir leur activité, après une crise de 18 mois ?

Guillaume Linton : Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la destination ne s’est jamais totalement arrêtée depuis le début de la crise en mars 2020. Comme en France, le premier réflexe des opérateurs touristiques a été de se replier sur le tourisme domestique, notamment avec les expatriés de Bangkok. Ce tourisme a permis de soutenir, en partie, les hôtels 4*, 5* et luxe. Par contre, de nombreux petits hôtels entrée-moyen de gamme, restaurants de plage, bars, échoppes ont souffert et arrêté d’opérer. D’ailleurs, le rôle des agences de voyages et des TO en ressort renforcé : les professionnels pourront communiquer à leurs clients un carnet de bonnes adresses, régulièrement mis à jour en fonction des réouvertures.  

Par conséquent, la destination est montée en gamme, elle se réinvente. Ce n’est plus une destination mass-market, ni la porte d’entrée de l’Asie pas chère. Elle est tournée vers les voyageurs européens et américains. Le tourisme régional lui, n’est pas reparti. Les Chinois, qui composaient son premier marché, n’ont toujours pas le droit de voyager à l’étranger.

 

Le temple Wat Chalong à Phuket… sans touristes. © Guillaume Linton

Concrètement, comment se déroule le voyage à Phuket ?

Guillaume Linton : La population locale est très souriante et heureuse de voir revenir les visiteurs étrangers. Mais la vie nocturne n’est pas repartie. Les hôtels sont redevenus le cœur du voyage. Le voyageur a l’obligation de rester les sept premières nuits dans un seul et même hôtel, et circule librement à Phuket qu’il ne doit pas quitter pendant cette période.

L’île de Phuket devient une destination à part entière et Prakit a eu a cœur de nous montrer qu’elle ne se résume pas à une destination balnéaire. Nous avons découvert le beau parc national de Khao Phra Thaeo pour faire une randonnée, le sanctuaire des éléphants que l’on réinsère progressivement dans la nature, l’ile de Coconut et son village de pêcheurs, la vieille ville de Phuket et ses quartiers sino-portugais … C’était donc un combiné balnéaire, nature et culture. Nous pouvons aussi désormais redécouvrir les pitons karstiques de la baie de Phang Nga lors d’une journée de croisière sur une jonque traditionnelle.

Le programme sandbox est officiellement étendu – avec quelques jours de retard -, comme nous l’avions déjà annoncé. En quelques mots, que faut-il retenir ?

Guillaume Linton : La Thaïlande confirme son choix d’ouverture partielle et graduelle au tourisme international. Les voyageurs vaccinés n’ont plus besoin de passer 14 jours à Phuket comme c’était le cas jusqu’au 15 août, mais seulement 7 jours. Et ils peuvent désormais faire des combinés dans le sud de la Thaïlande, soit 7 jours à Phuket puis 7 jours sur un autre site, sans se soumette à une quarantaine. Le voyage se déroule sans quarantaine ni couvre-feu. Après 14 jours, à condition de faire un test PCR négatif le 12e jour, les visiteurs ont accès à tout le reste de la Thaïlande, ce qui est idéal pour les séjours longs. 

Comment se présente la programmation d’Asia cet hiver ?

Guillaume Linton : Le voyage de repérage m’a rassuré. Le parcours voyageur est ultra balisé à l’arrivée à Phuket, avec un dispositif de tests PCR très fiables, des contrôles de température systématiques dans tous les lieux publics : hôtels, bars, restaurants, échoppes… C’est à mon sens un très bel exemple de mise en place d’une bulle sanitaire, permettant le redémarrage pérenne de l’activité touristique internationale, tout en préservant la population locale d’un éventuel risque de contamination. Nous allons donc pousser la Thaïlande et prioriser Phuket en expliquant que l’île n’est pas que balnéaire et peut se visiter toute l’année. Que l’essentiel des formalités se déroulent simplement, en ligne. Les prix restent attractifs, les taux de remplissage des hôtels que nous avons constatés étant souvent entre 20% et 40%. Bien sûr, il faut ajouter au moins 150 euros de tests PCR sur place.

Et ailleurs en Asie, sachant que le Sri Lanka vient de passer du rouge à l’orange sur la carte établie par le gouvernement français ?

Guillaume Linton : Nous aimerions bien positionner le Sri Lanka en balnéaire cet hiver, ce qui passera sans doute par une mission sur zone préalable pour valider nos choix hôteliers. Nous avons rouvert pour les personnes vaccinées la Jordanie, l’Ouzbékistan, l’Arménie, la Géorgie, mais aussi la Tanzanie et Zanzibar. Tout cela s’inscrit dans un contexte de fin de saison pour l’Europe et de situation très compliquée dans les Dom-Tom. Les options long-courriers pour les agences sont en nombre limité sur la prochaine saison, d’où encore une fois l’intérêt de la Thaïlande. Pour trouver des soleils d’hiver, les agences auront le choix entre l’Océan indien – nous espérons la réouverture de l’île Maurice sans quarantaine à compter d’octobre – le sud de la Thaïlande et le Sri Lanka.

 

Le programme Sandbox s’ouvre à Krabi (Ko Phi Phi, Ko Ngai et Railay), Phang-Nga (Khao Lak, Ko Yao Noi et Ko Yao Yai) et Surat Thani (Ko Samui, Ko Phangan et Ko Tao). Source : TAT.

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