Guerre au Moyen-Orient : le point sur le trafic aérien le 7 avril
Cinq semaines après le début du conflit, la reprise du trafic aérien reste partielle à l’échelle du Moyen-Orient. Nous faisons ici un nouveau point de situation.
Depuis le déclenchement le 28 février des hostilités impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis, le transport aérien dans la région fonctionne encore au ralenti. Si les annulations massives observées au départ se sont atténuées, l’offre demeure toujours nettement inférieure à son niveau d’avant-crise.
Des niveaux d’activité très contrastés selon les compagnies
Selon l’index spécifique mis en place par Flightradar24 (GARI), arrêté au 06 avril, Emirates assure actuellement 351 vols quotidiens, contre 327 la semaine dernière, et 517 avant le début du conflit.
La compagnie de Dubaï opère actuellement un programme réduit de vols, comprenant notamment des vols vers et depuis la France, a-t-elle indiqué dans un communiqué. Elle dessert Paris avec deux rotations quotidiennes, Nice avec cinq rotations hebdomadaires et Lyon avec trois rotations hebdomadaires.
Air France maintient la suspension de ses vols
À Abou Dhabi, Etihad Airways exploite un programme plus restreint, mais notable. La compagnie opère actuellement 214 vols par jour, contre 319 en période normale, ce qui correspond à un taux de reprise de 67,1%.
Concernant Qatar Airways, la compagnie assure 188 vols quotidiens (140 la semaine dernière), contre 588 avant le déclenchement de la guerre. Cela représente un taux de reprise de 32%, soit un peu moins d’un vol sur trois.
De son côté, Air France maintient la suspension de ses vols de et vers Dubaï et Riyadh jusqu’au 19 avril 2026 inclus (soit jusqu’au 20 avril 2026, pour les vols au départ de Dubai), et de et vers Tel Aviv et Beyrouth jusqu’au 19 avril 2026 inclus.
Le prix du kérosène pèse sur les opérations
La contrainte logistique s’accompagne d’un impact économique immédiat. La fermeture du détroit d’Ormuz entraîne une hausse du prix du kérosène, ce qui pèse directement sur la rentabilité des liaisons encore assurées. Et génère une hausse globale des tarifs aériens.
« Les hausses des prix des billets se généralisent et elles sont inévitables », a d’ailleurs rappelé ce mardi 7 avril Pascal de Izaguirre, président de la Fnam, lors d’un entretien à La Tribune. Selon lui, cette pénurie de kérosène « pourrait se tendre dans les prochaines semaines. » Le prix de la tonne de carburant est passé de 750 dollars avant le conflit, à 1 900 dollars début avril. « La part du carburant dans les coûts d’exploitation des compagnies aériennes est ainsi passée de 25 à 45% ».
Vers des ajustements de capacités et des annulations
« Aujourd’hui, si une compagnie aérienne constate qu’un vol dans un futur assez proche aura un coefficient de remplissage trop faible, et qu’il risque d’être lourdement déficitaire, alors elle peut préférer l’annuler », alerte le PDG de Corsair.
Autre facteur de surcoût, l’interdiction de survol de certaines zones, qui allonge les trajets et augmente mécaniquement la consommation de carburant. Pascal de Izaguirre pointe également un écart croissant entre le prix du pétrole brut et celui du kérosène, qu’il attribue en partie à des phénomènes spéculatifs. « Nous avons alerté le gouvernement afin de faire la transparence sur la situation », a-t-il indiqué.
AirAsia augmente ses prix et réduit la voilure
Dernière illustration en date, AirAsia a annoncé une hausse de ses prix pouvant atteindre 40%, ainsi qu’une réduction de certaines liaisons pour absorber le choc. Environ 10% des vols ont déjà été supprimés. La compagnie malaisienne ajuste son réseau en privilégiant les routes permettant de compenser les surcharges carburant, tout en maintenant une demande jugée solide. Les tarifs ont augmenté de 31 à 40%, tandis que les surcharges carburant ont progressé de 20%, selon sa directrice commerciale Amanda Woo.
Dans le même temps, les compagnies taïwanaises China Airlines et Eva Air ont fortement relevé leurs surcharges, tandis que plusieurs transporteurs chinois, dont Air China et China Southern, appliquent également des hausses sur leurs vols domestiques.