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Fram change de barreur dans le gros temps

Antoine Cachin quitte la présidence du directoire du groupe. Son successeur, désigné le 16 décembre, devra composer avec un contexte compliqué.

C’est la vie des entreprises. Des dirigeants s’en vont, des dirigeants s’en viennent. Le rythme s’accélère néanmoins ces derniers temps. Après Denis Wathier qui a quitté le mois dernier la présidence du directoire de Thomas Cook France, c’est au tour d’Antoine Cachin de laisser ce même poste chez Fram. Le premier a sans aucun doute été sanctionné par son actionnaire, un groupe international coté en bourse, faute de résultats satisfaisants quand le second est candidat au départ volontaire d’une entreprise familiale et encore indépendante. « Il n’y a jamais eu divergence entre nous. C’est un ami et un excellent collaborateur » confirme Georges Colson président du conseil de surveillance de Fram. « C’est une décision mûrie et en pleine concertation avec Georges Colson, que j’ai prévenu il y a déjà plusieurs mois et qui a donc eu le temps de trouver mon successeur », précise Antoine Cachin qui occupait la direction opérationnelle du groupe depuis décembre 2006 et a notamment mené à bien le rachat de Plein Vent et le lancement des Framissima Nature. « Nos rapports sont harmonieux. Je n’aurais d’ailleurs jamais pensé rester aussi longtemps ».

LA FEUILLE DE ROUTE SERA COMPLIQUÉE

Il n’empêche que la pression économique a dû peser aussi sur cette décision. Fram, comme le reste du secteur, accuse le coup d’une crise la plus douloureuse que le tourisme ait traversé. Après une perte nette de 13,8 Me en 2010 largement pénalisé par le nuage de cendres, le groupe sera encore déficitaire en 2011 touché de plein fouet par les Printemps arabes. « La Tunisie, l’Égypte, le Maroc et la Jordanie représentaient 44 % de notre chiffre d’affaires en 2010 » rappelait Antoine Cachin il y a quelques semaines. C’est dire que l’activité du TO, qui devrait passer sous la barre des 400 000 clients cette année, est au ralenti depuis plusieurs mois. Au point d’imposer une restructuration, voire un plan social sur lequel Georges Colson n’aurait pas suivi Antoine Cachin ? En tout cas, celui qui reprendra la barre le 16 décembre prochain, à l’issue du prochain conseil de surveillance, devra composer avec une feuille de route compliquée, quitte à être un peu moins consensuel que dans la tradition de l’entreprise. « On est en train de prendre des coups de tabac de tous les côtés », convient Georges Colson. « Il ne faut surtout pas se mettre au port, parce que cela finirait par impliquer de se séparer de l’équipage, puis de voir le bateau pourrir. Mais ce n’est pas à moi de décider », botte-t-il en touche. Il ajoute néanmoins : « Le nouveau devra aller vite. Dans la situation actuelle, il faut soit trouver des clients, soit réduire les coûts » en réaffirmant « qu’aucun processus de cession n’est en cours ».

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