Droit à l’oubli : quel impact pour le secteur du voyage
Les Européens peuvent demander la suppression de résultats de recherche les concernant sur Google. Les conséquences, difficiles à mesurer, concernent notamment les sites d’avis.
Par décision du 13 mai 2014, la Cour de justice de l’Union européenne a imposé à Google de gérer les demandes des internautes qui souhaitent faire disparaître certains liens les concernant dans le moteur de recherche, au nom du droit à l’oubli. Le géant américain a lancé le 30 mai un formulaire ad hoc, qui a connu un vrai raz-de-marée. Le cadre d’application de la décision et la manière dont Google traitera les demandes restent pourtant flous pour le moment.
La société spécialisée en e-réputation, Réputation VIP, rappelle que la Cour de justice a limité le champ d’application de sa décision aux personnes physiques. Autrement dit, une société ne peut pas demander le droit à l’oubli. « Les entreprises devraient être touchées à la marge seulement », estime Bertrand Girin, PDG de Réputation VIP. Dans quels cas de figure ? Si des avis de consommateurs visent des employés, comme le personnel d’un hôtel par exemple, leur déréférencement pourrait être demandé. « Des commentaires peuvent de fait porter atteinte à des personnes et à leur e-réputation », indique Bertrand Girin.
Interrogé à ce sujet, le site américain d’avis TripAdvisor s’est montré peu disert : « Nous examinons les détails de l’arrêt et n’avons pas d’autre commentaire supplémentaire à ajouter à ce stade ». Jean-Pierre Nadir, fondateur du site Easyvoyage, s’exprime plus librement : « Régulièrement, des internautes nous demandent de retirer des avis publiés sur Easyvoyage, et nous le faisons. Le droit à l’oubli, c’est un droit fondamental, la moindre des libertés. Nous avons tous le droit de changer d’avis ». Jean-Pierre Nadir regrette que la décision européenne prive, in fine, la Toile d’un débat éthique sur cette question.
Des publications privées par défaut sur Facebook
Les grandes entreprises du Net sentent monter la pression de l’opinion et des instances vis-à-vis de la protection des données personnelles. Facebook a ainsi revu sa copie, comme pour calmer le jeu. Ainsi, les publications seront bientôt privées par défaut. Longtemps pointé du doigt en matière de gestion de la vie privée de ses utilisateurs, le réseau social a récemment annoncé que les nouveaux inscrits bénéficieraient d’une protection supplémentaire, puisque leurs statuts seront en effet réglés sur le paramètre de confidentialité « amis », et non pas « public ». Pour certains observateurs, cette décision est un coup d’épée dans l’eau, puisque Facebook a déjà des parts de marché plus que significatives (1,2 milliard d’utilisateurs).
« Le 30 mai, Google a lancé un formulaire en ligne censé permettre d’effacer ses traces sur le web. Plus de 41 000 internautes avaient déjà envoyé leur requête le 4 juin. »
