Colombie : cette région qui mise sur sa biodiversité pour attirer les voyageurs
Des centaines d’espèces d’oiseaux, des arbres gigantesques et des fleurs aux mille couleurs : la Colombie protège et promeut son patrimoine naturel foisonnant, argument touristique majeur.
Au cœur de la Colombie, et plus précisément dans le département du Risaralda, ce ne sont pas Shakira, le cyclisme ou la salsa qui font la fierté des habitants. Mais plutôt les chants des quelque 850 espèces d’oiseaux recensées dans la région. 310 d’entre elles sont même spécialement installées à Pereira, capitale du département situé dans le centre-ouest du pays, qui abrite 44% des oiseaux du pays. Au global, la Colombie sert de refuge à 20% des espèces mondiales de volatiles.
Il n’est pas étonnant de voir tous ces oiseaux aux sonorités musicales s’épanouir en Colombie. Coincé entre les Caraïbes et le Pacifique, dessiné par un relief marqué (de 0 à plus de 5700 mètres d’altitude), le pays dispose d’une configuration naturelle qui lui permet d’être classé troisième pays le plus « mégadivers » au monde par l’ONG Conservation International, après le Brésil et l’Indonésie. Les deux tiers du vaste territoire colombien sont d’ailleurs vierges de toute présence et installation humaines.
Des forêts qui repoussent en 30 ans
La Colombie prend soin de ce patrimoine foisonnant. Au compte-goutte, le gouvernement rachète des terrains à des agriculteurs, notamment des éleveurs de vaches, une activité ayant un impact significatif sur l’environnement local. C’est ce qu’il s’est passé dans la réserve de Yarumo Blanco, du nom de cet arbre aux feuilles argentées emblématique des forêts tropicales d’Amérique, à la fin des années 80.

À l’époque, ce terrain, qui a depuis intégré le parc national naturel de los Nevados, était le royaume paisible de ruminantes. Quand l’État rachète l’endroit à son propriétaire, il y replante une forêt de bambous et autres essences locales. En une quarantaine d’années, la jungle reprend ses droits. Les arbres dépassent allègrement les 20 mètres de haut, et la faune, notamment une espèce de singe hurleur d’Amérique (Alouatta seniculus), est revenue s’installer.
Créer une nouvelle image touristique
Terrain de jeu des scientifiques mandatés par l’agence des parcs nationaux, le lieu accueille aussi des touristes.
Depuis 2022, l’État s’est toutefois désengagé de cette activité pour la confier à l’association Yarumo Blanco. Composée d’une vingtaine de membres, elle guide aujourd’hui les touristes jusqu’à la cascada de los frailes, qui culmine à 70 mètres de haut. Une randonnée facile et idéale pour découvrir les spécialités naturelles de ce coin méconnu de la Colombie. Et comprendre, en quelques heures, comment le pays capitalise sur sa biodiversité pour attirer des voyageurs.
En 2025, le pays a accueilli plus de 6,4 millions de touristes internationaux, dont 92 884 Français.