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RER B, l’arme de destruction massive du tourisme francilien

Pour la deuxième fois en trois jours, la liaison ferroviaire entre l’aéroport de Roissy et Paris a été interrompue ce mercredi en raison d’un incident. Tant pis pour les touristes.

La coupe est pleine. La mienne d’abord, parce que le RER B, cette ligne de train qui traverse l’Ile de France du nord au sud en desservant l’aéroport de Roissy-CDG et indirectement celui d’Orly, ce moyen de transport que j’ai fini par haïr, je l’emprunte depuis plus de trois ans tous les matins et tous les soirs pour rejoindre nos bureaux de la Croix de Berny (c’est pourtant un si joli nom…).

J’ai d’abord appris à supporter ses caprices, ses impuissances et ses pannes, et à savourer les explications improbables fournies par le duo RATP/SNCF (le "manque de conducteurs" et les "feuilles mortes sur les voies" étant de loin les plus pitoyables). Mais la situation s’est sensiblement corsée au cours des derniers mois.

28 incidents en deux mois

A l'automne, pour tromper l’ennui pendant les temps d’attente sur des quais bondés, j’ai tenu à jour un relevé des incidents au cours de mes trajets : 28 en deux mois, du 7 octobre au 9 décembre. Tout y est passé, de l’"accident grave de voyageur" (suicide en langage de cheminot), au mouvement social, en passant par l’acte de malveillance, l’étonnant "rail endommagé", le frein de secours, le signal d’alarme, le voyageur malade, la "mesure de sécurité", transformée en "colis suspect" dans sa version terroriste, et bien sûr la célèbre "panne de signalisation" et sa non moins célèbre cousine la "rupture de caténaire", parfois résumées en "incident électrique" ou "problème d’alimentation". Vous en voulez encore ? Allez jeter un coup d’oeil sur le compte Twitter de la ligne

Rentré de la trêve des confiseurs le ventre plein mais l’esprit allégé, j’abordai ce mois de janvier plein d’espoir. En 2014, toi aussi, petit train, j’en suis sûr, tu avais décidé de repartir sur de bons rails. Que nenni ! Voilà le RER B revenu plus débile que jamais. Après une première semaine de janvier dantesque (trois incidents au cœur de Paris en pleines heures de pointe), la seconde a commencé à peine mieux.

Pas un message en anglais

Ce mercredi, c’est la panne de caténaire de trop. Trafic suspendu entre Paris et Roissy pendant presque toute la journée. Et cette fois, je pense surtout aux touristes qui nous visitent. Ceux grâce auxquels on se gonfle d’orgueil à l’idée que notre capitâââle reçoit près de 30 millions de visiteurs par an, dont plus de la moitié sont étrangers. Sur les quais et dans les rames, les messages d’information défilent en grésillant. Mais pas un seul en anglais, en espagnol, en italien, en allemand, en chinois… Rien. Le néant linguistique, l’antithèse de l’accueil.

Je pense aussi à ces touristes débarqués deux jours plus tôt, lundi 13. Ce jour là, l’aéroport Charles-de-Gaulle (plus de 60 millions de passagers par an, septième plate-forme mondiale, faut-il le rappeler) avait déjà été privé de desserte RER pendant une partie de la matinée. Heureusement, il y a le bus ! Euh… Non, monsieur, c'est la grève des taxis : opération escargot aux portes de Paris, les cars sont pris d’assaut, et les VTC (voitures de tourisme avec chauffeurs) caillassées et attaquées sur l’autoroute par des taxis que la colère a manifestement rendu fous.

Et bien moi, chers amis de la SNCF, de la RATP et des compagnies de taxis : ce que j’ai fait, lundi soir, c’est ouvrir un compte chez l’une de ces sociétés de VTC tant décriées, pour pouvoir dorénavant me passer de vos services en allant à l’aéroport. Mais si j’avais été un touriste étranger, n’aurais je pas juste eu envie de remonter dans l’avion ?