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Paris se livre aux touristes

A travers la journée du tourisme, l’Office du tourisme et des congrès de Paris entendait sensibiliser les habitants à l’accueil, qui reste le point faible de la capitale. Elle doit aussi lutter contre son image de destination chère…

La pluie a un peu gâché la fête mais le symbole reste fort ! Le 9 juillet, sur le parvis du Trocadéro, face à la tour Eiffel (le monument payant le plus visité au monde), le maire de Paris Bertrand Delanoë a inauguré la première Journée du tourisme. Au travers d’animations, de randonnées gratuites, d’affiches et dépliants, mais surtout de la présence en nombre d’ambassadeurs de l’accueil sur les sites touristiques de la capitale, l’Office du tourisme et des congrès de Paris (OTCP) a voulu célébrer ses visiteurs et favoriser les échanges avec les Parisiens. Les adhérents de l’OTCP et certains partenaires (comme la RATP) étaient associés à cette opération, qui devrait être reconduite chaque année. L’objectif est de sensibiliser les Parisiens à l’importance du tourisme sur le plan économique, explique Paul Roll, directeur de l’OTCP. L’opération, qui repose davantage sur la spontanéité que sur de gros événements coûteux, vise à améliorer l’image de la capitale en matière d’accueil.

Troisième secteur d’activité

Car cet élément demeure le point noir de l’image de Paris dont le territoire, vu de l’étranger, va de Chantilly à Vaux-le-Vicomte, de Versailles à Disneyland Paris. Dans une enquête de perception réalisée par Global Market Insite (14 000 personnes interrogées dans le monde) sur 60 villes, la capitale pointe à la 52e place, alors qu’elle occupe le premier rang pour la beauté de son patrimoine, le dynamisme (lié notamment à l’impact d’opérations médiatiques et populaires comme la Nuit Blanche, Paris Plage, la Chasse au Trésor…), malgré la concurrence de Londres ou Barcelone sur ce point, et l’attrait pour un court séjour. Paris est par ailleurs encore plus mal classée dès lors que l’on évoque les prix (55e).

L’OTCP entend battre en brèche ces a priori. L’enjeu est crucial : le tourisme est le troisième secteur d’activité de la capitale, avec 12,8 % des emplois (147 000 personnes, dont 81 000 dans la restauration et 34 000 dans l’hôtellerie), derrière les services (24,5 %) et le commerce (13,8 %). Sans compter qu’il rejaillit sur les autres secteurs avec, par exemple, un budget shopping très important chez les nouvelles clientèles touristiques, notamment les Russes et les Chinois.

Ces derniers dépensent peu pour l’hébergement (en résidant souvent à 20 ou 40 km du centre, dans des établissements 2 et 3b) et la restauration (50 E/jour en moyenne, contre 130 E pour les Américains et 144 E pour les Japonais) mais beaucoup voire à la folie pour les emplettes : 197 E/personne en moyenne, contre 80 E pour les Américains. Au nombre de 600 000 aujourd’hui (pour une durée moyenne de séjour de 1,5 jour !), les Chinois devraient représenter en 2020 la deuxième clientèle de la ville (2 millions de touristes), derrière les Américains (3,5 millions attendus). Il s’agit de les convaincre de rester plus longtemps dans leur marathon à travers l’Europe. L’accueil est donc essentiel.

Les Américains de retour

Après une perte de 750 000 visiteurs en provenance du pays de l’Oncle Sam entre 2001 et 2003, les Américains sont de retour dans la capitale, malgré un taux de change défavorable. L’accord de ciel ouvert en 2008 devrait accroître les arrivées en provenance des Etats-Unis, estime Paul Roll. Pour peu que la peur des attentats ne freine pas leurs envies de voyage. Heureusement, ce trou d’air a été compensé par les autres marchés, français et internationaux (européens notamment), avec une croissance importante des Espagnols. Les courts séjours se sont notamment développés ces dernières années, avec les compagnies à bas coûts et les offres tarifaires proposées par la SNCF, Thalys et Eurostar. Même si sur ce marché, la concurrence avec les autres métropoles à la mode est rude.

Résultat : les hôtels parisiens ont hébergé l’an dernier 16,3 millions de touristes, dont 9,7 millions d’étrangers. Mais Paris a accueilli au total 27 millions de touristes (dont 17 millions d’étrangers). Un record ! L’OTCP table sur 20 millions de visiteurs internationaux dans les hôtels en 2020 car, malgré la mauvaise note en matière d’accueil, Paris fait encore partie du fantasme des voyageurs, à l’instar de Londres et New York, et demain de Shanghai ou Bombay, assure Paul Roll. Heureusement, le taux de satisfaction global (mesuré régulièrement) demeure excellent, à 86 %. Et 97 % des touristes sondés ont l’intention de revenir un jour.

Moins chère qu’on ne le croit

L’OTCP entend aussi tailler en pièces l’image de destination chère. Et de mettre en avant la dernière étude de MKG Consulting, qui révèle que si le coût d’un séjour à Paris est plus élevé qu’à Madrid, Barcelone, Berlin, Budapest ou Francfort, il est toutefois inférieur à ses principales concurrentes que sont New York, Rome, Londres, Amsterdam ou Vienne. Paris possède une image de luxe, avec des tarifs à l’opposé. C’est un avantage, estime Paul Roll. Encore faut-il le faire savoir…

Pour autant, Paris devrait afficher des prix en hausse dans la prochaine enquête qui sera dévoilée en septembre. La faute à des taux d’occupation élevés (après 75 % en 2006, les prévisions des hôtels sont proches de 80 %), qui font grimper les tarifs. On constate aussi une montée en gamme des établissements intra muros, qui sont aujourd’hui majoritairement des 3/4b, contre 2/3b il y a quelques années. Du coup, les petits budgets sont repoussés au-delà du périphérique.

Le haut de gamme tend en outre à se développer, comblant il est vrai un manque en ce domaine, les chambres à plus de 500 E la nuit ne représentant que 2 % de la capacité hôtelière. Après le Fouquet’s Barrière sur les Champs-Elysées, sont attendus les hôtels Shangri-La en 2008 (118 chambres), Marriott Renaissance en 2009 (118), Mandarin Oriental en 2010 (150), tandis que le Bristol s’agrandira en fin d’année et que Jumeirah lorgne le Royal Monceau. Ces hôtels participent au rayonnement de Paris, chaque chaîne communiquant pour promouvoir son établissement et la destination, ajoute Paul Roll. Pour autant, il s’agit de ne pas négliger la clientèle de groupes, avec des établissements 3b de bon niveau. Tous les voyants sont donc au vert. Après une année touristique 2006 exceptionnelle, 2007 devrait battre à nouveau tous les records.

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