Simple comme un jeu d'enfants. Installée dans un canapé de velours du Welcome City Lab où sa start-up Family Twist est incubée depuis 2014, Magali Déchelette déroule tout sourire le parcours de sa jeune entreprise. Il faut dire que c'est une affaire qui tourne à toute allure et sans vaciller, à l'image de la toupie orange vif qui lui sert de logo. Dans un univers encore largement masculin, la startupeuse de 32 ans détonne. « Il y a sans doute des articles de presse que je n'aurais pas obtenus si j'avais été un homme, tout simplement parce que les journalistes recherchent des femmes entrepreneures et que ça ne court pas les rues », s'amuse-t-elle.
L'amusement, c'est un peu son cheval de bataille. Depuis 2012, elle confectionne des programmes sur mesure mêlant découverte et divertissement pour des familles anglophones en visite à Paris. « Nous sommes passés de 10 à 150 familles par an et nous en attendons 300 pour 2015 », détaille Magali Déchelette qui a étendu son service à Londres et aux châteaux de la Loire. Face à un tel succès, on s'interroge : « Est-elle maman, elle aussi ? Sont-ce ses propres bambins qui lui ont soufflé à l'oreille ce concept original ? ». Que nenni. L'idée lui vient d'une expérience en Chine où elle était en stage au sein d'une agence de voyages de luxe. La question est récurrente cependant, aussi la jeune femme a-t-elle préparé sa réponse: « Mon mari vendait des prisons à une époque et il n'était pas prisonnier ! ». Jamais dépourvue de répartie, l'entrepreneure a les épaules et un CV solides. « Ma famille travaille dans l'univers de la médecine et j'ai étudié au lycée de la Plaine de l'Ain, alors autant dire qu'HEC, ce n'était pas gagné d'avance ! ». C'est pourtant de cette grande école de commerce qu'elle sort diplômée après une spécialisation « entrepreneuriat ». Une éphémère entreprise de granulés de bois et cinq ans en conseil et stratégie chez Oliver Wyman plus tard, Magali Déchelette s'autorise un bref répit. « J'ai pris un congé sans solde, je me suis mariée et je me suis posée pour réfléchir à ce que je voulais faire », débite-t-elle.

