« Je vais contacter tous les hôtels des Antilles, sans exception »
Directeur général des finances, Alain Bodon a six mois pour dresser un diagnostic de l’hôtellerie antillaise et trouver les clés du redressement.
L’Écho touristique : Vous venez d’être chargé par le gouvernement d’une mission de médiation sur la situation financière des structures hôtelières en Guadeloupe et Martinique. Quel est votre plan d’action ?
Alain Bodon : Il faut que j’établisse un diagnostic pour voir où en est chaque établissement, quelles sont ses difficultés, les dispositifs d’aide dont il bénéficie, son business plan, ses objectifs de développement… Ensuite, il s’agira de déterminer, au cas par cas, les mesures à mettre en oeuvre.
Quels sont les hôtels concernés ?
Je vais prendre contact avec l’ensemble des structures hôtelières de Guadeloupe et de Martinique, y compris celles qui ne m’auront pas sollicité. J’ai prévu de passer beaucoup de temps sur place. Les situations sont variables d’une entreprise à l’autre : certaines ne rencontrent pas de difficulté, d’autres font déjà appel aux aides d’État, d’autres encore ne sont pas au courant des dispositifs qui existent. Dans tous les cas, il est exclu que les entreprises cherchent à bénéficier d’un soutien sans projet de développement économique solide.
Il est aussi exclu d’effacer leur dette sociale et fiscale ?
Cela a été fait par le passé, mais le gouvernement l’a refusé cette fois-ci. Un tiers des entreprises paient correctement leurs charges, il ne serait pas normal d’accepter que les autres en soient exemptées.
Quels leviers comptez-vous actionner pour permettre aux hôteliers de remonter la pente ?
Tout dépendra du diagnostic. Mais la législation, notamment par le biais de la Lodeom (Loi pour le développement économique de l’outremer) ou de la loi de finances 2011, a déjà créé de nombreux outils, des aides à la rénovation hôtelière, des exonérations de charges, des soutiens à la formation. Et s’il le faut, nous examinerons d’éventuels dispositifs législatifs complémentaires.
Mais les décrets d’application des textes déjà en vigueur n’ont toujours pas été publiés, en particulier ceux de la Lodeom, votée en mai 2009…
Ils vont être pris. La loi de finances 2011 a permis de proroger la Lodeom, mais elle n’est en vigueur que depuis le 1er janvier.
Les hôteliers se plaignent aussi de difficultés d’accès au crédit. Que comptez-vous faire ?
Il y a tout de même eu des opérations de restructuration l’an dernier, financées par l’emprunt bancaire. Mais s’il y a effectivement un problème avec les banques, je demanderai au médiateur du crédit d’entrer en action.
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