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Investissement touristique : ce que le Covid a changé

Pas de coup de frein brutal, ni d’emballement, mais des projets qui changent de nature : l’investissement touristique en France se porte bien, et s’adapte aux nouvelles attentes des vacanciers.

Sous l’impact de la crise, on aurait pu craindre une baisse du nombre de projets, il n’en est rien. D’après le baromètre publié par Ancoris pour le premier semestre 2021, le marché de l’investissement touristique se porte bien en France, avec 86 projets qualifiés sur les six premiers mois de l’année, contre 163 sur l’ensemble de l’année 2020 portés par Ancoris, spécialiste de la détection et du développement de projets d’implantations d’entreprises en France. Et les montants des investissements n’ont pas diminué.

Pour autant, il serait faux de dire que rien n’a changé. « La crise n’a pas eu d’impact sur la quantité des projets, et tant mieux, mais plutôt sur leur nature, commente Guillaume Gady, le directeur général d’Ancoris. Nous voyons émerger des projets autour de nouveaux concepts. Ce qui ressort dans les recherches des investisseurs touristiques, c’est la recherche de grands espaces : les porteurs de projets vont être en quête de biens avec des espaces verts, des plans d’eau, de la forêt…. Le tout dans une logique de déconnexion digitale et de reconnexion avec soi, sa famille, ses amis… »

Au premier semestre 2021, l’hôtellerie et l’hôtellerie de plein air représentent la moitié des projets au premier semestre 2021, soit 51 %. La baisse de 22 points de ces secteurs d’activité par rapport à l’année 2020 est due à la croissance des autres secteurs, analyse Ancoris. « Les gîtes et chambres d’hôtes constituent 31% des investissements touristiques, soit 18 points de plus qu’en 2020. Cette forte augmentation est directement corrélée à une évolution sociétale accentuée avec la crise sanitaire. En effet, les porteurs de projets de ce secteur sont majoritairement en reconversion dans le cadre de projets de vie ou familiaux et aspirent à une meilleure qualité de vie. » Le premier semestre 2021 marque aussi la croissance continue « des demandes concernant les biens de caractère (châteaux, manoirs, biens atypiques) : 10% des projets qualifiés contre 7% en 2020. « Ces projets répondent principalement à la problématique de reprise et restauration du patrimoine des territoires et permettent aux porteurs de projet de proposer des expériences différenciantes, voire innovantes », indique Ancoris.

Des projets de plus en plus diversifiés

Autre évolution : les projets se font de plus en plus hybrides. « De plus en plus de projets incluent des activités, avec une logique d’expérience, observe Guillaume Gady. C’est une tendance qui existait avant la crise sanitaire, mais on ressent que c’est une vraie recherche, et que ces projets fonctionnent. On a de moins en moins de porteurs de projets qui veulent faire de l’hébergement simple. Certains porteurs de projets, conscients de devoir mettre de la mixité dans leur projet d’investissement, vont aussi avoir tendance parfois à rogner sur la capacité d’hébergement pour mettre en place des services et des prestations additionnelles. C’est quelque chose qui est assez fort en termes de changement de paradigme”, souligne Guillaume Gady. Corollaire de cette tendance : en proposant une restauration locale, des activités, ces projets s’inscrivent de plus en plus dans le territoire qui les environne, en lien avec les populations.

En milieu urbain, les établissements alliant hébergement modernes et tiers-lieux ouverts à tous (salle de sport, espaces de coworking, food court, salles d’expo…) continue de se développer, tout comme les projets d’hébergements s’adressant aux nouvelles générations, type hostels.

La location-gérance en augmentation

La reprise d’équipement existant demeure le mode d’acquisition privilégié par les porteurs de projet au premier semestre 2021, à 71%, contre 20% pour la création de site, privilégiée surtout par les grands comptes du secteur. Mais phénomène nouveau, la location gérance est en augmentation. Elle passe ainsi de 6% en 2020 à 9% en 2021. « Ce mode d’acquisition était privilégié en 2020 par les « Newcomers » (53%), c’est-à-dire des porteurs de de projets majoritairement issus des professions intermédiaires, employés ou en fin de carrière professionnelle, n’ayant pas de connaissance du marché du tourisme et peu d’apport.

Au 1er semestre 2021, les « Insiders » (63%) plébiscitent la location-gérance, il s’agit de salariés du secteur touristique souhaitant gérer leur propre établissement et entreprendre après plusieurs années dans le milieu professionnel, détaille Ancoris.

Même si ce cas de figure existe, les porteurs de projets ne se lancent pas sur un coup de tête, par envie de tout plaquer à cause de la crise sanitaire, relève également Guillaume Gady. « 22% des projets qu’on a détectés au premier semestre se sont déjà implantés, calcule-t-il. Donc plus d’un sur cinq. Nous sommes face à des projets qui sont hyper matures. Et ça c’est aussi un bon témoin de ce qui se passe actuellement. Nous avons affaire à des gens qui ont structuré leur projet et qui en plus ont les capacités d’investissement pour aller jusqu’au bout. »

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