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Eurotunnel envisage l’arrêt de MyFerryLink à la fin de l’année

Le PDG d’Eurotunnel a estimé ce mardi matin que la compagnie de ferries, dont les navires appartiennent à Eurotunnel, a peu de chances d’échapper à l’interdiction britannique d’opérer dans le port de Douvres.

Quelle stratégie se cache derrière les déclarations de Jacques Gounon, le PDG d’Eurotunnel ? Ce mardi matin, lors d’une conférence téléphonique à l'occasion des résultats semestriels du groupe, ce dernier a estimé que "l'hypothèse la plus vraisemblable pour la fin de l'année est que MyFerryLink soit arrêtée".

Selon lui, la compagnie de ferries, née sur les cendres de SeaFrance à l’été 2012 avec l’appui d’Eurotunnel (qui est propriétaire des navires exploités par MyFerryLink), a peu de chances de pouvoir continuer à desservir le port britannique de Douvres à partir du mois de décembre en raison d’une décision de l'autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA).

Un appel qui ne sera sans doute pas suspensif

Le 27 juin dernier, cette dernière a en effet indiqué qu’"Eurotunnel ne doit plus être autorisé à exploiter le service de MyFerryLink depuis Douvres", interdiction qui doit prendre effet à l’issue d’un préavis de six mois. L’autorité britannique estime qu’Eurotunnel, en chapeautant MyFerryLink, contrôle plus de la moitié du marché des liaisons transmanche (train et ferry) et pourrait donc augmenter les prix.

Jacques Gounon a indiqué attendre "sous quelques jours la notification de l'autorité britannique de la concurrence" concernant cette interdiction. "Nous allons faire appel, et demander que l'appel soit suspensif, mais nous avons peu de chances d'obtenir gain de cause", a-t-il estimé. MyFerryLink "a de bonnes chances de gagner" en appel, a-t-il ajouté, mais il est probable que la décision soit rendue après l'échéance de six mois : "l'activité risque de s'arrêter alors qu'on n'a pas encore les résultats de l'appel".

MyFerryLink a perdu 14 M€ au premier semestre 2014

En évoquant le scénario du pire, cette déclaration est-elle un moyen de mettre la pression sur le gouvernement français pour qu’un accord soit négocié en haut lieu avec le Royaume-Uni ? "Je pense que c'est un drame social, qui devrait occuper les services de l'Etat comme pour toute cessation d'activité", a en tout cas estimé Jacques Gounon.

Au contraire, l’interdiction britannique sert-elle plutôt de prétexte à Eurotunnel pour stopper l’activité de MyFerryLink, qui reste toujours déficitaire et pèse négativement sur les résultats du groupe ? Ce dernier a dévoilé mardi des chiffres de nouveau dans le rouge au premier semestre de l’exercice 2014, avec une perte nette d'ensemble de 11 millions d'euros, et une perte nette de MyFerryLink chiffrée à 14 millions.

Selon Eurotunnel, la compagnie deviendrait rentable en 2015

Le groupe relativise toutefois ces mauvais résultats, en rappelant que l'activité transmanche est traditionnellement bien meilleure au second semestre qu'au premier : en 2013, les six premiers mois s’étaient ainsi achevés sur une perte nette de 18 millions d’euros, mais Eurotunnel avait finalement réalisé en fin d'exercice un bénéfice net de 101 millions d'euros.

Autre signe positif : alors que le chiffre d’affaires de MyFerryLink continue de progresser (+30% au premier semestre 2014, à 39,1 M€), sa perte tend également à diminuer. Elle était de 19 millions d’euros au premier semestre 2013, et d’environ 22 millions sur l’ensemble de l’exercice. Au début de cette année, Jacques Gounon avait indiqué qu’elle pourrait être d’environ 15 M€ sur l’exercice 2014, avant un retour dans le vert en 2015.

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