Freiné à Roissy et Orly par le conflit au Moyen-Orient, le Groupe ADP prépare son plan stratégique 2030

Malgré le repli du trafic à Roissy et Orly, le Groupe ADP voit son chiffre d’affaires progresser de 1,4% sur neuf mois et prépare son plan 2030.

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Eglantine L’Haridon

Eglantine L’Haridon

23 octobre 20263 min de lecture

Groupe ADP : un trafic d'avril 2026 en repli, freiné par les tensions géopolitiques
Groupe ADP : un trafic d'avril 2026 en repli, freiné par les tensions géopolitiques© KIRAN RIDLEY

Sur les neuf premiers mois de l’année 2026, le Groupe ADP enregistre un chiffre d’affaires consolidé de 5 106 millions d’euros, en hausse de 1,4% sur un an (+69 millions d’euros). Cette progression est portée par ses activités internationales (+2,7%, à 1 675 millions d’euros), en particulier par sa filiale turque TAV Airports (+5,2%, à 1 461 millions d’euros), qui compensent le ralentissement observé dans les aéroports franciliens.

Entre janvier et septembre, Paris Aéroport a accueilli 80,9 millions de passagers, en baisse de 0,4% par rapport à la même période de 2025 (sur un total de 287,3 millions de voyageurs à l’échelle du groupe, en hausse de 0,1%). Dans le détail, Paris-Charles de Gaulle perd 0,2% (54,4 millions de passagers) et Paris-Orly recule de 0,9% (26,5 millions). Depuis mars, les plateformes parisiennes subissent les conséquences de la guerre au Moyen-Orient : malgré une reprise progressive des vols à partir de mai, le trafic avec cette région chute de 12,9% sur neuf mois. Plus largement, la hausse des prix du carburant, les réductions de capacités des compagnies aériennes et une demande moins soutenue pèsent sur les liaisons internationales hors Europe (-1,7%), notamment vers l’Amérique du Nord (-1,5%) et l’Amérique latine (-3,3%). À Orly, les travaux de la piste 4 lancés en août ont aussi réduit les programmes de vols, avec peu de reports vers Roissy.

Le trafic annuel attendu en baisse

Malgré cette baisse du trafic et le gel des redevances aéroportuaires appliqué en avril 2026 après deux refus d’homologation du régulateur , le chiffre d’affaires aéronautique à Paris progresse de 1,6%, à 1 666 millions d’euros. Il profite encore, au premier trimestre, de la hausse tarifaire d’avril 2025, ainsi que de l'augmentation de la redevance d’assistance aux personnes handicapées et à mobilité réduite (+15% au 1er avril 2026). À l’inverse, les activités commerciales dans les aéroports reculent de 3,6% (1 085 millions d’euros) : les ventes d’Extime Duty Free Paris baissent de 4,1% (605 millions d’euros) et la dépense par passager Extime diminue de 0,6% (31,1 euros).

Pour l’ensemble de l’année 2026, le Groupe ADP confirme prévoir une « légère décroissance » du trafic à Paris , contre une hausse d’environ 0,5% attendue initialement. Pour maintenir son excédent brut d’exploitation (EBITDA courant) dans le bas de sa fourchette cible, entre 2 300 et 2 350 millions d’euros, l'entreprise déploie un plan d’économies de 40 à 60 millions d’euros au second semestre (réduction de prestations sous-traitées dans l’accueil, le nettoyage et la maintenance, recrutements plus sélectifs, baisse des frais de conseil et de communication). Pour le début de l’année 2027, la direction indique par ailleurs manquer de visibilité sur les programmes des compagnies aériennes durant la basse saison face à des prix du carburant durablement élevés.

8 200 millions d’euros d’investissements en attente de validation à Paris

Le gestionnaire prépare en parallèle son prochain cycle d’investissement francilien. Après un accord trouvé fin juillet avec l’État sur son futur contrat de régulation économique (CRE) 2027-2034 , le groupe attend le feu vert de l’Autorité de régulation des transports (ART) à la mi-novembre, avant une signature d’ici la fin de l’année.

Ce contrat prévoit 8 200 millions d’euros (8,2 milliards) d’investissements sur huit ans à Paris, notamment pour construire de nouvelles portes d’embarquement à Roissy-Charles de Gaulle et décarboner les infrastructures, en échange d’une hausse annuelle des redevances plafonnée en moyenne à l’inflation plus 2,1 points.

Une fois adopté, ce contrat servira de base au nouveau plan stratégique du Groupe ADP pour la période 2027-2030. Attendue début 2027, cette feuille de route fixera les perspectives opérationnelles et financières de l’entreprise à compter de l’an prochain, et devra lui permettre de financer le développement de ses activités non régulées (commerces, immobilier) et de poursuivre une croissance ciblée à l’international. « Ce contrat constituera le socle du prochain plan stratégique et de la trajectoire financière du Groupe ADP à horizon 2030, que nous présenterons début 2027 », résume son PDG Philippe Pascal, qui entend ainsi fixer « un cap clair pour renforcer durablement la performance du groupe » dans un secteur « marqué par de profondes mutations ».

 

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