L'année 2026 devrait être celle d'un coup d'arrêt pour la croissance du trafic dans les aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Orly, touchés par la crise du coût des carburants.
L'estimation est venue jeudi de Groupe ADP, gestionnaire de ces deux aéroports qui ont vu à eux seuls passer près de 107 millions de passagers en 2025, soit la moitié – 51%, du total en France. Leur trafic devrait légèrement baisser cette année par rapport à 2025, a indiqué l'entreprise jeudi dans un communiqué, alors qu'elle tablait auparavant sur une hausse de 0,5%.
7,9% de baisse à Paris-Orly
Selon les données publiées par Groupe ADP, Paris Aéroport a accueilli 9,1 millions de passagers en septembre, en baisse de 1,6% sur un an. Sur les neuf premiers mois de l'année, le trafic atteint 80,9 millions de passagers, soit un recul de 0,4% par rapport à la même période de 2025. À l'échelle de l'ensemble du groupe, qui comprend notamment les activités de TAV Airports et de GMR Airports, le trafic de septembre a diminué de 0,2%, à 34 millions de passagers, tandis qu'il progresse de 0,1% sur neuf mois, à 287,3 millions.
Le trafic a progressé de 1,5% sur un an à Roissy-Charles-de-Gaulle, à 6,224 millions de passagers. Il a reculé en revanche de 7,9% à Orly, à 2,858 millions de passagers. Sur les neuf premiers mois de l'année, Paris-Charles-de-Gaulle affiche un recul limité de 0,2%, tandis que Paris-Orly accuse une baisse de 0,9%.
Hausse des prix du carburant
Cette révision à la baisse semblait inévitable après un été 2026 décevant. Le trafic total était descendu à 20,2 millions de passagers en juillet et août, contre 20,6 millions sur les deux mêmes mois de l'année précédente. 2026 serait ainsi la première année où ce trafic recule depuis 2020, année où la pandémie de Covid-19 avait fait chuter l'activité du transport aérien.
Cette fois, la perturbation a été d'une autre nature : « au mois de septembre, le trafic du groupe reste affecté par les effets de la hausse des prix des carburants, les ajustements de capacités des compagnies aériennes et par un environnement de demande moins favorable », a justifié le gestionnaire dans un communiqué.
Pour autant, l'entreprise maintient ses prévisions de résultats financiers pour l'exercice 2026. En juillet, elle avait indiqué tabler sur un excédent brut d'exploitation (EBITDA, un indicateur de rentabilité) hors éléments exceptionnels compris « dans une fourchette comprise entre 2,30 et 2,35 milliards d'euros », soit un niveau stable par rapport à 2025. ADP indique désormais que cet indicateur devrait être « dans le bas de la fourchette », donc légèrement moins bon qu'en 2025, lorsqu'il avait atteint 2,322 milliards d'euros.
Débat fiscal
Face au renchérissement des carburants, le secteur de l'aérien a passé les derniers mois à tenter de contenir ses autres coûts d'une part, et à plaider pour une fiscalité moins lourde d'autre part. Groupe ADP a fait jeudi une allusion à ce débat. « Il est précisé que ces perspectives ne tenaient pas compte des éventuels effets de mesures du projet de loi de finances pour 2027 sur les résultats annuels 2026 », écrit-il.
Le gouvernement souhaite alourdir l'an prochain la « taxe sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance » (TEITLD), qui pèse sur les bénéfices des exploitants d'autoroutes et d'aéroports. Le gestionnaire est très directement concerné. Selon des chiffres révélés par le Scara, une organisation professionnelle qui réunit neuf compagnies aériennes françaises, hors Air France, cette taxe avait déjà coûté à ce groupe 140 millions d'euros en 2025.