Puy du Fou

Groupe ADP : les compagnies aériennes valident d’une courte tête le plan de régulation

Réunies en commission économique consultative, les compagnies aériennes ont finalement approuvé le Contrat de régulation économique du groupe.

Nous suivre sur Google
Eglantine L’Haridon

Eglantine L’Haridon

9 septembre 20262 min de lecture

Groupe ADP : un trafic d'avril 2026 en repli, freiné par les tensions géopolitiques
Le projet de régulation prévoit la modernisation des plateformes de Paris-Orly et de Roissy-Charles de Gaulle.© KIRAN RIDLEY

C’est un avis consultatif seulement, mais qui pourrait être déterminant pour la suite du processus. Selon les informations rapportées par nos confrères des Echos, les compagnies aériennes ont validé, lundi 7 septembre, le projet de Contrat de régulation économique (CRE) du Groupe ADP.

18 millions de voyageurs supplémentaires

Sur les 19 membres appelés à voter dans le cadre de la Commission consultative économique (CoCoEco), le texte a recueilli huit voix pour, six contre et cinq abstentions. Ce scrutin valide ainsi le compromis conclu fin juillet entre l’État et le gestionnaires des plateformes parisiennes (Paris-Orly et Roissy-Charles de Gaulle), après de longs mois de discussions tendues.

Ce cadre pluriannuel prévoit 8,2 milliards d’euros d’investissements régulés sur huit ans. L’objectif : absorber jusqu’à 18 millions de voyageurs supplémentaires à l’horizon 2034, en privilégiant la modernisation et l’optimisation des terminaux existants. Le groupe a en effet écarté le projet d’un « Terminal 4 » à l’aéroport de Roissy, et mise sur des éléments comme la fluidité des contrôles aux frontières et la refonte des trieurs à bagages. Et pour financer ce chantier, les redevances des compagnies aériennes doivent bien augmenter. Une hausse moyenne originellement prévue à 2,6% au-dessus de l’inflation, finalement revue à la baisse et plafonnée à 2,1%.

Hub international

De quoi soulever l’opposition d’une partie des compagnies. Lors de la conclusion de l'accord de principe entre ADP et l’État, le Scara (Syndicat des compagnies aériennes autonomes) avait dénoncé la grille d’évolution des redevances, estimant qu’elle favoriserait principalement la stratégie de hub international de Roissy-CDG. L’organisation professionnelle jugeait la répartition des investissements inéquitable, alors que seulement 20% visaient le point-à-point, contre 40% pour le réseau de correspondances. Les compagnies contestataires s’inquiètent de voir ces hausses s’ajouter aux taxes sectorielles, qu’elles jugent déjà trop lourdes.

Mais une partie des compagnies, menées par Air France et les transporteurs traditionnels, ont finalement fait pencher la balance en la faveur du Groupe ADP, en soutenant un projet pensé pour protéger la compétitivité du hub parisien face aux aéroports d’Amsterdam, de Francfort ou de Londres.

La consultation des usagers étant close, le dossier entre dans sa dernière ligne droite. La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) doit maintenant saisir l'Autorité de régulation des transports (ART). Le gendarme du secteur rendra d'ici la fin de l'année un avis conforme, qui vérifiera la justification des coûts et le niveau de rentabilité accordé à l'exploitant. Si l'ART donne son feu vert, le CRE entrera formellement en application le 1er janvier 2027.

Sur la même thématique

Voir tout