Ces derniers mois, un nouveau chantier d'ampleur a occupé les équipes du Futuroscope. Le complexe poitevin inaugurera son quatrième hôtel en décembre 2027. Nom de code : Utopia, "mais il n'est pas définitif", insiste Olivier Héral, le directeur artistique du Futuroscope. Après Station Cosmos et son immersion spatiale, EcoLodgee et son ambiance beaucoup plus nature, le quatrième hôtel du parc plongera ses hôtes dans une sorte de cité rétro-futuriste à la localisation inconnue. "Ça n'est pas important de savoir si elle est située sur une autre planète ou dans une autre époque. Dans cette cité fantastique, les habitants vivent de façon autonome", pose Olivier Héral.
Derrière cette utopie cyberpunk dont les visuels rappellent forcément une saga cinématographique devenue culte à coups de sabre laser, on trouve la griffe de Thierry Rétif, décidément impliqué dans la quasi-totalité des projets hôteliers des parcs de loisirs français (Parc Astérix, Puy du Fou...). L'établissement comportera des espaces dédiés au MICE et un restaurant de 400 couverts accessible aux clients extérieurs. 80 millions d'euros ont été investis pour la construction de ce projet. L'ouverture de cet hôtel confirme aussi que le Futuroscope, qui a déjà renouvelé 60% de son offre depuis 2019, va entrer dans une nouvelle phase ambitieuse de croissance.
Les résultats du plan Vision 2025, qui prévoyait 300 millions d'euros d'investissements entre 2018 à 2025, plaident pour "accélérer", selon Rodolphe Bouin, le patron du Futuroscope. "Nous sommes passés de 90 à 160 millions d'euros de chiffre d'affaires, et notre fréquentation a progressé de 45%. Ces chiffres correspondent aux projections qu'on avait faites en 2018", assure Rodolphe Bouin. "L'objectif, c'était de changer le modèle économique, de transformer le Futuroscope en véritable destination. C'est réussi : 20% de nos visiteurs séjournent deux nuits", poursuit-il.
L'inauguration de deux hôtels, de nouvelles attractions et, bien sûr, de l'Aquascope, ont permis au complexe de franchir ce cap. Le nouvel hôtel sera d'ailleurs directement relié, via une passerelle, au parc aquatique, succès critique et public depuis son ouverture. "Nous aurions pu décider de ralentir la cadence. Mais nous avons choisi de renforcer cette stratégie", annonce Rodolphe Bouin. Le nouveau plan, encore mystérieux, sera moins généreux que Vision 2025. Mais il prévoit le retour des "investissements structurants" dès 2028, avec l'inauguration d'une montagne russe.
Cette année, le Futuroscope célèbrera ses 40 ans. Et la fête commence dès le 5 décembre prochain avec les "Nuits Magiques", qui permettront de découvrir le Futuroscope sous de nouvelles lumières (installations artistiques, etc...). Une parade viendra également accompagner les visiteurs jusqu'au spectacle nocturne, la Clé des Songes, qui sera revisité pour cet anniversaire. Le Futuroscope joue aussi la carte de la nostalgie en décorant sa Maison à l'envers de Minitel et autres objets puisés dans les années 80. Festival de cinéma, expo photo avec l'INA... : les célébrations du quarantième anniversaire du site poitevin seront l'un des événements structurants du secteur l'année prochaine.
Avec, en coulisses, l'objectif de "stabiliser" ce qui a été acquis avec Vision 2025. Car 2026, qui a été "une année pénible", selon Rodolphe Bouin, rappelle que les parcs de loisirs, comme les autres formes de voyages, sont sensibles aux aléas extérieurs (météo, économie, contexte géopolitique...). Le Futuroscope s'attend à faire "un peu moins", au niveau de la fréquentation, qu'en 2025, "qui est notre record en date", rappelle Rodolphe Bouin. Avec un motif de satisfaction majeur : la baisse porte sur les excursionnistes, tandis que les séjours n'ont pas diminué. De quoi valider la stratégie "resort" initiée il y a bientôt dix ans près de Poitiers.