Émeutes : l’Umih s’inquiète des annulations de séjours pour les fêtes de fin d’année

Sans en préciser le périmètre, Franck Chaumès, nouveau président de l’Umih, évoque un taux d’annulation de 30 à 40% dans l’hôtellerie.

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David Savary

David Savary

21 octobre 20262 min de lecture

Franck Chaumès Umih @DS
Valentin Prudon et Franck Chaumès, respectivement vice-président et président de l’Umih.© David Savary

Les violences du 17 octobre n’en finissent pas de susciter des inquiétudes chez les professionnels du tourisme. Alors que quelque 3 000 commerces ont été pillés ou vandalisés partout en France, le syndicat patronal a demandé à ses structures départementales de recenser les dégâts subis par les établissements des cafés, hôtels et restaurants (CHR). « J’ai reçu entre 300 et 400 réponses pour le moment, et ce n’est pas fini », indique Franck Chaumès, son nouveau président.

Au-delà des dommages matériels, les professionnels s’inquiètent des répercussions sur l’activité hôtelière. Franck Chaumès évoque un taux d’annulation de l’ordre de 30 à 40%. « Tous les hôteliers ont enregistré des annulations sur Paris », confirme Pascal Mousset, président du GHR Île-de-France, qui s’apprête à rejoindre l’Umih en qualité de syndicat associé. Des annulations sont également signalées à Bordeaux. « Pour les jours à venir, les semaines à venir, en particulier pour les fêtes de fin d’année », souligne Valentin Prudon, vice-président de l’Umih.

Les Américains ne prennent plus de billets d’avion

À Paris, les premiers effets se feraient déjà sentir sur les réservations internationales, notamment américaines. « Cela ralentit tout de suite. Les Américains ne prennent plus de billets d’avion », rapporte Pascal Mousset. Les voyageurs ayant déjà engagé des frais pour leur séjour tendent, en revanche, à maintenir leurs nuitées. « L’effet va se produire surtout pour les fêtes de fin d’année », prévient-il.

« Nos établissements ne sont pas des défouloirs »

Au-delà des annulations, l’Umih réclame un accompagnement des acteurs touchés par les violences. « Nos établissements ne sont pas des défouloirs », déclare Franck Chaumès. Estimant que la profession a été abandonnée par l’État, il assure que « l’Umih ne laissera aucun de ses 35 000 adhérents seul ».

L’Umih va accompagner les établissements sinistrés dans leurs démarches d’indemnisation et inciter les pouvoirs publics à soutenir les entreprises touchées. Franck Chaumès demande que les engagements annoncés par les assureurs se traduisent concrètement dans les indemnisations. Il plaide également pour la création d’un fonds de soutien destiné aux établissements qui ne seraient pas couverts par leur assurance. En effet, la garantie contre les émeutes et les attentats n’a pas toujours été souscrite. « Ce n’est pas un réflexe qu’on a », reconnaît-il.

Préserver l’image de la France

Pour le président du syndicat, l'une des réponses doit également passer par des actions visant à restaurer l’attractivité des centres-villes touchés. Il appelle les collectivités locales à communiquer pour inciter les visiteurs à revenir, citant notamment les initiatives engagées à Paris et en Île-de-France. L’enjeu est aussi de préserver l’image de la France auprès des clientèles internationales.

Enfin, Franck Chaumès met en garde contre toute tentation de représailles. Il indique avoir eu connaissance de commerçants ayant fait appel à des personnes pour protéger leurs boutiques. S’il reconnaît la nécessité de sécuriser les locaux et les salariés, il appelle chacun à ne pas se faire justice soi-même.

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