Strasbourg créera sa société aéroportuaire en mai
L’aéroport compte sur cette réforme de ses statuts pour enrayer une chute continue de trafic.
L’aéroport de Strasbourg, dont le trafic a baissé pour la quatrième année consécutive pour atteindre 1,06 million de passagers (- 4,4 %) en 2010, passera au mois de mai sous statut de société d’exploitation aéroportuaire, avec effet rétroactif au 1er janvier. Strasbourg sera le cinquième aéroport français à adopter cette réforme, prévue pour accompagner le retrait progressif des chambres de commerce et d’industrie.
CONFORTER LE STATUT INTERNATIONAL
À Strasbourg, ce nouveau mode de gouvernance intervient dans un contexte de crise : depuis juin 2007, la concurrence du TGV-Est a entraîné le report de la moitié du trafic, soit un million de passagers annuels, vers le rail. L’État, la chambre de commerce et les collectivités locales, futurs actionnaires de la société d’exploitation, entendent enrayer cette chute en développant le trafic charter. Celui-ci a déjà progressé de 50 % l’année dernière, à 72 000 passagers, profitant du redéploiement régional de Marmara. Mais il reste en deçà du niveau qu’il atteignait il y a dix ans. Les élus strasbourgeois souhaitent aussi conforter le statut international de la plate-forme, réduite à neuf lignes régulières, en invitant des compagnies à ouvrir ou relancer des dessertes vers Londres, Barcelone, Berlin, Rome, Varsovie et Budapest, toutes absentes des grilles horaires vers la capitale parlementaire européenne. Strasbourg souffre enfin de la concurrence de l’aéroport de Baden-Baden, situé à soixante kilomètres. Cette ancienne base militaire en Allemagne, reconvertie au trafic low cost et charter, draine une partie de la clientèle internationale alsacienne. « Le problème fondamental, ce sont les taxes, qui varient du simple au double », regrette Jean-Louis Hoerlé, président sortant de la chambre de commerce et d’industrie de Strasbourg.
