« Les femmes doivent oser »
À l'occasion des 10 ans de Femmes du Tourisme, dont elle est la présidente depuis 2009, Agnès Gascoin revient sur l'originalité et les perspectives d'une association qui se singularise par sa transversalité.
L'Écho touristique : Au lendemain de la Journée de la femme qui coïncidait avec la célébration des 10 ans de l'association, quel regard portez-vous sur la décennie écoulée ?
Agnès Gascoin : Femmes du Tourisme a été créée en 2005 par huit femmes dirigeantes. Nous sommes, aujourd'hui, 102 oeuvrant dans 20 secteurs d'activité. Il y a parmi nous tous les profils : des femmes qui exercent des fonctions d'encadrement et de direction dans des PME ou des grandes entreprises, dans le tour-operating, l'hôtellerie, les transports, l'institutionnel, des entrepreneures, des élues, certaines cumulant les fonctions. Nous avons atteint l'objectif qui était de réussir un regroupement dans un cadre transversal. Le tourisme l'est, nous nous devions d'être représentatives. Cela nous donne d'autant plus de légitimité. Et c'est unique dans la profession.
Rappelez-nous les objectifs de Femmes du Tourisme
Il s'agit de promouvoir la carrière des femmes dans l'ensemble des métiers du tourisme en encourageant l'accès à l'emploi dans les postes à responsabilité, en informant la jeune génération sur les métiers du tourisme et en favorisant les échanges entre les membres pour créer une dynamique. Nous visons aussi bien une reconnaissance qu'une prise de conscience des femmes elles-mêmes. Notre nouvelle signature est d'ailleurs explicite « engagées pour l'avenir ».
Quel message voulez-vous faire passer aux Femmes du Tourisme ?
Osons, il faut oser. Ayons de l'audace. Il faut continuer à se battre pour faire une place aux femmes dans les entreprises aux postes de responsabilité. Les choses avancent en ce sens, la croissance du nombre de nos adhérentes le prouve, mais au sommet, on trouve encore trop souvent et uniquement des hommes.
Quelles seront vos actions en 2015 ?
Nous allons poursuivre les échanges, les rencontres, nos traditionnels déjeuners-débats avec un invité extérieur mais aussi les « speed lunchs », initiés l'an dernier, pour favoriser le partage d'expériences entre nos membres et le « mentoring », les plus anciennes d'entre nous témoignant de leurs pratiques. Nous poursuivons aussi nos discussions avec le ministère du Tourisme pour une reconnaissance institutionnelle qui nous donnerait encore plus de poids. Notre nouveau site Internet présente par ailleurs une bourse de l'emploi en ligne qui va faciliter davantage le réseautage.
Où en est votre projet de baromètre ?
À l'instar du récent Baromètre CSA des femmes dans l'audiovisuel, nous souhaitons présenter un baromètre de l'emploi des femmes dans les métiers du tourisme. Nous pouvons faire remonter des données par nos adhérentes. C'est un gros chantier de collecte qu'on espère finaliser en 2016. Cela permettra de livrer enfin une photographie précise et objective de la place des femmes dans le secteur.
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