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La Turquie tente de sauver son été

Campagnes promotionnelles choc des TO et opérations de communication de l’Office de tourisme… La Turquie se bat sur tous les fronts pour sauver une saison d’été mal engagée.

La Turquie a l’habitude des crises. Depuis des années, elle a appris à gérer les flux chaotiques de la clientèle, que celle-ci craigne les tremblements de terre, les menaces du PKK kurde ou les risques d’attentats terroristes. Plus généralement, le pays souffre, du moins sur le marché français, d’une somme de préjugés qui amplifie chaque problème et provoque régulièrement des baisses de fréquentation injustes.

Dernier avatar de ce traitement de défaveur, l’épidémie de grippe aviaire qui, bien que touchant d’autres pays européens, a eu pour la Turquie des retombées bien plus négatives qu’ailleurs. En janvier et février, la fréquentation globale a aussi chuté de 7,4 % par rapport à l’an dernier.

En France, les spécialistes du pays ont même enregistré des réservations reculant parfois de 70 à 80 %, et qui peinent à redémarrer. Pacha Tours est par exemple encore en retrait de 50 %, Marmara et Médiades, les deux autres opérateurs de référence sur la destination, n’étant guère mieux lotis. Le retard atteint en moyenne 40 %, alors qu’aucun nouveau cas humain de grippe aviaire (après quatre décès) n’a été détecté depuis mi-janvier. C’est d’autant plus dommage que la Turquie avait battu l’an dernier ses records de fréquentation, avec 650 144 Français (+31,2 %), après une année 2004 déjà florissante (+16,7 %).

Un travail pédagogique

Sur place, les professionnels font état d’une baisse des réservations, tous marchés confondus, de 20 à 30 %. De quoi susciter une mobilisation générale pour inverser la tendance et sauver une saison mal engagée. Le ministre du Tourisme turc s’est ainsi déplacé en personne le 16 mars pour assister au Salon mondial du tourisme, et rencontrer son homologue français Léon Bertrand.

De son côté, l’Office de tourisme qui, depuis trois ans, s’est engagé dans un travail pédagogique pour mieux faire appréhender d’autres facettes (culturelle, sportive, gastronomique, historique, économique…) de la destination, compte capitaliser sur quelques rendez-vous forts. Ainsi le Printemps français à Istanbul, qui sera, jusqu’en décembre, l’occasion de très nombreuses manifestations culturelles. Ou encore la nouvelle course au large l’Odyssée Cannes-Istanbul, du 25 juin au 8 juillet. Parallèlement, plusieurs milliers de vendeurs devraient être invités en éductour dans les tout prochains mois.

Des arguments pour les clients frileux

S’ils soutiennent ces actions, les voyagistes (surtout les plus engagés comme Marmara et Médiades) ont toutefois besoin de remplir au plus vite leurs avions. Avec 14 villes de départ pour le premier, et de nouveaux vols depuis Nantes, Lyon, Marseille et Strasbourg vers Antalya et Bodrum (soit au total 50 000 sièges affrétés) pour Médiades dès le 17 avril, l’enjeu est énorme. D’où ces opérations promotionnelles chez les deux TO, qui proposent des séjours à deux pour le prix d’un.

L’offre de Médiades (qui a lancé l’offensive) est valable pour toute réservation jusqu’au 8 avril et concerne la totalité des produits, la deuxième personne ne payant que les taxes (112 E). Celle de Marmara s’inscrit dans les nouveaux Rendez-vous du TO. Il propose la gratuité totale (y compris taxes et frais de dossier) pour la deuxième personne du 1er avril au 31 octobre (hors vacances scolaires) dans sept clubs et hôtels Marmara.

De quoi trouver des arguments pour séduire les clients frileux. Sachant que la Turquie sera malgré tout une alternative de l’été en dernière minute, lorsque les stocks vers la Tunisie, le Maroc, la Grèce ou la Croatie seront épuisés…

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