Le rapprochement est acté. Réunie le 23 octobre dernier, l’Assemblée générale extraordinaire du GHR Paris Île-de-France a approuvé à 87,5% les modifications statutaires nécessaires à son changement de nom et à son affiliation à l’Umih.
Tout en conservant son équipe dirigeante et sa gouvernance, elle continuera de représenter les professionnels des cafés, hôtels, restaurants, traiteurs et établissements de nuit à Paris et en Île-de-France.
Cette décision fait suite à plusieurs mois de réflexion et à des désaccords sur l’évolution du GHR. « Nous ne pouvions plus rester dans une organisation qui ne nous correspond plus », expliquait Pascal Mousset, président de l’Union CHR Paris Île-de-France, lors d’un point presse organisé avant le vote la semaine dernière.
Une réforme des statuts contestée
Au cœur du différend figure la réforme des statuts du GHR, adoptée l’été dernier. Celle-ci prévoit que les chaînes de restauration et de cafétérias disposent de 50% des droits de vote de l’organisation, indépendamment du nombre de leurs adhérents. Pascal Mousset estime que cette évolution risque de peser sur les orientations syndicales, au détriment des hôteliers indépendants et, plus largement, des petites entreprises du secteur. « Une action syndicale qui ne peut plus défendre les indépendants et les petites entreprises n’a plus de sens », a-t-il ajouté.
Le président insiste sur le poids des entreprises de moins de dix salariés dans le secteur et sur les spécificités des structures patrimoniales. « Dans notre secteur, beaucoup d’entrepreneurs consacrent toute leur vie à leur entreprise. Ils y investissent leur patrimoine, parfois constitué sur plusieurs générations, et se portent parfois caution sur leurs biens personnels », rappelle-t-il. Il plaide ainsi pour une représentation syndicale assurée par des élus proches du terrain, capables de défendre les réalités économiques et les difficultés quotidiennes des professionnels.
Un rapprochement préparé
Du côté de l’Umih, le nouveau président Franck Chaumès présente également cette décision comme l’aboutissement d’une réflexion de plusieurs mois. Les divergences apparues au fil des négociations et sur certains dossiers professionnels ont contribué à rendre ce rapprochement nécessaire. « Nous voulons continuer à défendre les professionnels indépendants, la transparence et le droit des clients à être correctement informés », explique-t-il.
Engagé durant l’été, le rapprochement doit permettre à l’organisation francilienne de préserver son identité et son ancrage territorial tout en renforçant le poids de l’Umih, qui compte quelque 35 000 entreprises adhérentes. L’affiliation devrait lui apporter environ 2 000 adhérents supplémentaires.
Possibilité d’adhérer à plusieurs organisations syndicales
Le changement de nom et l’affiliation au syndicat majoritaire de l’hôtellerie-restauration prendront effet le 1er janvier 2027. Pour Pascal Mousset, l’enjeu dépasse la seule organisation syndicale. Il s’agit aussi de faire reconnaître les métiers de l’hospitalité et leurs spécificités. « Que l’on soit hôtelier, restaurateur ou traiteur, nous exerçons des métiers de passion, profondément humains », souligne-t-il.
Le rapprochement ne remettra pas en cause la liberté d’affiliation des professionnels. Chaque adhérent restera libre de choisir son organisation syndicale, certains établissements adhérant déjà à plusieurs structures pour bénéficier de leurs informations et de leurs services.