Comme l’ensemble des voyagistes, Beachcomber Tours voit son activité ralentir en raison du conflit au Moyen-Orient et de ses impacts sur l’ensemble de l’industrie du voyage. « À date, le chiffre d’affaires recule d’environ 5% », indique Guy Zekri, le directeur général de Beachcomber Tours. À l’issue de l’exercice 2025/2026, bouclé le 30 juin dernier, le voyagiste a réalisé 60,8 millions d’euros de chiffre d’affaires (-4,5%).
Mais, avec 600 000 euros de résultat net, il a préservé sa rentabilité. « Nous tablions plutôt sur un million d’euros », concède Guy Zekri. La différence entre les prévisions et l’atterrissage final s’est bien sûr creusée pendant le dernier trimestre de l’exercice, marqué par des semaines compliquées après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, fin février. Et avec ce contexte toujours incertain, Beachcomber Tours entend se concentrer sur le socle de son modèle économique : l’Île Maurice.
50% du chiffre d'affaires de Beachcomber Tours
Devenue la destination long-courrier la plus vendue par les membres du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto), l’Île Maurice « coche toutes les cases », selon Guy Zekri. « Vols directs, francophonie, pas de décalage horaire… il n’y a pas de mauvaise surprise avec l’Île Maurice », estime Guy Zekri. La destination se désaisonnalise même, avec de plus en plus de ventes observées pendant l’hiver austral (mai à octobre). « En août, le taux d’occupation de nos hôtels atteint 87% : c’est un record », sourit Guy Zekri.
Et ça tombe bien, puisqu’envoyer des clients dans les hôtels du groupe, c’est l’objectif principal du voyagiste. « Tant qu’on est bons sur l’Île Maurice, notre mission est accomplie », souligne le dirigeant. Et la destination le rend bien, puisqu’elle génère 50% du chiffre d’affaires de Beachcomber Tours. Et face à la persistance des incertitudes géopolitiques, la dynamique hivernale devrait sourire au voyagiste.
D’autant plus que l’actualité du groupe sera marquée par la réouverture du Trou aux Biches (15 octobre), « l’un de nos best sellers », indique David Simon, le directeur commercial du TO. En plus des rénovations habituelles (chambres, restaurants…), d’importants travaux ont été menés sur la plage de l’hôtel, peu à peu réduite par la progression de la mer. « À certains endroits, nous passons d’un à vingt mètres de sable. C’est comme revenir 20 ans en arrière », se réjouit David Simon.
2 000 clients par an en Polynésie
Rendus possibles grâce à une technologie bretonne baptisée Stabiplage, ces travaux constitueront l’un des marqueurs forts de la réouverture du Trou aux Biches. « C’est un événement très attendu. D’ailleurs, il est déjà bien vendu pour toute la saison hivernale », assure David Simon. Nombreux sont des clients fidèles, puisque 30% des clients de l’hôtel « reviennent dans les 24 mois suivants leur séjour », chiffre Guy Zekri.
Mais Beachcomber Tours ne met pas tous ses œufs dans le même panier. Sorti de l’Île Maurice, le voyagiste va travailler deux axes prioritaires. Beachcomber Tours enrichit ainsi son offre en Polynésie, où il envoie 2 000 clients par an. Le TO référence, en co-exclusivité avec Voyages d’Exception, les deux bateaux de la compagnie américaine Windstar Cruises. « La compagnie est anglophone et offre un rapport qualité/prix imbattable. C’est une alternative à Paul Gauguin ou à Aranui Cruises », également revendues, explique Bruce McNamara, le directeur de production de Beachcomber Tours.
Dans l’archipel paradisiaque, dont le succès touristique ne se dément pas depuis la fin de la crise sanitaire, Beachcomber Tours commercialise aussi une quarantaine de villas avec services issues du catalogue de Tahiti Homes. « Cela nous permet d’adresser d’autres clientèles comme les tribus ou les longs séjours. Ou d’avoir d’autres solutions à proposer, en haute saison, que les 5* de plus en plus chers, et qui ne correspondent pas forcément à ce qu’attend la clientèle française », poursuit Bruce McNamara.
Trois nouveaux safaris en Tanzanie
Beachcomber Tours a aussi pour ambition de relancer la Tanzanie continentale, délaissée depuis plus d’un an en raison de l’inscription de compagnies aériennes locales sur la liste noire de l’Union européenne. Une radiation « plutôt administrative » assure Guy Zekri, et qui empêche ces compagnies de survoler l’espace européen, mais pas tanzanien. Ils font donc leur retour en brochure, « avec une mention explicite pour nos clients », comme l’oblige par ailleurs la réglementation.
À destination, Beachcomber Tours lance trois nouveaux safaris, dont deux rares sur le marché, à la rencontre des chimpanzés (en version courte (7N) à Gombe et en version longue (10N) à Mahale, au bord du lac Tanganyika). De nouvelles adresses, dont deux lodges, viennent par ailleurs garnir le portefeuille du voyagiste.
La Tanzanie, c’est aussi Zanzibar, une île sur laquelle le groupe Beachcomber pourrait bien investir dans l’hôtellerie prochainement. Le voyagiste ajoute notamment un circuit « Zanzibar Tranquille » haut de gamme avec 3 nuits au Saadani Kasa Bay 4*, en face de Zanzibar, pour une expérience entre safari et océan Indien. 4 autres adresses balnéaires rejoignent le portefeuille de Beachcomber Tours à Zanzibar, « une destination en pleine transformation avec une quinzaine d’ouvertures d’hôtels chaque année », analyse Bruce McNamara.
Beachcomber Tours relance son dispositif de réassurance de sortie de Covid
D’autres nouveautés élargissent l’offre aux Seychelles, aux Maldives, au Sri Lanka, à La Réunion. Mais, contrairement à de nombreux voyagistes initialement spécialistes, Beachcomber n’ambitionne pas de s’éloigner de l’océan Indien et de la Polynésie. « Il faut une légitimité pour investir une destination. Et, dans tous ces pays-là, nous l’avons », assure Guy Zekri.
Pour promouvoir cette production, le voyagiste organise, en partenariat avec Ponant, un roadshow dans 54 villes pour toucher 1 500 agents de voyages. Pour rassurer le marché, il relance également « Esprit Tranquille », un dispositif lancé au sortir de la crise sanitaire permettant, sur près de 90 produits, de bénéficier de conditions d’annulation assouplies jusqu’à dix jours avant le départ.
Dans un marché où les crises réduisent la visibilité, le voyagiste entend donc renforcer ses positions là où il dispose déjà d’un avantage concurrentiel. Une stratégie prudente, qui privilégie la consolidation à la conquête.