Destinations : les tops et les flops des voyagistes en 2026
Après un départ canon, l’activité des voyagistes français s’est heurtée au conflit au Moyen-Orient à partir du printemps. Le Seto dresse un premier bilan de l'exercice quasiment terminé.
À quelques semaines de la fin de l’exercice, "92% de l’année" est faite, estime Patrice Caradec, le président du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto). Et l’ancien patron de Transat France "aurait signé pour ces résultats", pourtant en baisse en nombre de clients (-2,6%). Le volume d’affaires, qui dépasse les 4,2 milliards d’euros (-1,4%), ne s’effondre pas en raison de la hausse de la recette unitaire (+1,2%).
Ces chiffres traduisent "les arbitrages des Français", selon Patrice Caradec. Les voyageurs hexagonaux sont partis "moins loin et moins longtemps", et ont privilégié les destinations de proximité. L’exercice avait pourtant bien commencé avec des progressions marquées du nombre de clients en novembre (+10,1%), en décembre (+7,3%) et en janvier (+13,3%). Mais la dynamique s’est enrayée en février (-3,9%) et n’est, depuis, jamais repartie à la hausse. "Octobre sera sans doute le seul mois à l’égal par rapport à l’année dernière", commente Patrice Caradec.
Le carton de l'Égypte
Côté destinations, l’Espagne demeure la plus vendue, malgré un léger recul (-1,7%). Fait intéressant : le nombre de clients baisse vers les Baléares (-6,3%) et les Canaries (-6,8%), mais progresse nettement concernant l’Espagne continentale (+10,9%). Encore un stigmate bien concret des budgets contraints des Français, qui ont privilégié les destinations espagnoles accessibles en voiture ou en train.
La Grèce recule aussi (-7,3%) mais figure en deuxième place du classement des destinations les plus vendues sur l’année. La Tunisie (-5,7%) "n’a pas profité du contexte" selon Patrice Caradec, comprendre la recherche, par les Français, de voyages à prix accessibles. En quatrième position, le Maroc est l’une des rares destinations en croissance (+1,6%). Et l’Italie conclut la première partie du classement (-0,4%).
Malgré les élément défavorables, l’Égypte cartonne (+18,7% à la sixième place), sans doute portée par l’effet "Grand Musée". "Culture, séjours, resorts all inclusive, plongée sous-marine, croisières, le tout à prix intéressant… l’Égypte est une destination complète qui a la particularité d’être opérationnelle toute l’année", justifie Patrice Caradec.
Les États-Unis perdent la première place en long-courrier
Autre carton, encore inexpliqué : le Royaume-Uni, plus tendance que jamais sur le marché français (+18,1%), malgré des prix élevés. En long-courrier, l’Île Maurice (-1,2%) devient la destination la plus vendue, et prend ainsi la place des États-Unis (lire plus loin). La République dominicaine ferme le classement (+7%) et confirme son retour sur la scène touristique française.
Côté flops, c’est donc les États-Unis qui paient le prix cher. La destination, emblématique du segment des GIR, s’effondre (-25,5%). "Et ce, après une baisse déjà comprise entre 20 et 25% l’année dernière", regrette Patrice Caradec. L’Indonésie (-23,4%), pénalisée, comme toute l’Asie par le ralentissement des hubs aériens du Moyen-Orient, est l’autre déception de l’exercice. La Croatie (-15,1%) ne s’est toujours pas remise de la chute de Travel/Visit Europe et fait face à la concurrence de l’Albanie ou du Monténégro. La Turquie (-12,9%) et le Mexique (-10,9%) bouclent le classement des destinations aux performances les plus décevantes.
Avec des volumes moindres, quelques destinations se démarquent : la Bulgarie (+56,8%) grâce à ses petits prix ; la Chine (+34,6%), qui fait son retour sur le marché ; l’Afrique du Sud (+30,4%), portée par l’ouverture d’un nouveau Club Med et le Sénégal (+18,4%), revenu dans les brochures des voyagistes.