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En Nouvelle-Calédonie, le tourisme comme outil de reconstruction économique

Deux ans après les violences, la Nouvelle-Calédonie travaille à la reconstruction de son offre touristique – et de son économie – en se concentrant sur ses marchés historiques.

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Florian De Paola

Florian De Paola

22 septembre 20263 min de lecture

Nouvelle Calédonie
Malgré des signes positifs en 2026, la Nouvelle-Calédonie peine à relancer son industrie touristique (photo d'illustration).© Nathan Feyssat/Unsplash

Au printemps 2024, les images des émeutes ayant secoué la Nouvelle-Calédonie avaient largement abîmé l’image de la destination. Avec des conséquences chiffrées et significatives sur la fréquentation touristique du Caillou. En 2024, la Nouvelle-Calédonie a ainsi accueilli 59 400 touristes (-53%). Et la tendance ne s’est pas inversée en 2025, avec un peu plus de 58 000 visiteurs comptabilisés.

Les premiers chiffres de 2026 montrent toutefois une amélioration. Au premier semestre, 31 105 touristes ont été enregistrés, soit 41% de plus qu’à la même période en 2025, mais encore 42% de moins qu’en 2023. À fin juillet, « nous avons retrouvé environ 60% des flux de 2023 », avance Julie Laronde, la directrice de Nouvelle-Calédonie Tourisme. Le taux atteint même 70% pour la clientèle métropolitaine. « On est clairement sur la bonne voie, même s’il reste encore du travail », concède toutefois Julie Laronde.

« Il est temps de recréer de la désirabilité »

Un travail de « reconquête », après avoir passé deux ans à diffuser des messages de réassurance. « Il est temps de récréer de la désirabilité, de véhiculer des messages positifs et d’inspirer autour de la destination », explique Julie Laronde. Campagne de communication, opérations avec les voyagistes et les compagnies aériennes, voyage d’influenceurs et prix attractifs : « nos opérations doivent créer de la demande ».

Nouvelle-Calédonie Tourisme va d’abord concentrer ses efforts sur ses marchés historiques : l’Hexagone, qui pèse pour 30 à 35% des flux touristiques totaux, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. L’offre aérienne se remet progressivement en place (Air New Zealand depuis novembre 2025, Fiji Airways depuis ce 22 septembre…), et de nouvelles routes ont même été lancées par Aircalin (Nouméa/Bangkok/Paris trois fois par semaine).

Le tourisme, une industrie prête à repartir

« Dès 2028, nous irons à la conquête de nouveaux marchés en Europe ou en Asie », assure par ailleurs Julie Laronde. Avec, en ligne de mire, l’espoir de pouvoir rouvrir le marché japonais, longtemps structurant, mais totalement inactif depuis la suspension du vol opéré par Aircalin entre Tokyo et Nouméa, en juillet 2024.

Sur le Caillou, le tourisme doit aussi servir de levier de transformation économique. « Depuis les événements de 2024, nous observons une reconstruction de l’économie calédonienne. Le tourisme doit en devenir l’un des piliers », estime Julie Laronde. « C’est une activité déjà opérationnelle, qui peut et doit repartir très rapidement, et profiter directement à la population de Nouvelle-Calédonie ».

D’autant plus que la destination nourrit toujours l’objectif d’attirer 250 000 visiteurs internationaux en 2032. « C’est plus un cap touristique dont on avait besoin, après la crise, qu’un objectif en tant que tel », estime Julie Laronde. Un cap qui est celui d'une reconstruction qui n'en est qu'à ses débuts.

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