Turkish Airlines vient de passer la plus grande commande d’appareils monocouloirs de son histoire auprès de Boeing. La compagnie aérienne nationale turque a en effet officialisé l’achat ferme de 100 Boeing 737 MAX 8, et posé une option sur 50 appareils supplémentaires de la famille des 737 MAX. L'annonce est intervenue alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan se trouvait à New York, au lendemain de sa rencontre avec Donald Trump, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.
« Cet accord marque une nouvelle étape importante dans l’expansion continue de notre flotte. Les nouveaux Boeing 737 MAX apporteront davantage d’efficacité et de flexibilité à nos opérations, en soutenant le vaste réseau que nous desservons depuis notre hub d’Istanbul », explique Murat Şeker, président du comité exécutif de Turkish Airlines. La compagnie aérienne turque semble en effet loin d’avoir atteint son plein potentiel opérationnel.
Un chiffre d'affaires qui a plus que doublé en dix ans
En dix ans, Turkish Airlines est passée de 61,2 millions de passagers (2015) à 92,6 millions en 2025 (+51,4%). Sa flotte s'est élargie d’environ 300 à plus de 560 appareils (fret compris), et son réseau de 284 à plus de 350 destinations, réparties dans 131 pays — un record mondial pour une compagnie opérant depuis un hub unique. La croissance se retrouve aussi dans l’envergure financière de la compagnie : son chiffre d'affaires a plus que doublé, passant de 10,5 à 24 milliards de dollars entre 2015 et 2025.
Par ailleurs, les conséquences dans le ciel des conflits au Moyen-Orient et en Russie accélèrent davantage le développement de Turkish Airlines. Les compagnies reliant l’Europe à l’Asie se scindent désormais en deux groupes : celles qui suivent le tracé méridional passant par l’Égypte et l’Arabie saoudite, et celles qui empruntent le couloir septentrional, traversant la Turquie, le Caucase et l’Asie centrale.
Istanbul, nouveau « centre de gravité mondial » du transport aérien
Ce second tracé profite directement aux aéroports d’Istanbul. Selon Paul Chiambaretto, le directeur de la Chaire Pégase, Turkish Airlines s’affiche comme « la grande gagnante de la situation ». L’expert estime que la capitale turque se trouve « au niveau du centre de gravité mondial du transport aérien », et peut s’appuyer sur un « aéroport moderne » et une compagnie en fort développement.
Avec cette nouvelle commande, qui suit celle passée en 2023 auprès d’Airbus (355 avions) et celle passée auprès de Boeing l’an dernier (75 787 Dreamliner), Turkish Airlines entend disposer d’une flotte nouvelle génération d’ici à 2035. Boeing, de son côté, vient de vendre 250 avions en l'espace de quelques jours. Le constructeur a en effet enregistré la commande d'une centaine d'avions de la part de Korean Air à la mi-septembre.