TGV M : premier voyage vers Marseille, Nice dès la fin novembre

C’est le D-Day pour le TVG M. Jean Castex, PDG du groupe SNCF, a levé le voile sur les futures destinations de ce train à grande vitesse de nouvelle génération.

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Linda Lainé

Linda Lainé

6 novembre 2026Mis à jour le 06/11/20264 min de lecture

Jean Castex, à l'occasion du voyage inaugural du TGV M, à la gare de Lyon (Paris).
Jean Castex, à l'occasion du voyage inaugural du TGV M en configuration InOui (573 sièges), à la gare de Lyon (Paris). Six rames circulent actuellement.© Linda Lainé

C’est depuis la gare Lyon à Paris que le TGV M a démarré, vendredi 6 novembre, son voyage inaugural à destination de Marseille. Quarante-cinq ans après la mise en service du premier TGV en France, le TGV M s’est élancé vers la cité phocéenne.

Les 100 rames déjà commandées de ce train nouvelle génération à Alstom seront positionnées sur des lignes intérieures, pour répondre à la « soif de train », a expliqué Jean Castex avant le départ. « On les attendait avec impatience et on est heureux qu'elles arrivent. »

Cap sur le sud-est

Après Marseille, la SNCF desservira la Côte d’Azur et, en 2027, les Alpes (Bourg-Saint-Maurice). Dès la fin du mois, le TGV M reliera Nice et d'autres gares au rythme d’un aller-retour par jour, selon nos informations. Il s’agira d’un Paris-Marseille-Côte d’Azur.

Jean Castex, la célèbre Simone (voix de la SNCF), et Martin Sion, directeur général d’Alstom
Jean Castex, la célèbre Simone (voix de la SNCF), et Martin Sion, directeur général d’Alstom© Linda Lainé

« À court terme, notre objectif est de desservir tout le réseau sud-est, a ajouté le PDG du groupe ferroviaire. Sur les 100 rames des TGV nouvelle génération, une forte majorité iront sur cet axe sud-est. On commence par un aller-retour sur Marseille, on ira ensuite vers la Côte d'Azur, puis vers les Alpes. On devrait être autour de 12 à 13 allers-retours par jour au début de l'année 2027, en janvier. »

À plus long terme, tout le réseau français sera desservi, des trajets OuiGo également. Le train a aussi la capacité technique de traverser les frontières pour circuler sur les rails de pays voisins.

Un train plus capacitaire et résilient au changement climatique

Présentées comme des bijoux technologiques, ces nouvelles rames offrent notamment l’avantage de pouvoir embarquer jusqu’à 740 places (en configuration OuiGo), contre 634 maximum jusqu’à aujourd’hui, rappelle Alstom. Cette augmentation de capacités permettra de répondre à une demande soutenue. « L’été dernier, malgré les canicules, nous avons transporté plus de voyageurs en TGV que pendant l’été 2025 », précise le PDG de la SNCF. Environ 3 milliards de passagers ont emprunté des TGV au cours des 45 dernières années.

« Ce TGV sera beaucoup plus résilient au changement climatique », a-t-il assuré. Sa consommation énergétique est 20% inférieure à celle des générations précédentes. Sa fabrication s’appuie sur 25% de matériaux recyclés. Surtout, en cas de coupure d’électricité à la suite par exemple d’une rupture de catenaire, il pourra grâce à une batterie rejoindre de manière autonome la prochaine gare et maintenir la climatisation ou le chauffage.

Pour le ministre chargé des Transports Philippe Tabarot, il s’agit là d’une « vraie réussite française », grâce à Alstom et à la SNCF. Le ministre a dû rapidement quitter la cérémonie en raison d’un accident de bus scolaire dans l’Ain.

Pas d’incidence sur le prix, assure la SNCF

« Le TGV nouvelle génération n’aura aucun effet sur les prix, ni à la hausse ni à la baisse », a aussi précisé Jean Castex. Et ce, malgré l’investissement : 35 millions d'euros par rame, payé intégralement par la SNCF « sans subvention ».

Jean Castex entouré d'une noria de journalistes.
Jean Castex entouré d'une noria de journalistes.© Linda Lainé

Le patron de la compagnie ferroviaire a également insisté sur la qualité de l’écosystème ferroviaire dans son ensemble et son coût. « Dans le prix des billets TGV, près de la moitié (du montant, NDLR) va à la rénovation du réseau. C'est indispensable d'avoir un réseau fiable, sécurisé et robuste. »

Le groupe ferroviaire défend cet argument face aux nombreuses critiques des passagers à l’égard des prix élevés des billets de train. Interrogé par ailleurs sur le tragique accident en Espagne, Jean Castex a indiqué qu’il était « hors de question de tirer des enseignements systémiques à partir d'informations parcellaires ».          

Du TGV 2020 au TGV M, un long parcours jusqu’au voyage inaugural

Le TGV M devait initialement entrer en service en 2024, à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques en France. Depuis, la SNCF a reporté à plusieurs reprises son lancement, alors que la concurrence s’accélère sur différents axes.

En 2025, les TGV ont connu un record de fréquentation, avec 168 millions de clients en France et en Europe. En parallèle, SNCF Voyageurs développe le programme O2D, visant à prolonger la durée de vie de ses rames.

Les infrastructures ferroviaires s’inscrivent dans un temps long. Le TGV M en est l’illustration. « Le projet remonte en réalité à 2015 », indique à L’Écho touristique un cadre dirigeant du groupe SNCF. « Il a longtemps été question du TGV 2020, en référence à l’année de lancement initialement prévue », ajoute-t-il. De fait, des documents officiels font référence à ce TGV 2020.

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