L'embellie reste timide dans le ciel mondial. En septembre 2026, la demande globale de transport aérien de passagers, mesurée en passagers-kilomètres payants (RPK), s'est contractée de 0,5% sur un an, selon le bilan mensuel de l'Association du transport aérien international (Iata) – un repli qui s'avère toutefois moins marqué qu'en août (-0,8%). En parallèle, l'offre mondiale de sièges a diminué de 0,2%, portant le coefficient d'occupation moyen à 83,2% (-0,3 point). Hors Moyen-Orient, le trafic mondial affiche néanmoins une légère hausse de 0,3%.
Rebond de l'international
Sur le réseau international, la demande renoue avec une légère croissance de 0,4% (+1,7% hors Moyen-Orient), pour un taux de remplissage de 83,6%. Si la contraction ralentit pour les compagnies du Moyen-Orient après des chutes de 46,6% en avril et de 14,2% en août, leur trafic international recule encore de 7,5% en septembre. Le corridor reliant le Golfe à l'Asie décroche notamment de 8,8%.
À l'inverse, le contournement des hubs du Golfe continue de profiter aux liaisons directes entre l'Europe et l'Asie (+11,9% en septembre), ainsi qu'aux compagnies africaines (+8% à l’international) et latino-américaines (+8,2%). Les transporteurs européens voient quant à eux leur demande internationale progresser de 1,8%, avec un remplissage en hausse de 0,5 point (à 86,1%), malgré un léger repli persistant sur l'axe transatlantique (-0,6%, contre -2,5% en août).
Les marchés intérieurs américain et indien en repli
La tendance globale demeure également alourdie par le recul de 2,2% des vols domestiques. Si la demande intérieure progresse en Australie (+4,5%), en Chine (+3,1%) et au Brésil (+2%), elle cède 2,7% aux États-Unis et décroche de 8,3% en Inde, sa plus forte baisse de l'année.
« Ces tendances se sont plus ou moins répétées pendant une grande partie de l'année, et nous pouvons nous attendre à ce qu'elles se poursuivent dans un contexte d'incertitude géopolitique et de volatilité des prix du carburant », analyse Marie Owens Thomsen, économiste en chef de l'Iata, qui anticipe une croissance faible et très contrastée selon les régions en octobre et novembre. En juin dernier, le renchérissement du kérosène et le conflit au Moyen-Orient avaient déjà conduit l'organisation à diviser par deux sa prévision de bénéfice net mondial pour 2026, ramenée de 45 à 23 milliards de dollars.