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L’industrie hôtelière française « se maintient quoi qu’il arrive »

Dans son étude annuelle consacrée à l’industrie hôtelière française, Rydge Conseil observe une nouvelle fois la capacité du secteur à absorber les différents chocs conjoncturels.

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David Savary

David Savary

30 septembre 20264 min de lecture

Rydge @DS
Stéphane Botz, associé chez Rydge Conseil, lors de la présentation à Paris de la 49ème édition de l’Industrie hôtelière française.© David Savary

Stéphane Botz, associé chez Rydge Conseil et directeur national Hospitality & Immobilier, est revenu en premier lieu sur les performances enregistrées au cours de la saison écoulée. Si la Bretagne, la Manche et les Alpes du Nord ont affiché des performances à la hausse, la Gironde a enregistré un recul de 10 points du taux d’occupation, en raison des incendies survenus cet été. Les hôtels parisiens, quant à eux, affichent un RevPAR en hausse de 10% par rapport à la même période l’an dernier.

Taux d’occupation et RevPAR continuent de progresser

À fin juillet, la France enregistrait ainsi une hausse de 0,9 point du taux d’occupation et de 3,3% du RevPAR par rapport à 2025. « En fait, les clients ne font que se déplacer d’un lieu vers un autre », observe le spécialiste. « L’industrie hôtelière française se maintient quoi qu’il arrive », résume-t-il.

L’analyse de Rydge Conseil porte sur 3 100 hôtels, représentant 42% de l’offre française en nombre de chambres.

Cette résistance s’inscrit dans un contexte de fréquentation touristique toujours élevée. Avec 102 millions de visiteurs et 77,5 milliards d’euros de recettes touristiques en 2025, la France conserve une importante clientèle internationale. Le marché reste également soutenu par la demande domestique, notamment sur les segments économique et milieu de gamme.

Le cap des 3 milliards d’euros d’investissements franchi

Graphique Rydge
© Rydge

Cette solidité des performances contribue à maintenir l’attractivité du marché français auprès des investisseurs, assure Stéphane Botz. La France a franchi pour la première fois le seuil des 3 milliards d’euros d’investissements hôteliers en 2025, contre 2,7 milliards en 2024. Elle s’est ainsi hissée à la troisième place européenne, derrière le Royaume-Uni et l’Espagne, avec un volume supérieur en moyenne de 44% sur les dix dernières années.

À l’échelle européenne, l’investissement hôtelier a atteint 22 milliards d’euros en 2025. En France, la dynamique s’est poursuivie au premier semestre 2026, avec près de 1,3 milliard d’euros de transactions, soit une progression de 40% sur un an. Plusieurs opérations d’envergure ont notamment animé le marché, dont l’acquisition du Pullman Paris Tour Eiffel.

Au-delà des performances et des transactions, l’étude souligne aussi la montée en puissance de la marque dans la valorisation des actifs hôteliers. « Ce n’est pas nouveau, mais cela s’affirme de plus en plus », observe Stéphane Botz. Un enjeu d’autant plus important que les grands groupes hôteliers ne sont pas nécessairement propriétaires des murs.

L'intégration croissante du sport

Rydge Conseil identifie par ailleurs plusieurs dynamiques qui transforment l’offre hôtelière : le développement de l’agritourisme, la revalorisation des littoraux, l’intégration croissante du sport, et la montée de l’imaginaire et du récit de marque.

Le sport occupe notamment une place croissante dans les projets hôteliers, avec des établissements associant hébergement, restauration et activités physiques. « Le sport est devenu une réalité pour les clients qui ne viennent pas juste pour dormir dans un très bel hôtel », observe Stéphane Botz. Le bien-être et la santé participent également à cette évolution, notamment sur le segment haut de gamme. « On voit que ça transforme de plus en plus des hôtels en lieux de destination forts », résume-t-il.

Cette transformation passe également par une diversification des activités et des sources de revenus. La restauration ou F&B constitue notamment un levier important, en particulier pour les établissements qui cherchent à capter une clientèle locale. Un potentiel à nuancer toutefois au regard des contraintes qui pèsent sur le pouvoir d’achat. Les arbitrages des consommateurs, particulièrement marqués pendant les vacances, peuvent notamment se faire au détriment des dépenses de restauration.

Près de 14 500 chambres en projet d’ici 2030

Malgré les incertitudes, l’offre hôtelière française continue de se développer. Environ 14 500 chambres seraient actuellement en cours de création, dont près d’un quart à Paris et en Île-de-France. L’attractivité de Bordeaux est aussi mise en avant, avec plus de 650 chambres identifiées à l’horizon 2030.

Plus de 70% des projets ciblent une classification 4 ou 5*. Avec notamment le renforcement des enseignes internationales sur le territoire français.

Toutefois, ces chiffres portent sur les ouvertures et projets identifiés mais ils ne tiennent pas compte des fermetures d’hôtels, qui peuvent également modifier la capacité du parc. Selon les dernières données du cabinet In extenso Tourisme, près de 9 000 chambres sont retirées du marché chaque année.

Malgré ce renouvellement du parc, le marché hôtelier conserve selon Stéphane Botz une certaine dynamique, portée notamment par sa capacité à traverser les crises successives. « Il y a une forme de résilience qui fait que les investisseurs s’intéressent à cette classe d’actifs. » La dimension patrimoniale joue également, notamment dans une logique de transmission au sein des familles.

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