Plus de deux semaines après les violences du 17 octobre, leurs conséquences économiques continuent de peser sur l'hôtellerie parisienne. Au-delà des dégradations matérielles subies par certains établissements, c'est désormais l'activité commerciale de l'ensemble du secteur qui est affectée, avec une hausse des annulations et un ralentissement des réservations.
Selon les dernières données recueillies par le Groupement des hôtelleries et restaurations de France (GHR) auprès d'un panel restreint de 35 hôtels parisiens représentant 1 834 chambres, les nuitées annulées ont augmenté de 29% depuis le 17 octobre, par rapport à la même période de 2025.
Près de 13 000 nuitées en deux semaines
Au total, 12 885 nuitées ont été annulées en quinze jours. Un retournement alors que les annulations étaient restées relativement stables au cours des quatre semaines précédentes, avec un recul de 2%.
Le solde des réservations nettes, qui correspond à la différence entre les nouvelles nuitées réservées et les nuitées annulées, accuse également un recul de 27% par rapport à l'an dernier. Avant le 17 octobre, la baisse se limitait à 15%.
Autre signal préoccupant pour les hôteliers, les annulations concernent particulièrement les séjours imminents. Celles intervenant moins de quinze jours avant l'arrivée ont ainsi progressé de 62%. L'Umih, de son côté, évoquait lui aussi des annulations de séjours, en particulier pour les fêtes de fin d'année.
Réservations dégradées jusqu’en 2027
Mais les répercussions pourraient également se prolonger dans les prochains mois. Selon le GHR, les nouvelles réservations pour des séjours prévus entre décembre 2026 et avril 2027 affichent un recul de 33% par rapport à la même période de l'année précédente.
Les réservations de groupes sont encore plus affectées, avec une baisse de 43%. Une évolution d'autant plus notable qu'elles progressaient de 9% avant le 17 octobre.
Demande de mesures de soutien élargies
Face à cette dégradation des perspectives commerciales, le GHR, par la voix de sa présidente Catherine Quérard, appelle les pouvoirs publics à renforcer les dispositifs de soutien aux entreprises affectées. Une demande alors que le groupement national s’apprête à installer une nouvelle équipe à Paris et en Île-de-France.
L'organisation professionnelle insiste notamment sur la nécessité de ne pas limiter les aides aux seuls établissements ayant subi des dégradations physiques. Les hôtels qui enregistrent des annulations et une baisse de fréquentation sans avoir été directement touchés par les violences subissent eux aussi les conséquences économiques de la situation. Reste à savoir si le gouvernement répondra à ces exigences.
Jamais le GHR et son concurrent, l’Umih, n’ont autant communiqué sur la défense des intérêts des hôteliers, alors même qu’ils se livrent une véritable guerre d’influence - et donc d’adhésion -, en particulier en Île-de-France.