Convention des EDV : Valérie Boned dresse un état des lieux sous tension
En ouverture de la convention régionale des Entreprises du Voyage (EDV) Centre-Ouest et Sud-Ouest, qui se tient ce week-end à Istanbul, Valérie Boned, présidente nationale des EDV, a livré devant une centaine de participants (agences, TO, fournisseurs) un tour d'horizon sous tension : conjoncture en convalescence, fragilité de certains opérateurs, IA à encadrer.
Le printemps a été « extrêmement tendu, particulièrement pour les tour-opérateurs, qui ont connu des pertes d'activité jusqu’à 30 % » après le déclenchement du conflit en Irak ayant entraîné le blocage du détroit d’Ormuz, a rappelé Valérie Boned.
L'été aura permis de ramener la chute de l’activité à 5% par rapport à l'année dernière. « Le mois de septembre est mieux reparti en valeur et en panier moyen. Il y a moins de dossiers, mais les prestations sont plus chères», observe-t-elle. Selon le baromètre Orchestra pour L'Écho touristique, les ventes de séjours en agences de voyages en septembre restent en progression (+2,8%).
Mais la présidente des EDV alerte sur l'absence de visibilité : prix du kérosène, pouvoir d'achat et surtout la fragilisation de certains opérateurs, compagnies aériennes en tête, dont certaines montrent des signes de fragilité.
Au sujet de la compagnie low-cost espagnole Volotea, en procédure judiciaire dans son pays et qui ferme des lignes sur plusieurs bases françaises, Valérie Boned a rappelé en filigrane le devoir de conseil. « On ne peut pas dire qu’on n’est pas au courant », a-t-elle rappelé.
Maldives : une taxe jugée brutale
Sur la taxe de 17% instaurée par les Maldives sur la marge des professionnels, Valérie Boned a décrit une mobilisation forte avec le Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto). Assise sur une marge quasi impossible à identifier entre aérien et terrestre, cette mesure aurait été décidée « dans la brutalité, le manque d'anticipation et de concertation avec les professionnels ». Aucun tour-opérateur ne se serait jusqu’à présent acquitté de cette taxe, qui traduit selon Valérie Boned « une tentation fiscale croissante des États ».
Son ambition : la reconnaissance d'un secteur créateur d'emploi et de croissance. « Qu’on nous fiche la paix, ça ne serait déjà pas mal. Qu’on ne nous prenne pas pour un réservoir fiscal à chaque fois qu'il y a besoin d'argent. »